Association sous tension : comment gagner du temps pour reprendre la main ?
Le 15 octobre dernier se tenait le Forum des associations et des fondations au 104 à Paris. A cette occasion France Active organisait la conférence « Association sous tension : gagner du temps pour reprendre la main ». Une heure d’échanges pour permettre aux associations de trouver des solutions afin de mieux répondre à l’urgence et se doter de nouveaux leviers à même de pérenniser et transformer leur structure. Etaient présents autour de la table pour échanger sur ce sujet : Grégory Guerlet, dirigeant de l’association Soleil dans le Pas-de-Calais, Sophie Chabot, co-présidente de l’association La Mine en Ile-de-France, Philippe Bailly de la Confédération nationale du Crédit Mutuel, Laurent Duclot de France Active, Hugues Pollatro de l’UDES et Anne-Claire Roux de Mirova Foundation. Retour sur cette conférence.

Un constat : les difficultés croissantes des associations
A l’occasion du Forum national des associations et des fondations, cette conférence a donné la parole à deux associations. Celles-ci témoignent de leurs difficultés.
L’association Soleil, structure d’insertion par l’activité économique en territoire rural du Pas-de-Calais (blanchisserie avec un public principalement féminin), traverse une phase de fragilité économique. Premier signal d’alerte : le département opère une suppression de son soutien financier. Or, avec une subvention de 52 000 € sur un budget de 550 000 € — soit près de 10 % — et des excédents à 10 000 €, sa disparition entraine un déficit de 40 000 €. À cette fragilité financière s’ajoutent une stagnation du chiffre d’affaires, l’association ayant atteint les capacités maximales de ses locaux, et une visibilité qui se limite à son ancrage local. Face à ce constat, le conseil d’administration a alerté et sollicité France Active Pas-de-Calais qui a fait intervenir un cabinet d’audit. Celui-ci a permis d’objectiver forces (légitimité sociale, taux de sorties positives, soutien de la commune) et faiblesses de la structure et de mettre en place un plan d’actions pour lui redonner du souffle. Celui-ci comprend un prêt de la part de France Active complété par un accompagnement sur le long terme pour permettre à la structure de trouver de nouvelles ressources. Cela commence par une augmentation progressive des tarifs et une recherche de mécénat et de fondations.
Autre témoignage lors de cette conférence, celui de l’association La Mine, à la fois ressourcerie, tiers-lieu et chantier d’insertion dans le Val-de-Marne. Elle compte une dizaine d’encadrants pour 19 salariés en insertion à Arcueil et Gentilly. Son site de Cachan a dû fermer car la municipalité avait d’autres projets pour les locaux alors que, pour l’association, celui-ci fonctionnait très bien et générait des revenus. En parallèle, elle a vécu une crise de gouvernance : le dirigeant fondateur a quitté la structure et la totalité du bureau a démissionné. Il a fallu reconstruire l’équipe. Un nouveau bureau a pris le relais avec une présidence collégiale (4 co-présidentes) et de nombreux bénévoles ont pris de nouvelles responsabilités. Avec la fermeture du site, un problème de trésorerie est apparu. L’association a fait appel à France Active Métropole qui a mis en place un Dispositif local d’accompagnement pour faire un diagnostic et proposer des actions en vue de résoudre cette situation délicate. L’association a aussi bénéficié d’un prêt d’urgence de 60 K€ pour répondre au déficit de trésorerie, un prêt associé au programme Trajectoire que France Active a mis en place avec l’appui de la Banque des Territoires et de la Fondation de France.
Un secteur en profonde tension économique
L’UDES (Union des employeurs de l’Economie sociale et solidaire) est l’organisation patronale représentative des employeurs de l’ESS. Elle défend et exprime les intérêts de l’ensemble des employeurs de l’ESS. Son directeur, Hugues Pollastro, était autour de la table pour apporter son point de vue sur le sujet. Il précise que les associations du secteur de l’insertion sont particulièrement touchées depuis plusieurs années par des baisses de soutien public. Les crises économiques, politiques et les lois de finances successives ont mis en grande fragilité nombre de ces structures. Elles sont confrontées à un effet de ciseaux important : une baisse des concours publics et une augmentation des charges. Une étude menée par Hexopé et le Mouvement Associatif montre que les associations n’ont une visibilité économique que de 3 mois.
Face à ce constat et pour permettre aux dirigeants de prendre du recul et de trouver des solutions, l’UDES a mis en place : « SOS employeurs ESS ». Ce programme consiste à mettre en lien un dirigeant associatif avec deux autres, l’un sur le même secteur, l’autre non. Il s’agit d’échanges confidentiels entre pairs. Ce programme intervient en complémentarité avec ce que peuvent proposer d’autres réseaux.
Des solutions pour reprendre la main
Pour compléter les regards, Philippe Bailly, responsable des marchés professionnels et des entreprises à la Confédération Nationale du Crédit Mutuel, est intervenu pour rappeler toute la nécessité d’engager un dialogue récurent avec son banquier, avant même que les difficultés n’apparaissent. Quand celles-ci surgissent, il indique que pour faire face à ces crises, il est indispensable d’associer la gouvernance au constat et aux solutions. Reprendre la main signifie mettre en place des outils de suivi de trésorerie mensuels voire hebdomadaires pour identifier les flux qui entrent et sortent de l’association. Et surtout, aller voir son banquier le plus tôt possible, car plus la situation est prise tôt, plus il sera facile d’identifier des solutions.
Le banquier peut mettre en place, en fonction de la situation dans laquelle se trouve la structure, une avance de subvention si celle-ci a déjà été votée.
Le levier de la philantropie et du mécénat
Mirova Foundation est le fonds de dotation de Mirova. Cette société de gestion du groupe BPCE est actionnaire de la société d’investissement de France Active depuis près de 30 ans et renforce depuis quelques années maintenant son soutien à travers l’appui du fonds de dotation.
Anne-Claire Roux, directrice générale de Mirova Foundation, était, elle aussi, parmi les intervenants. Elle explique la philosophie du fonds : soutenir peu d’associations mais avec des financements pluriannuels et non fléchés car le fonds de dotation considère que, s’il faut financer les projets des associations, il faut également financer les salariés qui les font vivre.
Pour compléter leur accompagnement Mirova Foundation a mis en œuvre des partenariats avec Accenture autour des outils digitaux et avec Ticket for change sur le sujet de la santé mentale des équipes dirigeantes associatives.
France Active : des experts pour vous permettre de rebondir
France Active intervient chaque jour aux côtés des associations pour les guider en période de doute comme en phase de développement.
Laurent Ducot, responsable offre et stratégie de filière chez France Active présent lui aussi autour de la table, rejoint Philippe Bailly : le suivi de la trésorerie est vital pour la bonne santé de l’association. Il précise qu’il ne faut pas hésiter à s’appuyer sur le conseil d’administration de sa structure, un trésorier ou un bénévole pour assurer un suivi au plus près des entrées/sorties. Et bien entendu se rapprocher de l’association France Active la plus proche de sa structure pour solliciter conseils et accompagnement.
Courant 2026, France Active, la Fondation de France et la Banque des territoires ont développé Trajectoire : un programme d’accompagnement à destination des entrepreneurs de l’ESS pour faire face à la crise. Il s’agit d’un diagnostic associé à un prêt de trésorerie à 0% qui permet de redonner du souffle à une structure en difficulté le temps de construire un plan d’actions pour relancer l’activité. La structure est accompagnée par un.e conseiller.e France Active à travers des rendez-vous réguliers, des ateliers et des formations dédiés.
Votre association rencontre des difficultés ? N’hésitez pas à contacter France Active que ce soit pour un conseil ponctuel ou un accompagnement dans la durée.
Plus d'actualités
Explorez d’autres actualités pour suivre les temps forts de France Active.