

Sauver de la benne des matériaux de construction en les collectant et en les redistribuant, afin de leur donner une seconde vie, telle est la mission de Minéka. Un projet totalement novateur lorsque l’association a été co-créée en 2016 par Joanne Boachon, diplômée de l’École nationale supérieure d’architecture. « Spécialisée en architecture environnementale, j’avais la volonté de construire des bâtiments qui respectent l’environnement. Et quand j’ai vu une exposition consacrée à la pratique du réemploi, ça a été un déclic. J’ai décidé d’explorer cette voie. Très vite, je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas de lieu pour trouver des matériaux de seconde main pour le BTP. Cette offre était donc à inventer. »
Ouvrir la voie à tout un écosystème de réemploi
Après avoir passé son habilitation à la maîtrise d’ouvrage en son nom propre (HMONP), la jeune femme fonde donc Minéka, pour lier architecture et économie circulaire. Une ambition portée par le nom même de la structure :« Minkéka vient de “Minka”, équivalent aborigène du phénix qui renaît de ses cendres… »
Première étape : créer un réseau. « Pour commencer, j’ai rencontré la pépinière d’initiatives Anciela qui accompagne les projets de transition, ainsi qu’un collectif d’architectes qui faisaient du réemploi à petite échelle. Cela m’a permis de monter en compétences entrepreneuriales, faire une preuve de concept, écrire un business plan, taper aux portes des premiers financeurs et accompagnateurs… jusqu’à être incubée par Alter’Incub. » C’est ici que le projet se finalise et que Joanne Boachon fait la connaissance de l’équipe de France Active Rhône qui la soutient financièrement et lui propose d’intégrer un DLA (dispositif local d’accompagnement de l’ESS) pour se former à la gestion associative. « Cet accompagnement a été la clé, car nous avons pu nous structurer et payer nos premiers salaires. »
Un changement d’échelle comme horizon
Aujourd’hui, Minéka s’est bien implanté sur son territoire, en Auvergne-Rhône Alpes et en lien avec d’autres acteurs de l’ESS ainsi que les collectivités locales. L’association compte 7 salariés et trois pôles : collecte-redistribution, bureau d’études (à destination des architectes et maîtres d’ouvrage) et sensibilisation-formation (pour essaimer la pratique). « Nous avons donc réussi à faire la preuve de l’intérêt du réemploi dans la construction. Désormais, nous devons démontrer qu’il s’agit d’un modèle économique solide. C’est pourquoi nous nous tournons vers une autre étape de notre développement avec l’objectif de changer d’échelle. » Ce qui passera notamment par un nouveau statut. « Nous prévoyons donc de devenir une Scic (Société coopérative d’intérêt collectif) qui nous permettra d’intégrer davantage nos salariés, partenaires et investisseurs dans la gouvernance. » Pour cette phase de maturité, France Active Rhône sera une nouvelle fois à ses côtés.
Regard de la conseillère France Active
Estelle Rabiller, chargée de financement et d’accompagnement des entrepreneurs engagés
« Minéka apporte une réponse innovante et structurante à une problématique environnementale de poids, tout en étant solidaire et créatrice d’emplois durables. Il était évident que France Active Rhône devait l’accompagner.
Le principal atout de Minéka ? Certainement Joanne Boachon. Son parcours et ses compétences, son écoute, sa capacité à tisser un réseau de partenaires constructifs sur le territoire et au niveau national sont le socle de la réussite de ce projet engagé. »
A bénéficié du
Avec
A été accompagné par
France Active Rhône



