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DATE DE PUBLICATION 25/01/2022

Se prêter de l’argent entre associations, c’est possible

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La nouvelle loi de juillet 2021 visant à améliorer la trésorerie des associations encadre mieux les prêts d’argent entre associations. Si la pratique est donc autorisée, prenez quand même quelques précautions.

Alors que l’article L.511-5 du code monétaire et financier pose le principe que les opérations de crédit (opérations financières à titre onéreux) sont réservées aux établissements bancaires et aux sociétés de financement, la loi Macron de 2015 puis plus récemment la loi du 1er juillet 2021 visant à améliorer la trésorerie des associations ont posé chacune leur tour, des exceptions au monopole bancaire. Ainsi, depuis juillet 2021, une association loi 1901 est autorisée à prêter de l’argent à d’autres, membres de son réseau (1). L’entité prêteuse doit être déclarée au moins depuis trois ans et être d’intérêt général (2) ou reconnue d’utilité publique (3). Elle prête sur ses ressources propres, à taux zéro et pour moins de deux ans.

Soutien abusif
Se prêter de l’argent n’est pas anodin. Il convient d’évaluer les besoins de l’association qui souhaite emprunter. En effet, un besoin de trésorerie peut être lié à différentes causes qui comportent des risques plus ou moins grands. Faire une simple avance sur une subvention notifiée ou de paiement de clients fiables est moins risqué que de renflouer des pertes.
Il convient donc de pouvoir jeter un oeil sur la situation économique et financière de l’emprunteur et analyser sa capacité de remboursement en regardant les états financiers, les prévisionnels, les relations avec les clients, les fournisseurs, les partenaires, les adhérents, la banque, etc.
Cette évaluation est très importante autant pour des raisons évidentes de risque financier que parce qu’un prêt à une structure en difficulté peut être qualifié de « soutien abusif ». S’il est en effet avéré que la situation financière était déjà compromise au moment du déblocage des fonds, l’association prêteuse peut voir sa responsabilité engagée par les autres créanciers de l’emprunteur.

Convention de trésorerie
Il ne faut pas non plus que le prêt pénalise l’entité prêteuse qui doit évaluer la somme qu’elle peut accorder.
Connaît-elle des tensions de trésorerie elle-même ? Quels sont ses futurs projets de développement ? Sur quel montant doit-elle pouvoir compter au cas où (annulation d’événement, retards de subvention, etc.) ?
Enfin, il convient d’anticiper l’impact financier en cas de non-remboursement ou de retard et estimer sa capacité à absorber une perte sèche ou un retard de remboursement.
Une fois ce travail d’évaluation des risques fait, les parties prenantes doivent établir une « convention de trésorerie ».

Vous n’êtes pas seuls !
Même en prenant toutes les précautions, ces opérations sont risquées. Elles doivent donc, de préférence, être ponctuelles, faites sur des montants relativement faibles, avec un partage de risque entre les membres (pourquoi pas via un fonds mutualisé à l’échelle d’un réseau par exemple) et avec l’appui des acteurs rompus à ce genre d’exercice.
Une banque, les collectivités et France Active (4), pourront vous aider dans toutes les problématiques financières.

L'auteur

Axel Detammaecker

Chargé d’études, Centre de Ressources DLA Financement – France Active

L’extrait de la revue (n°235 de janvier 2022) est reproduit avec l’aimable autorisation de Territorial SAS. Pour consulter les informations relatives à la vie associative, rendez-vous sur le site www.associationmodeemploi.fr.

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