Lancement du prêt relance tourisme social
Dans le cadre du plan de relance national, la Banque des Territoires a été mandatée par l’Etat pour le déploiement d’un plan de relance Tourisme social et solidaire. Secteur particulièrement sinistré par la crise, ce dernier appelle une relance ciblée dans les territoires et adaptée aux besoins de chaque acteur. Le dispositif a donc été confié à France Active par la Banque des Territoires pour la mise en œuvre opérationnelle de ce plan auprès des opérateurs de taille intermédiaire.
Peuvent bénéficier du dispositif les opérateurs du Tourisme social adhérents à l’UNAT avec un chiffre d’affaires compris entre 1 et 5 millions d’euros et au moins 3 ans d’existence, qui connaissaient une situation économique stable avant la crise.
L’accompagnement consistera en :
- Un diagnostic 360 avec analyse du plan de relance et du plan de financement
- Un financement sous la forme d’un prêt subordonné
- Des ateliers collectifs numérique, tourisme durable, coopération
- Un suivi à 3 ans après le financement
Le prêt sera compris entre 150 et 750 k€, jusqu’à 12 ans et différé jusqu’à 5 ans. Le taux d’intérêt est fixé à 2%.
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L’entrepreneuriat engagé, clé de la sortie de crise pour les français – Sondage opinionWay pour France Active
80% des français des Français estiment que l’entrepreneuriat est plus utile à la société pour réussir la sortie de crise : c’est un des principaux enseignements de l’étude qu’a réalisée OpinionWay pour France Active en avril 2021.
Si la crise du coronavirus agit comme un déclencheur, elle montre que la création d’entreprise revêt désormais une dimension éthique dans l’esprit collectif, preuve du progrès des principes de l’économie sociale.
Parallèlement, la même proportion (82%) considère qu’après la crise coronavirus, la recherche de financements va être plus difficile. Une raison de plus pour France Active de jouer son rôle de financeur solidaire en maximisant le lien entre les entrepreneurs engagés et le monde de la finance. En effet, malgré le contexte économique bousculé, la crise a suscité des vocations d’entrepreneurs chez 46% des français.
Ils sont d’ailleurs conscients du rôle qu’ils peuvent jouer en réponse aux défis sociaux et écologiques : 46 % considèrent que l’entrepreneuriat doit permettre de revoir les modes de consommation et de production ; comme 43% qui placent l’entrepreneuriat comme une clé pour dynamiser l’emploi et former ceux qui en sont éloignés.
Engagement, entrepreneuriat et finance solidaire : le triptyque d’un nouveau modèle économique d’après crise !
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En Guadeloupe, de nouvelles offres d’ingénieries financières pour les acteurs de l’ESS
Le 30 avril 2021
La Région Guadeloupe, l’État, le Conseil Départemental de Guadeloupe, la Communauté d’Agglomération Nord Grande-Terre, la CRESS-IG, France Active et la Banque des Territoires s’associent pour développer de nouvelles offres d’ingénieries financières en direction des acteurs de l’Économie sociale et solidaire (ESS).
« Faire de l’ESS, un levier de croissance pour les territoires de la Guadeloupe », est un objectif clairement défini par la Région Guadeloupe dans le cadre de son schéma régional de développement économique d’internationalisation et d’innovation (SRDEII).
En effet, en qualité de chef de file de l’Économie sociale et solidaire, la Région Guadeloupe, en lien avec ses différents partenaires, a identifié un besoin prioritaire clairement exprimé par les professionnels de l’ESS à savoir le développement de nouvelles offres d’ingénieries financières sur le territoire en lien avec le secteur bancaire.
Le partenariat signé le 18 octobre 2019, entre Ary Chalus, président de région et Eric Lombard, directeur général de la Caisse des Dépôts, a notamment eu pour objectif de déterminer les axes d’interventions pour répondre à des objectifs communs de développement territorial, de transition énergétique et de cohésion sociale.
Par ailleurs, il a favorisé la collaboration avec l’association nationale France Active au vu de la volonté régionale de déployer des outils de financement adaptés à destination des structures de l’ESS. Dans cette dynamique, la Collectivité Régionale a décidé d’impulser une expérimentation visant l’installation de l’association sur le territoire.
La première conférence régionale de l’ESS a permis de mobiliser un partenariat plus large autour de ce projet d’implantation de France Active sur le territoire au regard des enjeux d’accès bancaire pour les acteurs de l’ESS.
La deuxième conférence, qui s’est tenue le jeudi 29 avril exceptionnellement en format dématérialisé pour cause du contexte sanitaire, a acté le lancement de la démarche par la signature de la convention de partenariat entre France Active, représenté par son Directeur Général Denis DEMENTHON et les partenaires suivants :
- La région Guadeloupe représentée par la conseillère régionale en charge de l’ESS, Patricia BAILLET,
- Le conseil départemental de la Guadeloupe représenté par sa présidente, Josette BORELLINCERTIN ;
- Les services de l’’État représenté par le Préfet de région, Alexandre ROCHATTE ;
- La Communauté d’agglomération Nord Grand Terre représentée par son président, Jean BARDAIL ;
- La Chambre Régionale de l’Économie Sociale et Solidaire des îles de Guadeloupe représentée par son président, Georges LAUMUNO ;
- Et la Banque des Territoires représentée par son directeur régional aux Antilles-Guyane Christophe LAURENT.
La Communauté d’Agglomération du Nord Grande Terre a souhaité marquer son engouement pour cette démarche en apportant son soutien financier à l’expérimentation compte tenu des enjeux pour les acteurs de son territoire et plus largement de la Guadeloupe.
L’objectif de ce partenariat consiste principalement à répondre aux besoins d’accompagnement et de financement des entrepreneurs engagés de Guadeloupe en mettant en place d’une part un outil de garantie,d’autre part une solution d’accompagnement à l’intermédiation bancaire et à la stratégie financière.
Cette première phase de contractualisation porte essentiellement sur la garantie par France Active des prêts en faveur des acteurs économiques. Il s’agira plus particulièrement de :
- Sensibiliser les établissements bancaires locaux à l’intérêt et au fonctionnement de l’offre de financement de France Active (garantie d’emprunt bancaire, contrat d’apport associatif, …)
- Accompagner les entrepreneurs engagés sur les aspects financiers et mettre en place des garanties d’emprunt bancaire ;
- Animer des partenariats avec les autres acteurs de l’accompagnement et du financement en Guadeloupe afin d’établir des complémentarités d’intervention auprès des porteurs de projet et d’anticiper la création de l’Association Territoriale France Active Guadeloupe ;
- Évaluer les résultats de l’expérimentation à travers des bilans qualitatif et quantitatif pour calibrer l’activité à venir ;
- Préfigurer le développement de la future Association Territoriale France Active Guadeloupe.
Cette étape d’expérimentation sera suivie dès l’horizon 2023, du déploiement progressif de l’ensemble de l’offre du partenaire avec la création de l’association territoriale France Active Guadeloupe.
Pour Alexandre ROCHATTE, Préfet de région, « L’accompagnement à la création, à la reprise et à la transmission d’entreprise est un enjeu majeur pour le territoire de Guadeloupe identifié comme axe d’intervention tant dans le Contrat de Convergence et de Transformation que dans le plan France Relance. L’État soutient l’implantation de France Active en Guadeloupe car nous avons besoin d’un outil complémentaire aux dispositifs d’accompagnement déjà présents sur le territoire. Dans le contexte de crise sanitaire, France Active va favoriser l’accès aux financements bancaires et autres produits de la finance solidaire aux structures qui ont été en première ligne au cours de la période complexe que nous traversons et qui contribuent aux transitions écologique, démographique, numérique et économique de notre territoire. »
Pour Ary CHALUS, président de région « Conscients des difficultés qu’ont les banques aujourd’hui à s’engager aux côtés des projets relevant de l’ESS alors même que ces acteurs font depuis toujours preuve de résilience et de mobilisation sur le terrain ; nous avons choisi de nous engager collectivement à travers cette expérimentation pour réduire les risques supportés par les banques. A long terme, il s’agit de faire émerger de nouveaux modèles économiques correspondant à la réalité du territoire. »
Pour Josette BOREL-LINCERTIN, présidente du Conseil Départemental : « Le Conseil départemental s’engage pleinement pour l’Économie Sociale et Solidaire en signant la convention expérimentale initiée par France Active. Cette convention vient combler un manque parce qu’elle apporte une solution pour les garanties financières devant être produites par les créateurs d’entreprise dans le cadre de leur plan de financement. Elle profitera, à n’en pas douter à tous les demandeurs d’emploi et notamment les bénéficiaires du RSA souhaitant créer leur emploi tout en développant l’économie guadeloupéenne ».
Pour Jean BARDAIL, Président de la communauté d’Agglomération du nord Grande-Terre : « Avec un territoire composé d’un peu plus de 4 000 entreprises dont 90% de TPE, la CANGT, tout en restant dynamique en matière entrepreneurial, doit optimiser les voies et moyens qui doivent concourir à la création et au développement des entreprises de son territoire. Les TPE, de manière général, doivent souvent faire face à des contraintes majeures :
- Un fonds de roulement restreint, voir nul qui les limite dans leur projet de développement,
- Un déficit d’expertises diverses et variées dans les différents domaines de la vie de l’entreprise (administratifs, ressources humaines, financières, etc…)
C’est pour cette raison que l’offre expérimental de France Active axé sur la « garantie d’emprunt bancaire » est particulièrement adaptée à la typologie des entreprises de notre territoire. Elle devrait en effet permettre aux TPE d’améliorer la relation avec les organismes bancaires qui est souvent très difficiles et d’accéder à un fonds de roulement à des investissements dont pour l’instant elles étaient écartées.
Je souhaite donc que cette expérimentation soit concluante et permette ensuite à France Active de déployer l’ensemble de son offre de service sur le territoire, notamment à travers de France Active Investissement : par des prêts participatifs dans les entreprises sociales et solidaires et les entreprises innovantes socialement.
Pierre-René LEMAS, président de France Active « Le contexte économique lié à la crise sanitaire confirme notre volonté de participer au développement de l’Économie sociale et solidaire sur la Guadeloupe. Les potentiels de développement sont importants. Ils reposent sur des besoins insuffisamment couverts sur l’ensemble du territoire. Nous aurons à coeur d’accompagner l’ensemble des entrepreneurs souhaitant s’engager dans une économie à hauteur d’hommes, répondant aux défis sociaux et écologiques de la Guadeloupe. Grace à cette convention, nous allons travailler sur les deux ans qui viennent à la préfiguration de l’association territoriale France Active Guadeloupe. Notre présence sera pérennisée à l’horizon 2023. »
Pour Christophe LAURENT, directeur régional Antilles-Guyane de la Banque des Territoires « La Banque des Territoires est un partenaire historique de France Active, qu’elle contribue à doter financièrement pour mettre en place les outils financiers (fonds propres, dette et garantie d’emprunt) distribués par le Réseau France Active. Cette expérimentation, qui aboutira à créer une représentation permanente de France Active en Guadeloupe, permettra aux acteurs de l’ESS et aux entrepreneurs engagés Guadeloupéens, de bénéficier de ces financements auxquels ils n’ont pas accès aujourd’hui. C’est un enjeu majeur pour soutenir un secteur d’activité pourvoyeur d’emploi non délocalisables, dont le poids est particulièrement important dans l’économie Guadeloupéenne. »
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Événement : Les Femmes à La Relance – Le replay
La Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, est l’occasion de porter chaque année la cause des femmes qui entreprennent. Elles sont aujourd’hui nombreuses à créer leur activité et à diversifier les engagements.
Dans un contexte de crise, mais aussi de redirection de l’économie vers un modèle durable, quelle place pour les entrepreneures dans la relance ?
Comment les femmes entrepreneures font-elles face à la crise ?
Quels sont les financements possibles pour sécuriser leur activité ?
Comment réussir à poursuivre et développer son projet en cette période tout en préservant l’emploi de sa structure ?
Comment s’engager sur les questions sociales et écologiques ?
C’était toute l’ambition de la conférence « Femmes entrepreneures et engagement : comment agir pour la relance ? » que d’apporter des réponses concrètes et des témoignages inspirants pour toutes celles qui s’engagent pleinement sur leur territoire.
Portée par la Fédération bancaire française et France Active, cette conférence a été organisée avec le ministère délégué auprès du Premier ministre chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances et le secrétariat d’État à l’Économie sociale, solidaire et responsable. Autrement dit des acteurs pleinement mobilisés sur le sujet : parce que le droit d’entreprendre, c’est aussi celui des femmes !
L’événement s’est déroulé le 5 mars dans les locaux de la Fédération bancaire française, sous forme digitale. Il sera retransmis sur les plateformes des contributeurs et orchestré par un animateur. Il réunira :
- Elisabeth Moreno, ministre déléguée auprès du Premier ministre chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances,
- Olivia Grégoire, secrétaire d’État à l’Économie sociale, solidaire et responsable,
- Philippe Brassac, président de la Fédération bancaire française,
- Pierre-René Lemas, président de France Active,
- Maya Atig, directrice de la Fédération bancaire française,
- et 3 entrepreneures.
https://www.youtube.com/watch?v=5fC-p6atu1A&ab_channel=FranceActive
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Les entretiens de France Active – Financer engagé, assurer militant

La crise sanitaire et économique récente nous pousse tous à requestionner notre rapport à la solidarité et à notre manière de produire. Financeurs solidaires ou assureurs militants, les transitions à venir sur les territoires ou les alternatives au modèle économique « de l’ancien monde » interrogent. Points de vue croisés entre Pascal Demurger, directeur général de la MAIF, et Denis Dementhon, directeur général de France Active, sur ces sujets.https://vimeo.com/521513462
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Consommation, l’heure du changement ?

Seconde main, vrac, labels éthiques… Partout en France, de nouveaux modes de consommation émergent, plus soucieux de l’environnement et de l’utilité sociale. Effet de mode ou vraie tendance de fond ? Pour faire pencher la balance vers la deuxième option, un seul levier : la prise du pouvoir par le consommateur citoyen.
Plusieurs indicateurs témoignent d’un changement dans les attentes et les comportements des consommateurs. Pierre Galio, chef du service Consommation et Prévention de l’ADEME, met en exergue une tendance forte : « Lorsqu’on demande aux Français ce qu’est pour eux consommer de manière responsable, la réponse “consommer moins” arrive de plus en plus fréquemment – c’est-à-dire ne plus consommer de produits ou services superflus, ou réduire tout simplement sa consommation. » Ainsi, 86 % des Français disent vouloir vivre demain dans une société où la consommation prend de moins en moins de place . « Le modèle de consommation actuel – celui qui a posé ses bases dans l’immédiat après-guerre et qui pense essentiellement en volume – est sérieusement remis en question. »
Des alternatives concrètes
Consommer moins et mieux est devenu le credo de nombreuses aventures entrepreneuriales. À l’instar de WeDressFair, soutenu par France Active, boutique physique à Lyon et e-shop proposant une mode responsable – tant d’un point de vue environnemental que sociétal. Son principe : celui du buycott, c’est-à-dire un boycott positif en refusant de consommer trop de vêtements et en orientant la consommation restante sur des achats durables, éthiques et solidaires. « Il ne s’agit pas de consommer plus de mode éthique, mais moins de mode, et de la mode éthique, éclaire Marie Nguyen, sa fondatrice. Nous ne sommes pas dans un modèle de croissance infinie. »
Réfléchir à son acte d’achat et à son besoin réel est au fondement des boutiques vrac qui se développent partout en France – et à un rythme exponentiel ! Johanna Le Mau, fondatrice d’Ô Bocal à Nantes, également soutenue depuis le départ par France Active, peut en témoigner. Quand elle démarre le projet en 2016, elle a tout d’une pionnière. Son équipe est réduite et sa boutique propose une offre inédite dans la ville. Quatre ans plus tard, Ô Bocal, c’est désormais deux magasins en centre-ville, 12 salariés et une offre qui s’est très largement étoffée (entre les produits d’alimentation, d’hygiène, d’entretien de la maison, accessoires, etc.), tandis que ses clients se sont également diversifiés (particuliers, entreprises, restaurateurs, collectivités…) « Quand nous avons commencé, le zéro déchet faisait peur, explique Johanna. Aujourd’hui, on en voit partout. D’ailleurs, d’autres enseignes de ce type se sont ouvertes dernièrement. Et c’est tant mieux ! Certains clients se sont même lancés, inspirés par notre démarche. » Pourtant, Johanna ne craint pas la concurrence, percevant cette dynamique comme un cycle vertueux qui peut convaincre les consommateurs d’opter pour ces nouveaux modes de consommation et les commerçants d’être toujours plus inventifs et exigeants sur les gammes proposées. « En continuant à étoffer notre offre tout en restant alignés avec nos valeurs et en lien avec notre réseau d’acteurs locaux, c’est comme ça que nous conservons nos clients et que nous en gagnons d’autres. Si on peut inspirer d’autres initiatives de ce type en montrant qu’on peut consommer et entreprendre autrement, tout le monde peut y gagner. »
On voit émerger de plus en plus
d’initiatives pour lutter contre le gaspillage,
mais on assiste aussi à un renouvellement
accéléré des gammes et à des effets
de sur-référencement.
Plus qu’un nouveau marché, une nouvelle économie
Faut-il en conclure que ce changement de modèle de consommation est définitivement opéré ? Pas si sûr, car des courants contraires s’affrontent. Pierre Galio de l’ADEME le confirme : « On voit par exemple émerger de plus en plus d’initiatives pour lutter contre le gaspillage, mais dans le même temps, on assiste à un renouvellement accéléré des gammes et à des effets de sur-référencement – notamment en électronique. À l’obsolescence technologique, il faut aussi ajouter l’obsolescence culturelle… Pour l’habillement, même constat. Les fashion weeks sont de plus en plus rapprochées, créant des effets de mode et donc de nouveaux besoins de plus en plus fréquents. »
La question de l’accessibilité reste aussi centrale : « Il ne faut pas oublier que la France compte 8 à 9 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. Phénomène qui s’accroit cruellement avec la crise. Consommer de manière plus responsable n’est donc pas une priorité pour beaucoup – surtout si c’est synonyme de produits plus chers. Le risque est donc une consommation à deux vitesses. »
Pour dépasser ces clivages, Jean-Paul Raillard et le Réseau Envie dont il est président, apportent une solution : « Ne pas construire simplement un nouveau marché, mais une nouvelle économie. » Et cela passe par une dynamique vertueuse globale à l’échelle des territoires, telle que le Réseau Envie la structure autour de ses 80 lieux (magasins ou ateliers de réparation et centres de recyclage de gros et de petits électroménagers) partout en France, employant près de 3 000 salariés dont 2 300 en insertion. L’enjeu est bien sûr de rallonger la durée de vie des produits pour en limiter l’impact environnemental. Mais pas seulement. Jean-Paul Raillard explique : « Acheter un téléphone reconditionné, par exemple, c’est bien, mais insuffisant. En effet, de nombreux opérateurs achètent des lots de téléphones de moins de six mois aux États-Unis ou au Japon, pour les reconditionner en Roumanie avant de les vendre en France. Le bénéfice environnemental est faible – sans parler de l’impact social. À l’inverse, avec le réseau Envie, nous rapprochons les lieux de transformation des consommateurs, en créant de l’emploi et en défendant la juste rémunération d’une chaîne de valeur. »
Même logique chez Label Emmaüs, la plateforme en ligne qui met en vente les produits des communautés Emmaüs ainsi que de structures issues de l’ESS. Depuis sa création en 2016, grâce à elle, près de 500 personnes ont pu être formées aux métiers du e-commerce dont 300 en insertion ou compagnons Emmaüs. Particularité de la structure : utiliser les codes de la communication des grands acteurs du e-commerce, mais en les détournant – comme le Black Friday devenu Hack Friday. Ce qui permet d’accroître sa visibilité et de se faire connaître de consommateurs de plus en plus nombreux et variés. « Avec cette approche, nous notons une vraie diversification de nos clients : plus jeunes et pas forcément connaisseurs à la base des communautés Emmaüs. D’ailleurs, ça a vraiment changé, c’est désormais Label Emmaüs qui permet de faire connaître les structures physiques que nous accompagnons dans la vente en ligne. Auparavant, c’était l’inverse », relate Kadija El Goufi, responsable Marketing et Communication chez Label Emmaüs.
Quand le citoyen consommateur reprend le pouvoir
Dans cette évolution des consommations, un aspect fait clairement la différence : l’information. Tel est le point de bascule qui transforme une intention de consommer autrement en un acte d’achat responsable. C’est ce qui a poussé Christophe Hurbin à créer l’application d’aide à la consommation, myLabel, qui intègre des critères à la fois santé, environnementaux et sociétaux dans son évaluation de produits alimentaires (voir son portrait page 8) : « Nous répondons ainsi au besoin de plus en plus pressant du consommateur d’être informé sur l’impact global de son achat. » Ce dernier reprend alors le pouvoir. Christophe Hurbin complète : « Nous notons un changement radical dans les postures des acteurs de la grande distribution. Quand nous nous sommes lancés il y a un an et demi, on sentait bien qu’ils cherchaient le meilleur moyen pour contourner et minorer les applications d’évaluation telles que Yuka, Open Food Facts et même myLabel. Ils les considéraient certes comme des outils de transparences, mais non contrôlés, donc risqués. Changement de braquet, il y a un an : ces applis sont devenues incontournables. Ils doivent absolument y être bien référencés – les incitant même à revoir leurs recettes pour être mieux notés. »
En parallèle, les labels de consommation responsables (AB pour agriculture biologique, Rainforest Alliance, GOTS pour Global Organic Textile Standard, etc.) ne cessent de se développer pour mieux orienter les consommateurs dans leur choix et retrouver la confiance en leur acte d’achat. Autre preuve que la révolution est en marche, accélérée par la pression des citoyens consommateurs : après avoir investi le bio depuis quelques années, la grande distribution se met au vrac et à la seconde main.
D’autres secteurs jusque-là peu concernés par ces logiques s’y mettent d’ailleurs. C’est le cas du monde médical où la Sécurité sociale ne remboursait que le matériel neuf (par exemple les fauteuils roulants pouvant coûter plusieurs milliers d’euros). Grâce à un gros travail de plaidoyer et de structuration de la filière, notamment par le Réseau Envie, il sera prochainement possible de se faire rembourser du matériel de seconde main parfaitement remis en état. Un bénéfice à la fois pour le pouvoir d’achat des citoyens et pour les finances publiques.
Passer de la marge à la norme
Et maintenant ? Quels leviers pour essaimer davantage ces nouveaux modes de consommation sans mettre de côté une partie de la population ? Deux réponses possibles : mieux faire connaître les initiatives responsables de proximité et renforcer les réseaux pour opérer le changement d’échelle, vertueux pour tous – entrepreneurs responsables comme consommateurs.
Créer une caisse de résonnance et faire écosystème pour changer la donne, c’est notamment le projet de Ethi’Kdo, coopérative à but non-lucratif qui propose la première carte-cadeau des enseignes écologiques et solidaires en France. Ce projet est également soutenu par France Active – comme beaucoup des enseignes référencées par Ethi’Kdo. Pour Fanny Gérôme, directrice générale adjointe de France Active, cela n’a rien d’une coïncidence. « Chez France Active, nous sommes depuis le début en lien avec les enjeux qui émergent dans la société. Tout simplement parce que nous sommes en résonnance avec les citoyens eux-mêmes. Car qu’est-ce qu’un entrepreneur engagé si ce n’est un citoyen qui a décidé de bouger parce qu’il juge qu’il manque quelque chose et qu’un domaine réclame qu’on s’y investisse ? Et c’est bien ce qui se passe aujourd’hui avec les mutations dans les attentes et modes de consommation. Si nous réceptionnons de nombreux dossiers sur le thème du consommer autrement et si nous décidons de les accompagner, c’est bien parce ce mouvement est bien réel et qu’il ne doit pas rester à la surface. » L’enjeu devient désormais : « d’être capables de capitaliser sur ces différentes expériences qui commencent à être très riches, à les faire connaître, à créer des sources toujours nouvelles d’inspiration. Les entrepreneurs engagés ne doivent pas se sentir seuls dans leur manière de réinventer le monde. » Les soutenir en créant toujours plus de connexions, c’est ainsi l’objectif que se fixe le réseau France Active. Ce sera aussi un moyen pour augmenter leur accessibilité au plus grand nombre.
67%
des Français disent avoir changé certaines de leurs pratiques au quotidien pour réduire l’impact de leur consommation
86%
disent vouloir vivre demain dans une société où la consommation prend de moins en moins de place
64%
ont l’impression d’avoir de plus en plus de mal à s’informer correctement
25%
seulement considèrent que les entreprises leur donnent assez d’informations sur les conditions de fabrication des produits
Pour 63%
le fait qu’une entreprise propose des produits durables renforce leur confiance en elle
Les applications d’aide à la consommation
Ce n’est plus une tendance, c’est un phénomène ! Les applications mobiles pour évaluer les produits ne cessent de se développer. La plus connue : Yuka, créée par une start-up française et s’appuyant sur le Nutriscore. En quelques années, c’est déjà 12 millions de consommateurs dont 83 % déclarent acheter, grâce à cet outil, moins de produits alimentaires en quantité mais plus en qualité. Dans ce sillon, d’autres initiatives se sont montées. À l’instar de myLabel qui propose une vingtaine de critères personnalisables – à la fois environnementaux et sociétaux –, tels que bien-être animal, la juste rémunération des agriculteurs, le travail des enfants… Autre approche, le label Longtime d’Ethikis, qui informe sur la longévité, la robustesse et la réparabilité des produits. myLabel et Ethikis ont tous deux été soutenus par France Active.
3 questions à Dominique Desjeux, anthropologue, professeur émérite à la Sorbonne Sciences sociales, université de Paris
Observez-vous un changement réel dans les comportements des consommateurs ?
En tant qu’anthropologue, je travaille sur les pratiques, les contraintes et les stratifications sociales. Et certaines tensions apparaissent par rapport aux raisonnements macro. Prenons l’exemple du bio. Les sondages disent que près de 80 % des Français y sont favorables. Pourtant, ça ne représente de 5 % des parts de marché. Les Français mentent-ils ? Non. Cela veut surtout dire qu’ils voudraient bien consommer mieux, mais qu’il existe des contraintes qui les freinent. La principale est bien sûr le pouvoir d’achat. Les études montrent ainsi que les classes les plus aisées sont favorables à intégrer de nouveaux modes de consommation, tandis que celles avec davantage de problèmes économiques aspirent surtout à entrer dans la consommation – et donc à consommer plus.
Les attentes des consommateurs évoluent-elles tout de même ?
Oui bien sûr. Et j’identifie un facteur très nouveau de changement : le phénomène des notes. Ce principe d’évaluation remet l’intérêt sur le produit et non sur la marque, qui devient secondaire. On revient finalement à la situation d’avant les années 80 où le produit prévalait sur la marque. C’est capital, car cela pousse les entreprises à revoir leur système de raisonnement et d’action. Le consommateur reprend la main. Il n’est donc pas étonnant de voir des enseignes de grande distribution proposer du bio, du vrac et même maintenant de la seconde main. C’est aussi comme cela que ces nouveaux modes de consommation gagneront en accessibilité.
Quels seraient les leviers pour dépasser ce phénomène de consommation à deux vitesses ?
La contrainte de pouvoir d’achat va durer. C’est une donnée mondiale qui s’accroît avec l’augmentation du prix des matières premières, des logements, de l’énergie… Mais avec ces contraintes, des activités non monétaires ou faiblement monétaires, à la portée des gens et misant sur le collectif vont de plus en plus se développer. Les gens inventent sous contrainte – et c’est le cas des acteurs de l’économie sociale et solidaire qui est pour moi une économie à part entière.
Entrepreneurs, les solutions pour faire face : la boite à outils France Active
France Active publie sa boite à outils pour répondre à toutes les questions que se posent les chefs d’entreprises face à la situation sanitaire et économique actuelle. Dans un soucis d’exhaustivité, elle regroupe les mesures visant à aider les entreprises fortement impactées, mises en place par les acteurs du secteur de l’entrepreneuriat et de la puissance publique .
Pour vous en faciliter la lecture, elles sont organisées en trois rubriques avec leur sommaire.
Une version pdf compilant l’ensemble, est disponible au téléchargement.
Télécharger la Boite à outils
Découvrir les mesures de soutien
de France Active
Les banques
Le Prêt garanti par l’Etat (PGE)
Les aides de la Caisse des Dépôts – Banque des territoires
Les aides de Bpifrance
Les mesures de soutien de France Active
Le Fonds de solidarité
Les dispositifs de prêts du CODEFI
Le renforcement des financements par affacturage
Les plateformes de financement participatif
Les subventions de l’Assurance maladie
Les aides à l’embauche
L’activité partielle (ou chômage partiel)
L’activité partielle de longue durée
Le FNE Formation
Les exonérations et reports de cotisations sociales (payables auprès des Urssaf)
Les reports et remises d’échéances fiscales (impôts)
Le remboursement accéléré des crédits d’impôts
Les allègements de charges
La commande publique
Les principales dispositions pour l’ESS
Autres initiatives et ressources dédiées à l’ESS
Les réseaux de bénévoles
La cellule de soutien psychologique
Les aides de la CG Scop (pour les Scop et les Scic)
L’inclusion vers l’emploi – IAE et handicap
Le secteur “culture”
Le secteur “tourisme”
Le secteur social, sanitaire et médico-social
Le secteur sportif
Liste des “commerces fermés administrativement”
Date de mise à jour de la boite à outils : 02/07/2021
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Événement live : Les Femmes à La Relance
La Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, est l’occasion de porter la cause des femmes qui entreprennent. Elles sont aujourd’hui nombreuses à créer leur activité et à diversifier les engagements.
Dans un contexte de crise, mais aussi de redirection de l’économie vers un modèle durable, quelle place pour les entrepreneures dans la relance ?
Comment les femmes entrepreneures font-elles face à la crise ?
Quels sont les financements possibles pour sécuriser leur activité ?
Comment réussir à poursuivre et développer son projet en cette période tout en préservant l’emploi de sa structure ?
Comment s’engager sur les questions sociales et écologiques ?
Autant d’enjeux pour les entrepreneures aujourd’hui.
C’est toute l’ambition de la conférence « Femmes entrepreneures et engagement : comment agir pour la relance ? » que d’apporter des réponses concrètes et des témoignages inspirants pour toutes celles qui s’engagent pleinement sur leur territoire.
Portée par la Fédération bancaire française et France Active, cette conférence sera organisée avec le ministère délégué auprès du Premier ministre chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances et le secrétariat d’État à l’Économie sociale, solidaire et responsable. Autrement dit des acteurs pleinement mobilisés sur le sujet : parce que le droit d’entreprendre, c’est aussi celui des femmes !
L’événement se déroulera le 5 mars dans les locaux de la Fédération bancaire française, sous forme digitale. Il sera retransmis sur les plateformes des contributeurs et orchestré par un animateur. Il réunira :
- Elisabeth Moreno, ministre déléguée auprès du Premier ministre chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances,
- Olivia Grégoire, secrétaire d’État à l’Économie sociale, solidaire et responsable,
- Philippe Brassac, président de la Fédération bancaire française,
- Pierre-René Lemas, président de France Active,
- Maya Atig, directrice de la Fédération bancaire française,
- et 3 entrepreneures.
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Retrouvez l’interview de Pierre-René Lemas sur Smart Impact

Pierre-René Lemas, président de France Active était aujourd’hui l’interviewé par Thomas Hugues dans l’émission Smart Impart.
Il y présente les actions mises en place par France Active pour faire face à la crise sanitaire et annonce les chiffres d’activité 2020 de l’association France Active.
https://www.dailymotion.com/video/x7z1eeo
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