Yannick VALIN

Secrétaire général de Transe Express - Codirecteur de la Gare à Coulisses

Spectacle vivant

La crise sanitaire n’a fait que renforcer nos convictions et nous a obligés à faire un choix : celui de garder notre vision et notre dynamique, plutôt que subir.

Se transformer pour regarder au-delà de la crise

26400 Eurre
Spectacle vivant

Des spectacles d’art de rue rassemblant des dizaines de musiciens et circassiens, des numéros aériens grand format pouvant être joués devant 15 000 spectateurs partout dans le monde… Tel est le projet artistique de la compagnie drômoise Transe Express depuis près de 40 ans. Sans oublier la Gare à Coulisses, qu’elle a créée en 2007 en plein cœur de la Biovallée, pour soutenir l’émergence des arts de la rue et de la piste, labellisée en 2017 « Atelier de Fabrique Artistique ». « Avec nos deux activités, notre association regroupe près de 35 métiers et jusqu’à 150 intermittents du spectacle, explique Yannick Valin. Une véritable fourmilière qui ne s’arrête jamais et qui représente toutes les étapes de la création artistique – de la conception à la rencontre des publics. »

S’ouvrir à l’avenir
Mars 2020 : cette dynamique s’arrête net du fait de la crise sanitaire. Au total, la compagnie perd 95 % de sa diffusion. « Notre première réaction a bien sûr été la sidération. » Mais c’était sans compter sur la dynamique de transformation qui était déjà à l’œuvre au sein de ce collectif depuis un an et demi. En effet, quand Yannick Valin arrive dans l’aventure en avril 2019, la compagnie est à un tournant de son histoire avec le départ quelques années plus tôt des deux fondateurs, Brigitte Burdin et Gilles Rhode. « Pour survivre, nous n’avions pas d’autre option que d’évoluer avec notre temps. » C’est à cette tâche qu’il s’attelle avec le reste de l’équipe. Ils travaillent ainsi sur les questions de transition écologique et de droits culturels. Ils projettent aussi de diversifier leurs activités (avec un restaurant notamment) et se lancent dans la refonte de l’atelier de construction de la Gare des Coulisses. Ils souhaitent ainsi en faire un véritable tiers lieux formant des demandeurs d’emploi aux pratiques d’éco-construction, à même ensuite de répondre aux besoins des entreprises locales, dans une logique de boucle territoriale vertueuse.

Des leviers d’actions pour voir plus loin

Pour les soutenir dans cette transformation, différents types d’accompagnement sont actionnés. Tout d’abord, un dispositif d’accompagnement local (DLA) avec l’antenne de France Active en Ardèche, Initiactive 26 07, pour refondre le modèle économique de la structure. « Au départ, ce n’est jamais simple de faire le choix de l’ouverture et d’accepter que quelqu’un vienne questionner ses comptes. Mais ce DLA a été très positif. Il nous a d’ailleurs permis de nous projeter en 2021 avec 4 scénarios différents de sortie de crise (du plus optimiste au plus pessimiste). Ça a été essentiel de pouvoir compter sur le soutien d’Initiactive 26 07 à ce moment-là. »
En parallèle, une réflexion sur la responsabilité sociétale et environnementale (RSE) de l’association est également mise en place pour travailler sur sa gouvernance, son ouverture sur son territoire et son impact local sur des thématiques telles que l’éducation, l’emploi, l’alimentation, l’énergie, etc. Luc Carton, philosophe belge spécialiste des droits culturels, a également été sollicité pour aider la transition entre le projet actuel et celui en ligne avec le label acquis à l’été 2020, « Scène conventionnée d’intérêt national Art en Territoire ».
« C’est donc grâce à ces trois accompagnements initiés avant la crise que nous avons dépassé très rapidement cette première phase de sidération. Il nous a fallu 15 jours pour nous reprendre et nous dire qu’au lieu de tout bloquer, il fallait faire l’inverse : continuer à investir sur notre avenir. C’est d’ailleurs pourquoi nous n’avons pas eu recours au licenciement, un peu au chômage partiel, mais surtout nous avons requalifié 4 postes en CDI. Nous avons gardé toutes les forces vives de notre collectif pour continuer à travailler sur notre projet de fond. »
L’association contracte en parallèle un Prêt garanti par l’État ainsi qu’un prêt solidaire France Active pour un montant global de 100 000 euros. Une somme que l’association décide de ne pas toucher tout de suite pour la réserver au moment de la reprise, « pour se redonner de l’élan, toujours dans cette logique d’investissement sur l’avenir ».

A bénéficié

de plusieurs garanties de

20 000€

d'un prêt Relève solidaire de

100 000€

d'un investissement de

60 000€

d'un DLA

A été accompagné par

France Active en Ardèche (Initiactive 26-07)

Et soutenu par

Fondation Daniel & Nina Carasso

En 2020

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