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Marianne <br>CHAUVET

Marianne
CHAUVET

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Imadeddine HASSANI

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Le Mouvement associatif

L’extrait de la revue (n°251 d’août-septembre 2023) est reproduit avec l’aimable autorisation de Territorial SAS. Pour consulter les informations relatives à la vie associative, rendez-vous sur le site www.associationmodeemploi.fr.

Publiée le 03/06/2026

Accompagnement et financement : réussir sa transformation numérique

La transformation numérique est devenue un enjeu majeur pour les associations. Elle permet non seulement de moderniser les modes de fonctionnement, mais aussi d’améliorer la résilience et l’efficacité des organisations. Il s’agit d’un changement profond, transversal et progressif, qui implique toutes les parties prenantes (salariés, bénévoles, bénéficiaires, etc.) de l’association, et pas seulement les outils. Cela nécessite un changement culturel (habitudes de travail, collaboration, gouvernance adaptée). Cette transformation doit être alignée avec le projet associatif.
La réussite de la transformation numérique nécessite une préparation rigoureuse, un accompagnement adapté et une sécurisation des enjeux financiers.

Préparer son projet

La première étape pour réussir sa transformation numérique est de bien préparer son projet. Cela commence par un diagnostic qui permet d’évaluer le niveau de maturité numérique de l’organisation, de faire l’état des lieux des équipements et des solutions numériques à disposition, mais aussi du niveau de maîtrise par les individus.

 

Cela permet de réfléchir aux besoins de la structure et à la manière dont certains usages pourraient permettre de répondre à des problématiques organisationnelles, de visibilité, de sécurité, etc., avant même de chercher et de nommer des solutions numériques existantes sur le marché qui pourraient être mises en place.

Par exemple, quelles nouvelles pratiques en lien avec le numérique permettraient à une association d’aide alimentaire de mieux s’organiser entre bénévoles et de suivre ses bénéficiaires de façon simple et sécurisée ?
Pour faciliter cette phase, il est utile de s’appuyer sur des outils d’autodiagnostic numérique comme celui proposé par Solidatech 1 ou Uniformation, qui permettent de dresser un état de leur situation et de commencer à construire leur propre stratégie digitale.

Une fois ce travail réalisé, vient l’étape de la priorisation des chantiers numériques à engager. L’objectif est de concentrer ses efforts et ses ressources sur deux ou trois actions clés, à fort impact ou faciles à mettre en œuvre, plutôt que de chercher à tout déployer simultanément. Les structures pourront s’appuyer sur des outils de priorisation.

Plus globalement, les structures peuvent se faire accompagner sur ces différentes étapes par un assistant à maîtrise d’ouvrage (AMO) dont le rôle est d’aider les commanditaires à définir leurs besoins, les prioriser, suivre le projet, et à valider les livrables.

Choisir le bon accompagnement

Choisir l’accompagnement adapté est crucial pour la réussite de la transformation numérique. Plusieurs types d’accompagnement peuvent être envisagés en fonction des besoins spécifiques de l’organisation (niveau de maturité, secteur d’activité, t aille de la structure, etc.) et des moyens qui peuvent y être dédiés.


Par exemple, pour les structures peu initiées, l’accompagnement peut se concentrer sur l’acculturation au numérique et l’alignement sur les outils adaptés aux besoins. Autre exemple pour les structures d’insertion par l’activité économique (SIAE), l’accompagnement peut inclure la formation des travailleurs sociaux à la médiation numérique et le développement des compétences numériques des salariés en insertion, ainsi que l’aide au choix et à la mise en place d’outils de gestion spécifiques, tels que le suivi des salariés en parcours et la gestion des stocks. Enfin, certaines structures peuvent bénéficier d’un accompagnement pour développer des solutions numériques sur mesure ou se mettre en conformité avec les réglementations (exemples : Règlement général sur la protection des données [RGPD], recours à des hébergeurs de données de santé [HDS], etc.). Le dispositif local d’accompagnement (DLA) peut jouer un rôle clé dans ce processus. Il permet d’établir un diagnostic numérique, d’identifier des chantiers prioritaires et de mobiliser des prestataires qualifiés pour la définition et la mise en place de stratégies numériques. Si l’offre d’accompagnement à la transition numérique peut sembler difficile à appréhender, elle n’en demeure pas moins complète. Les différents acteurs qui la composent (DLA, têtes de réseaux associatifs, éditeurs de logiciels spécialisés en économie sociale et solidaire [ESS], programmes d’accompagnement comme Share It, Latitudes) sont complémentaires et permettent, dans la plupart des cas, de proposer des solutions adaptées aux besoins des structures.

Définir une stratégie de moyens

Près de la moitié des associations prévoient un budget pour des dépenses numériques courantes en 2025 (maintenance, abonnements, hébergements…). En revanche, moins d’un quart prévoient dans leur budget des investissements tels que l’achat de matériel informatique, la mise en place d’un outil « tout-en-un », le recours à du conseil stratégique. Est-ce une difficulté à identifier des leviers de financement ? Ou bien une difficulté à construire une stratégie numérique ? Dans tous les cas, on constate que près de 80 % des associations financent leurs dépenses numériques sur leurs fonds propres, ce qui peut constituer un frein à des investissements plus ambitieux 2. La transformation numérique demande de penser aussi une combinaison de moyens adaptés. Ces moyens peuvent être : humains, matériels, financiers, partenariaux, etc. C’est ce que l’on appelle une stratégie de moyens3. Une telle démarche permet de mieux réagir aux contraintes externes et internes en apportant des solutions pertinentes, de se projeter et de se développer.

Évaluation des besoins et des solutions

Avant d’engager des dépenses, il est crucial de se poser les bonnes questions :

Développement sur-mesure ou achat « sur étagère » ?

Une fois les besoins clairement définis, il convient d’analyser l’adéquation des solutions numériques existantes sur le marché. L’acquisition d’un logiciel sera généralement moins coûteuse que le développement d’une solution sur mesure, mais aussi moins flexible. Conseil : se faire accompagner par un cabinet indépendant dans la définition de ses besoins et le choix de la solution technique la plus adaptée.

Anticipation des impacts négatifs sur le modèle économique

Un projet de transition numérique s’accompagne généralement de surcoûts et d’imprévus. Il convient d’anticiper une proportion d’aléas dans le budget prévisionnel. Conseil : avant le lancement du projet, identifier précisément les compétences requises pour le bon déploiement du projet et financer les créations de poste par des ressources nouvelles.

Mobiliser des ressources de financement

Plusieurs pistes de financement peuvent être explorées :

  • subventions et mécénat : surveiller activement les appels à projets lancés par les têtes de réseaux spécialisés dans la transformation numérique. Solliciter des subventions auprès de fondations engagées comme la Fondation Afnic, Accenture, Cetelem ou la Fondation Free ;
  • réduction des coûts logiciels : bénéficier de tarifs réduits ou gratuits pour les abonnements professionnels via des plateformes comme Solidatech ou directement auprès des éditeurs de logiciels ;
  • collecte de fonds : collaborer avec des entreprises solidaires du secteur technologique, telles que le moteur de recherche Lilo ou l’assurance en ligne Luko ;
  • prêts moyen terme et investissements solidaires : les projets d’investissement numériques peuvent parfois être financés par du crédit moyen terme ou un produit d’investissement solidaire, sur des durées de trois à cinq ans, à condition que la structure qui le porte ait une bonne visibilité sur ses capacités de remboursement.

Dispositifs d'accompagnement dédiés ou intégrant la transition numérique

Que ce soit à l’échelle européenne, nationale ou au niveau local, de nombreux dispositifs permettent d’apporter un premier niveau d’expertise numérique externe en réponse aux besoins des associations.

Parmi ceux-ci, on peut citer le DLA, les points d’appui au numérique associatif (Pana) Emancip’Asso ou encore le réseau des EDIH (pôles européens d’innovation numérique).
Ces dispositifs peuvent avoir des modalités d’intervention différentes selon les territoires, qu’il s’agisse de sensibiliser, diagnostiquer, accompagner, ou former.

En conclusion

La transformation numérique est un processus complexe qui nécessite une préparation minutieuse, un accompagnement adapté et une sécurisation des enjeux financiers.
En suivant les étapes décrites ci-dessus, les associations peuvent tirer pleinement parti des opportunités offertes.
Cependant, il est essentiel de se rappeler que la transformation numérique d’une association doit être considérée comme un moyen et non comme une fin en soi.
À ce titre, cette dernière doit être alignée sur le projet associatif, la vision, les missions, et les valeurs d’une association pour être pleinement efficace.

1. diagnostic-numerique.solidatech.fr Retour

2. Source: La place du numérique dans le projet associatif 2025 – Recherches & Solidarités et Solidatech. Retour
3. Guide “Je réussis ma levée de fonds solidaire” France Active, Retour

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