À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, France Active et la Fédération bancaire française publient les résultats de la 4ᵉ vague du baromètre « Les femmes et la création d’entreprise » réalisé par OpinionWay. Le constat est clair : l’envie d’entreprendre progresse mais la perception d’obstacles reste forte. Quels leviers activer pour transformer cette ambition en réussite durable ?
L’envie d’entreprendre progresse chez les femmes : 24% envisagent de créer leur entreprise (+3 pts), une proportion qui atteint 32 % chez les moins de 60 ans. Cette dynamique est avant tout portée par la quête d’épanouissement professionnel :
56% veulent donner du sens à leur vie professionnelle et 52% concrétiser une idée personnelle.
Chez les moins de 35 ans, l’entrepreneuriat répond également à une nécessité économique : 34 % d’entre elles y voient un moyen de sortir d’une situation professionnelle précaire.
Si l’envie est donc bien là, la confiance vacille : en effet, dans un contexte économique incertain, la motivation en faveur du salariat regagne du terrain (49% des femmes soit + 8 pts par rapport à 2025) au dépend de la création d’entreprise (50% des femmes soit – 9 pts par rapport à 2025).
Si l’envie d’entreprendre progresse, elle se heurte à une perception de craintes largement partagées. 84% des femmes anticipent un ou plusieurs freins à la création d’entreprise :
L’accès au financement reste perçu comme possiblement plus difficile : 1/3 des Françaises ont peur de ne pas avoir le capital de départ ou d’avoir des difficultés pour l’accès au financement (27%). À ces craintes financières s’ajoute une dimension plus intime : près d’1 femme sur 3 évoque la peur d’échouer. La complexité administrative demeure également une appréhension créant un point de blocage majeur (29 %).
1 femme sur 3 anticipe des difficultés à concilier création d’entreprise et responsabilités familiales (gestion du foyer, temps consacré à la vie de famille, rôle d’aidante). L’entrepreneuriat féminin reste ainsi étroitement dépendant des équilibres dans la sphère privée.
Face à ces perceptions, un consensus se dégage autour de 3 axes majeurs pour favoriser l’entrepreneuriat féminin.
L’égalité entrepreneuriale commence à la maison : 49 % des femmes estiment qu’une meilleure répartition des tâches domestiques et familiales est une condition essentielle pour favoriser l’entrepreneuriat (contre 39 % des hommes !)
Cette attente s’accompagne d’une demande forte de dispositifs facilitant l’articulation entre vie professionnelle et vie personnelle (49 %, soit +4 points).
1 entrepreneur sur 2 soutenu par France Active est une femme. À travers des dispositifs dédiés comme la Garantie Égalité Femmes, l’association facilite l’accès au financement en sécurisant jusqu’à 80 % d’un prêt bancaire, dans la limite de 50 000 €, pour accompagner des projets de création, de reprise ou de développement d’entreprise.
Pour accompagner les femmes, la Fédération bancaire française et France Active publient le guide « Entreprendre au féminin », conçu pour aider les femmes à se projeter concrètement dans la création d’entreprise et à mieux appréhender les étapes du parcours entrepreneurial.

La crise que nous traversons renforce et accélère notre certitude que toute entreprise doit être ancrée dans son territoire, en lien avec son écosystème, et être en capacité de définir et de démontrer son utilité sociétale. Dans ce contexte, le modèle de l’entreprenariat solidaire démontre toute sa pertinence, et nous sommes mobilisés pour accompagner la relance et la croissance de ce secteur.
Ne pas rester seule dès les premières étapes
S’entourer tôt fait toute la différence. Échanger avec des réseaux d’accompagnement, des pairs ou des conseillers permet de confronter son idée, de la clarifier et de gagner en confiance. Un projet partagé est un projet qui se structure plus vite — et qui résiste mieux aux doutes.
Sécuriser son financement dès le départ
Identifier les dispositifs existants, se renseigner sur les aides et les garanties disponibles, et oser solliciter des interlocuteurs financiers sont des étapes clés. Lever les idées reçues sur l’accès au financement permet d’aborder plus sereinement les démarches et de construire un plan solide dès l’amont.
Assumer son projet sans s’auto-censurer
Attendre de « se sentir prête » peut devenir un frein. La légitimité ne précède pas l’action : elle se construit en avançant, en testant et en apprenant. Oser se lancer, même avec des doutes, est souvent la première étape vers la réussite.



