fbpx

Assemblée générale : cap sur l’inclusion



Rendez-vous majeur de la vie institutionnelle de France Active, les assemblées générales ont eu lieu le mardi 24 mai au Digital Village à Paris. Cette séquence essentielle à la vie démocratique de notre réseau a permis de revenir sur l’activité de 2021 et de partager les enjeux de l’inclusion, un des axes stratégiques commun aux trois structures (association nationale et les deux sociétés financières de garantie et d’investissement). Retour sur les 3 grandes séquences de cet événement.

Après une année 2021 hors norme en raison des impacts de la crise sanitaire, les membres (administrateurs et actionnaires) des trois structures de France Active étaient réunis en Assemblée Générale Ordinaire le 24 mai dernier pour dresser le bilan de notre activité.

 

Ce rendez-vous statutaire a donné lieu à une première séquence réunissant tous les membres. Ils ont partagé les principaux résultats et faits marquants de l’année 2021 du mouvement France Active (lire le communiqué de presse de nos résultats). Au regard des 39 000 entrepreneurs accompagnés et financés, ils ont félicité les équipes des associations territoriales et de l’association nationale pour leur détermination et le travail réalisé au service des entrepreneurs engagés.

 

La deuxième séquence de l’après-midi a permis aux membres de chaque entité de valider leur rapport d’activité ainsi que leurs comptes annuels. L’occasion de constater la bonne situation financière des trois structures qui affichent des résultats légèrement excédentaires malgré deux années de crise et le passage de provisions en conséquence. Ces résultats et les nombreux partenariats publics et privés de l’association nationale permettent d’augmenter significativement la contribution aux budgets des associations territoriales, aux côtés des Régions. Pour illustrer l’action au service des entrepreneurs, des salariés des associations territoriales ont témoigné de leur activité quotidienne en mettant en avant des programmes spécifiques comme le déploiement du programme Inclusion par le Travail Indépendant dans les Yvelines et le Val d’Oise, le projet de développement social et économique de la rue Briand mené à Mulhouse par France Active Alsace, ou les actions d’investissement en Pays de la Loire.

 

La troisième séquence de l’Assemblée Générale était ouverte à nos partenaires opérationnels et stratégiques pour une table ronde dédiée à la question de l’inclusion et de l’entrepreneuriat. Plus d’une centaine de personnes, proches de France Active ont participé aux échanges autour d’une thématique essentielle pour notre mouvement : « De la protection à l’investissement, regards croisés sur l’inclusion ». De cette façon, la complémentarité et la transversalité de nos métiers de garant et d’investisseur ont pu être valorisées. L’introduction par Claude Alphandéry, président d’honneur de France Active a d’ailleurs posé le cadre du débat : ”Les entrepreneurs ont deux métiers : gestionnaires et développeurs. Et le nôtre, c’est de soutenir et d’accompagner ces entrepreneurs engagés pour les aider à explorer, investiguer, et approfondir leur passion entrepreneuriale.”

 

Cette table-ronde a permis de mettre en avant le rôle de France Active comme protecteur et investisseur engagé, et a pu donner lieu à l’expression de la coopération que porte France Active avec les acteurs de son écosystème en faveur de l’inclusion comme le souligne Hayat Boaira, déléguée générale d’Entrepreneurs de la cité : “Cette année, nous fêtons les 15 ans de notre partenariat avec France Active. Un partenariat qui continue à se renforcer, au service des entrepreneurs les plus fragiles.

 

Maya Atig, directrice générale de la Fédération bancaire française, Mickael Vaillant, conseiller économique chez Régions de France et Hervé Guez, directeur des gestions actions, taux et solidaire au sein de Mirova, intervenants de cette table-ronde, ont souligné la force du partenariat de France Active au service d’une économie du lien. Une mission rappelée par Pierre-René Lemas, président de France Active, et développée par Dominique Mahé, président de France Active Garantie et Alexis Masse, président de France Active Investissement qui portent collectivement toutes les dimensions sociales de nos interventions.

Précédent
Suivant

Retrouvez les grands moments de la table-ronde sur

Autres actualités


[related_post_fa posts_per_page="15" post_type="post" post_category="actualites"]

Découvrez toues les actus

Jeunes, le pari de l’inclusion

Quand l’entrepreneuriat devient vecteur de cohésion sociale

 

Faire Mouvement en faveur de l’inclusion des #jeunes, c’est le pari collectif des partenaires publics et privés de France Active.

A l’occasion de la publication de ses résultats d’activité pour l’année 2021, France Active a fait le choix de réunir ses partenaires et des jeunes entrepreneurs bénéficiaires de nos programmes autour de Thibaut Guilluy, haut-commissaire à l’emploi et à l’engagement des entreprises auprès d’Elisabeth Borne, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion. La rencontre s’est déroulé le 17 février dernier dans les locaux Rejoué à Vitry-sur-Seine, un atelier d’inclusion qui permet aux personnes éloignées de l’emploi de s’engager dans un parcours de professionnalisation.

L’inclusion, c’est permettre aux jeunes les plus éloignés du financement de créer leur projet.
Trois jeunes bénéficiaires du programme 1 Jeune 1 Solution (Insertion par le Travail Indépendant) sont venus témoigner de leurs premiers pas dans l’entrepreneuriat : Atif Saade de OBokit, Antonin Fontenas d’ApollonHifi, et Clément Moulin de FocusOnYou. En complément de la prime de 3000 € de l’Etat, ces jeunes entrepreneurs bénéficient des actions de conseil et d’accompagnement développées par France Active, comme de la sécurisation de leur prêt bancaire via nos garanties d’emprunts. Ce programme est mené en lien avec les banques comme l’a rappelé Maya Atig, directrice générale de la Fédération bancaire française, présente à l’événement. https://vimeo.com/687986192https://vimeo.com/687985251L’inclusion, c’est aussi s’engager auprès des entrepreneurs de l’innovation sociale qui agissent auprès des jeunes. C’est le cas de Yoan Levy de Camarage (ex-Homiz) qui a rejoint notre programme « La Place de l’émergence » et de Rejoué qui a bénéficié de financements pour son développement. Le projet de Camarage porte sur la mise en relation entre les jeunes qui cherchent un logement et les ainés qui peuvent ainsi avoir à leurs côtés un jeune pour les accompagner dans leur quotidien. Quant à Rejoué, cet atelier d’insertion associatif agit à l’insertion de personnes en difficulté à retrouver le chemin de l’emploi.https://vimeo.com/687983389https://vimeo.com/687986853Sur la question de l’inclusion des jeunes, Annick Valette, vice-présidente de la MAIF, a rappelé toute la nécessité d’agir en faveur des jeunes dans une logique collective : « nous le faisons avec nos sociétaires, comme avec nos salariés ».Pour Thibault Guilluy, « nous sommes aujourd’hui face à de nombreuses initiatives sur les questions de l’innovation sociale, notamment en faveur de l’inclusion des jeunes. A nous, acteurs publics, mouvements associatifs et entreprises de leur permettre de se développer. »Merci à Rejoué pour son accueil, aux jeunes entrepreneurs présents et à tous nos partenaires présents à cet événement. Découvrez leur témoignage en vidéohttps://vimeo.com/687989871https://vimeo.com/687987875https://vimeo.com/687984298https://vimeo.com/687988562

Autres actualités


[related_post_fa posts_per_page="15" post_type="post" post_category="actualites"]

Découvrez toutes les actus

Quand les femmes s’engagent pour les femmes

#EntrepreneuresEngagées

 

Chaque jour, les équipes de France Active accompagnent des femmes entrepreneures dans leur projet. La journée internationale des droits des femmes nous donne l’occasion de mettre en avant toutes celles qui se mobilisent pour leur territoire, pour créer du lien social, de l’emploi et qui incarnent notre volonté de construire une société plus inclusive et plus durable.

Notre action en faveur des femmes les plus éloignées des financements bancaires se traduit sur la phase de création par une parité dans le nombre d’entrepreneurs financés au démarrage de leur projet. Depuis plus de dix ans, un entrepreneur sur deux financé par France Active au moment de la création de son projet est une femme. Cette action est rendue possible par le soutien constant du ministère délégué auprès du Premier ministre chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances. Cela se traduit par la Garantie ÉGALITÉ Femmes.

France Active garantit le prêt accordé par la banque jusqu’à 80% pour des montants allant jusqu’à 50 000 €. Aucune caution personnelle n’est demandée à l’entrepreneure, ce qui lui permet de sécuriser sa situation personnelle. Cette garantie est dédiée aux femmes, créatrices ou repreneuses d’entreprises, demandeuses d’emploi ou en situation de précarité.

Pour renforcer son action, France Active travaille avec de nombreux collectifs de femmes engagées dans le développement de l’accès à l’entrepreneuriat. Cette année, France Active et Femmes des Territoires renforcent leurs coopérations pour aider les femmes à accéder aux financements et notamment à la banque, grâce à la Garantie EGALITE Femme. Comme l’explique Marie ELOY, présidente de Femmes des Territoires, « nous associons France Active aux ateliers ‘s’entourer pour entreprendre’ pour faire découvrir aux créatrices d’entreprise, l’accompagnement de leurs conseillers ainsi que les financements dont elles peuvent bénéficier. France Active contribuera également au MOOC ‘Je finance mon projet’ qui vise à lever les obstacles face aux questions financières pour les femmes entrepreneures ».

Femmes des Territoires est un réseau social d’entraide pour toutes les femmes qui souhaitent entreprendre, partout en France, et pour toutes celles qui veulent les aider. Femmes des Territoires est convaincue qu’il est essentiel que les femmes qui entreprennent choisissent de ne pas rester isolées, s’entourent et fonctionnent davantage en réseau. La réussite individuelle passe par l’entraide collective.

Pour cette journée du 8 mars, France Active a choisi de mettre en avant quatre femmes entrepreneures qui s’engagent pour la cause des femmes. A travers leur projet, elles ont choisi d’œuvrer à l’inclusion des femmes et à leur donner la capacité de prendre toute leur place dans la société.

Véronique Saint-Aubin

Directrice générale de l’association SFM-AD – Centre social, organisme de formation et ACI (Atelier-Chantier d’Insertion) à Stains (Seine-Saint-Denis).

Toute la carrière de Véronique Saint-Aubin est liée à SFM-AD. « J’étais, en effet, étudiante en mathématiques à Jussieu en 1980 quand j’ai décidé de faire du bénévolat pour SFM (Solidarité Français Migrants) qui donnait des cours de français à des femmes d’origine étrangère. Ça a été une révélation ! Et après deux années, j’ai souhaité me professionnaliser dans ce domaine et je suis devenue coordinatrice de l’association. »

> Lire la suite

Rosa Tariverdova

Fondatrice de la Librairie à Soi.e – Librairie féministe à Lyon (Rhône.

« J’aime à dire que je suis une féministe post-Me Too. Ma conscience féministe s’est en effet réveillée en 2016-2017. Depuis, je n’ai cessé de lire, me documenter, écouter des podcasts sur ce sujet. J’ai également commencé à militer pour le collectif Nous Toutes. C’est donc assez naturellement que j’ai voulu lier cet engagement à ma vie professionnelle », confie Rosa Tariverdova.

> Lire la suite

Marie-Louise Faye

Fondatrice et directrice de l’association KER – Restaurant/traiteur et comptoir éthique qui emploie en insertion des femmes issues des migrations à Dijon (Bourgogne Franche-Comté).

« Nous valorisons leur savoir-faire en cuisine de ces femmes souvent sous-exploité et réservé à la sphère familiale pour les amener dans un parcours professionnel et leur permettre de réaliser leurs rêves. »

> Lire la suite

Founé Camara

Co-fondatrice de l’association Les Aiguilles de Normandie – Atelier chantier d’insertion – Val-de-Reuil (Normandie).

« Parmi les femmes accompagnées, toutes ont dû à un moment sacrifier leurs propres projets pour soutenir un mari en insertion, s’occuper des enfants, prendre soin de leurs parents… Elles retrouvent ici une dynamique positive et valorisante. »

> Lire la suite

Autres actualités


[related_post_fa posts_per_page="15" post_type="post" post_category="actualites"]

Découvrez toutes les stories

Pour une Europe des territoires solidaires – Témoignage de Claude Alphandéry, président d’honneur de France Active

 

Alors que la France préside l’Union européenne, Claude Alphandéry, président fondateur de France Active et européen convaincu, partage sa vision de la dimension sociale et solidaire de l’Europe.

Pour lui, l’Europe économique est le sujet qui a le plus avancé ces dernières décennies, notamment sur l’ouverture des marchés et de la concurrence entre les pays membres. Il considère que la dimension culturelle est devenue l’un des leviers de la construction européenne, de même que l’éducation avec le programme Erasmus qui a démontré toute son utilité. Sur les dimensions sociales et solidaires, il constate que les avancées sont moins importantes concernant le vivre ensemble et la question du travail.

La relance est une bonne opportunité pour “encastrer tout ce qui relève de l’utilité sociale dans l’activité économique“. L’ensemble des pays membres avec l’appui de la Banque Européenne doivent pouvoir donner une plus grande priorité aux investissements solidaires. Et pour faire progresser cette Europe solidaire, il convient aussi de donner une plus grande place aux territoires. Pour Claude Alphandéry, il existe partout en Europe des initiatives multiples à même d’être partagées pour inspirer les acteurs de terrain. Cela se traduit par exemple par l’essor des tiers-lieux, le développement d’une approche globale des soins dans les bassins de vie, les circuits-courts, etc.

Toutes ces démarches doivent être approfondies et généralisées à l’ensemble des pays européens : chaque territoire a bien le pouvoir de rendre l’Europe plus sociale et plus solidaire.

https://vimeo.com/678121770

Autres actualités


[related_post_fa posts_per_page="15" post_type="post" post_category="actualites"]

Découvrez toutes les actualités

3 questions à Cécile Renouard



3 questions à Cécile Renouard, professeure de philosophie au Centre Sèvres, directrice de recherche à l’Essec et présidente du Campus de la Transition

En quoi cette période charnière réinterroge-t-elle les modèles économiques ?

Nous avons fait l’expérience d’une vulnérabilité collective. Finalement, le mythe de l’indépendance libérale est remis en question. L’autonomie, oui, mais encore faut-il qu’elle soit pensée dans l’interdépendance. Ce qui renvoie au lien social, mais aussi au lien écologique (c’est-à-dire aux milieux vivants pour nous permettre de nous développer durablement). Car une chose est sûre : aucun acteur n’a la solution seul. 

 

En quoi peut-on dire que les entrepreneurs engagés sont au cœur de cette relance ?

Si l’on se réfère à la loi PACTE et à cette idée d’entreprises à mission, les acteurs de l’ESS intègrent déjà de manière structurelle et structurante des enjeux en termes d’écart de rémunération, de choix de création et de partage de valeur plus justes et durables. D’une certaine manière, ils montrent la voie. Ils ont, par conséquent, un rôle majeur à jouer. Mais si on veut opérer cette transition solidaire à plus grande échelle, cela nécessite aussi de changer la donne pour tous les acteurs de l’économie.

 

Quels leviers permettraient de rendre cette relance solidaire pérenne ?
Pour plus d’équité et de durabilité dans le partage de valeur, la réforme des normes comptables, la question de la fiscalité et celle sur l’écart des rémunérations sont cruciales. Sur tous ces sujets, les acteurs de l’ESS sont pionniers. Tout l’enjeu est de trouver la bonne combinaison entre contraintes réglementaires pour faire évoluer les règles du jeu et création d’un cadre motivant l’engagement des dirigeants du secteur classique.

Autres actualités


[related_post_fa posts_per_page="15" post_type="post" post_category="actualites"]

Découvrez toutes les actualités

L’ESS au coeur de la relance



La crise sanitaire a brouillé de nombreux repères
économiques. Une question s’impose alors : à quelles conditions la relance pourra être sociale, solidaire et durable ? Les entrepreneurs engagés ont une carte maîtresse à jouer. À la condition de pouvoir compter sur le juste accompagnement et la force du réseau entrepreneurial.
L’ESS AU CŒUR DE LA RELANCE.
Après la crise, un retour à la situation d’avant serait décevant. D’autant que nous sentons parmi nos salariés, clients, partenaires, membres de la gouvernance, une envie de porter davantage les notions de lien social, de solidarité, de proximité et de sens donné à son travail.” Tel est le constat de Benoît Delliaux, directeur général de Soliha Pays de la Loire, association qui œuvre pour la transition écologique et solidaire de l’habitat privé, qui met ainsi en lumière la pertinence du modèle des entrepreneurs engagés au cœur de la reprise.

De l’urgence à la relance

Est-ce à dire que l’heure est au changement d’échelle pour les acteurs de l’ESS ? Et, si oui, avec quels soutiens ? Pour France Active, dès l’éclatement de la crise,  l’accompagnement a été pensé de manière  multidimensionnelle.
Premier axe : resserrer les liens et écouter les besoins pour une réponse sur mesure. « Toutes nos associations régionales sont tout de suite entrées en contact avec les entrepreneurs engagés soutenus », rappelle Frédéric Cusco, responsable Engagements, Délégations et Territoires chez France Active. Deuxième axe : répondre à l’urgence, et tout particulièrement pour sécuriser les trésoreries (garanties bancaires, le fonds UrgencESS lancé par le secrétariat d’État à l’Économie sociale, solidaire et responsable et déployé par France Active partout en France, prêts de relance solidaire…). « Très vite, il est apparu essentiel de connecter ces outils à un accompagnement pour préparer la suite, en partageant des scénarios et des feuilles de route », complète-t-il.

Objectif : sortir de la fébrilité de l’urgence et consolider les modèles.

S’adapter pour mieux rebondir

Cette dynamique, le Triporteur à Cartouches l’a bien connue. L’association lilloise collecte des cartouches et toners usagés en vue de leur réemploi. Avec le télétravail généralisé, l’équilibre de son activité se trouve impacté : « Nous avons vu l’utilisation de toners laser par les entreprises s’écrouler et l’usage des cartouches pour petites imprimantes à domicile augmenter. Au niveau des comptes, nous ne nous y retrouvions pas », relate son chargé de collecte et de développement, Jean-Luc Lemaire. France Active Nord soutient la structure, notamment via le fonds UrgencesESS d’un montant de 5 000 euros pour lui permettre de garder la tête hors de l’eau. Cette bulle d’oxygène lui donne alors le temps d’adapter l’activité à ce nouveau contexte et de trouver les modalités et les partenaires pour intensifier la collecte de petites cartouches dans les commerces de proximité et les entreprises.
Autre logique pour Soliha Pays de la Loire qui a, quant à elle, vu son activité croître en 2020.
Mais la structure a tout de même eu besoin d’accompagnement, en conseils et en financements, pour mener à bien un changement de gouvernance (avec la fusion des associations départementales) et un déménagement. « Au final, le fait d’avoir continué à avancer sur ces sujets durant la crise, tout en augmentant notre activité de 25 %, nous a renforcés. Aussi bien en interne, car cela crée de la fierté, que vis-à-vis de nos partenaires qui perçoivent ainsi plus de clarté et de solidité dans notre projet », commente Benoît Delliaux.

France Active a su démontrer que son réseau bougeait
vite grâce à son ancrage territorial et pouvait calibrer ses soutiens autour d’un triptyque conseil, connexion,
financement.

Frédéric CUSCO, France Active

Sécuriser l’après

Et maintenant ? Comment donner toutes les chances à la relance solidaire ? Les prochains mois seront décisifs. L’entreprise d’insertion qui produit des jouets en bois pour des sites de tourisme historique, Sitaphy, le confirme. En 2020, elle connaît une perte de chiffre d’affaires de 70 %. Mais les dispositifs de l’État (PGE) et de France Active Bourgogne (un prêt de 30 000 euros) lui permettent de tenir le cap. Mais ensuite ? « En 2020, tout le monde est venu à la rescousse. Grâce aux aides, notre exercice n’a pas fini déficitaire. Mais la donne n’est plus la même désormais. En effet, les fournisseurs du secteur culturel ne sont plus soutenus par l’État en 2021, explique Jean-Pierre Thibault, directeur de Sitaphy Auxerre. C’est alors grâce au soutien de France Active Bourgogne et de notre banque que nous avons pu assurer la pérennité de notre trésorerie. »
Prévoir l’après est en effet essentiel pour Frédéric Cusco. « France Active a su démontrer que son réseau bougeait vite grâce à son ancrage territorial et pouvait calibrer ses soutiens autour d’un triptyque conseil / connexion / financement. Aujourd’hui, nous devons continuer à faire évoluer nos modes d’action pour continuer à protéger les entrepreneurs engagés et leur permettre de jouer pleinement leur rôle. » Cela passera notamment par une écoute plus fine, des délais de remboursement un peu plus longs dans certains cas et une capacité à mobiliser davantage de partenaires autour de la table, même sur des sujets compliqués. De nouveaux moyens sont également prévus pour avancer : sur les 500 millions d’euros destinés au financement et au développement du secteur de l’économie solidaire, 100 millions d’euros seront alloués à sa reprise, « pour ainsi créer un effet relance à l’image des valeurs sociales et solidaires des entrepreneurs engagés ».

100 M€ de financements d’urgence par France Active

15 000 garanties rééchelonnées
10 000 prêts participatifs rééchelonnés

5 000 structures bénéficiaires du fonds UrgencESS

> 18,3 M€ >
10 000 emplois sauvegardés

300 entreprises soutenues grâce au prêt de relance solidaire (PRS)

> 10,1 M€ investis > 4 503 emplois consolidés


Découvrir tout Walter #27

Investir en solidaire – Interview croisé Alexis Masse – Philippe Zaouati



Après la crise, la relance s’engage. L’économie solidaire a mis en lumière toute son utilité pour maintenir un système économique stable, durable et inclusif. Pour intensifier son développement et créer des synergies, le rôle de la finance solidaire est primordial. Après une année record de collecte d’épargne solidaire , les perspectives sont larges. Partenaires historiques et pionniers du mouvement, France Active Investissement et Mirova croisent les regards d’Alexis Masse et Phillipe Zaouati sur les enjeux du secteur de la finance solidaire.

Walter – Interview croisé

Mirova et France Active sont partenaires de longue date pour soutenir les entrepreneurs engagés. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
Philippe Zaouati : Mirova et France Active travaillent ensemble pour soutenir le développement de l’Economie sociale et solidaire. Mirova est le premier actionnaire privé de France Active Investissement. Mirova investit la poche solidaire en partenariat avec France Active grâce à la stratégie d’investissement à 90% en actions cotées et à 10% dans l’ESS. Ce partenariat est un élément très différentiant de notre stratégie : il nous assure de rester connectés aux besoins réels de l’économie solidaire et d’identifier les entrepreneurs à impact.

Alexis Masse : L’épargne est d’abord un levier d’action citoyen : nous avons besoin de décupler son impact. La collecte d’épargne solidaire a été favorisée ces deux dernières années par la crise en raison de l’aspiration croissante des Français à donner du sens à leur épargne. Partenaire historique de France Active, acteur largement reconnu de la finance solidaire, Mirova constitue un partenaire incontournable et le renforcement de notre coopération permettra de franchir une étape dans le déploiement de la finance solidaire.

Nous voyons beaucoup de débats autour des fonds ISR ou des fonds solidaires. Comment se place Mirova dans ces mouvements ?

P. Z. : Mirova a été créée en 2014 avec l’ambition de démontrer la pertinence d’un nouveau modèle d’investissement, qui réussirait à combiner la recherche de performance et de sens. Nous sommes ce que l’on appelle aujourd’hui « purpose-native », nous sommes nés d’une mission. Ce nouveau modèle financier, celui que l’on appelait alors ISR, aujourd’hui finance durable, finance verte, ou finance à impact. Depuis, le contexte a évolué drastiquement au niveau climatique. En réponse, les entreprises comme les investisseurs placent désormais haut dans leur agenda les enjeux environnementaux et sociaux. Aujourd’hui tout le monde parle de finance durable, tout le monde fait de la finance durable, et nous nous en réjouissons ! Toutefois cela appelle au discernement. Nous poussons pour la création de normes ambitieuses et réalistes, et pour que la finance durable puisse continuer à progresser en s’appuyant sur ses deux jambes : sens et performance. Mirova fait partie des pionniers de la finance solidaire, mais aussi de l’investissement social. Nous sommes absolument convaincus que la transition environnementale doit être une transition juste et inclusive, attentive à l’emploi, l’insertion et aux impacts sociaux. Quel est le rôle du financeur solidaire ?

A. M. : Notre rôle est simple, et notre démarche est, je le crois, essentielle. Le financeur solidaire flèche l’investissement et l’accompagnement financier vers les entreprises qui placent l’utilité sociale au cœur de leur modèle, qui font le choix de l’impact d’abord. Notre seul critère est l’engagement, dans toutes ses dimensions. Cela s’applique au développement des territoires, à l’écologie, la création d’emploi, la gouvernance démocratique et la création de lien social.
Plus il y aura d’épargne solidaire et de reconnaissance de la contribution positive des entreprises que nous finançons au progrès, plus nous pourrons, avec d’autres, accompagner ceux qui s’engagent, leur permettre de grandir et de transformer le monde.

Après la COP26, nous pouvons voir une fois de plus que la crise climatique ne saurait être résolue sans la contribution des acteurs financiers. Quelle place la finance peut-elle prendre face aux enjeux puissants de transformations sociales et écologiques ?
P. Z. : Nous sommes chaque année davantage touchés par les conséquences du changement climatique. Si nous ne parvenons pas à faire tendre nos émissions de gaz à effet de serre vers zéro, les conséquences seront de nature à déstabiliser en profondeur nos civilisations. A horizon 2050, nous devons restructurer en profondeur nos modes de production et de consommation, c’est-à-dire la totalité de l’économie. Chez Mirova, nous avons quatre leviers d’action pour accélérer cette transformation : analyser et comprendre les changements en cours ; participer à l’évolution des modes d’investissement ; repenser les outils de mesure ; dialoguer avec l’ensemble de nos parties prenantes.

A. M. : La COP26 nous a rappelé l’urgence à intervenir collectivement sur le sujet climatique. La survie de l’humanité est en jeu et nous ne le savons que trop, les plus fragiles seront les premières victimes. Chacun doit agir à sa place. Si les Etats ont un rôle majeur à jouer, nous ne pouvons nous payer le luxe d’attendre tout d’eux. A ce titre, le secteur financier est face à une responsabilité historique : soutenir au maximum ceux qui s’engagent pour une transition écologique. France Active soutient chaque jour le développement de ces projets, mais nous avons besoin d’un vrai mouvement du monde financier : j’en appelle à tous les acteurs du secteur pour que l’intégration de la dimension écologique, mais aussi sociale, devienne vraiment la nouvelle norme !

Autres actualités


[related_post_fa posts_per_page="15" post_type="post" post_category="actualites"]

Découvrez toutes les actus

Le Pacte de France Active pour la création d’entreprise

Accompagner les entrepreneurs dans leur financement


Parce que nous sommes convaincus que la création d’entreprise n’est pas réservée aux jeunes issus des grandes écoles et à ceux qui ont le soutien de leur proche, France Active a décidé de renforcer son action d’appui et de financement à la création d’entreprise à celles et ceux qui en sont le plus éloignés.


En savoir plus sur le Pacte Création

Aujourd’hui, France Active annonce le renforcement de son Pacte Création auprès des jeunes, et notamment ceux qui sont sans emploi et/ou issus des Quartiers Prioritaires de la Politique de la Ville ou encore des territoires ruraux les plus isolés, dans le cadre de l’appel à projet Inclusion par le travail indépendant porté par le ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion. Un renforcement qui s’adresse aussi à tous ceux qui rencontrent des difficultés dans leur parcours de créateur.
Toutes personnes ayant un projet de création d’entreprise et pour qui un tel projet pourrait être la solution pour concrétiser un projet professionnel peuvent bénéficier :

  • De solutions de financement et des garanties de France Active.
  • D’un Pacte Création enrichi sur 3 axes : pédagogie financière, protection sécurisation, sensibilisation au numérique.
  • D’une prime de 3 000 € pour faciliter le lancement de leur projet (sous réserve des conditions d’éligibilité).

Cet appui renforcé aux créateurs est rendu possible grâce à l’appel à projet inclusion par le travail indépendant du ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion. France Active et ses 35 associations territoriales accompagneront ainsi sur 18 mois 4000 entrepreneurs en phase de création.


https://vimeo.com/646954528

Autres stories


[related_post_fa posts_per_page="15" post_type="post" post_category="stories"]

Découvrez toutes les stories

“Pour relancer l’économie de notre pays, il faut des PROJETS COMMUNS”



Alors que le monde fait face à une crise sans précédent, Claude Alphandéry, président d’honneur, fondateur
de France Active, économiste mais aussi résistant de la première heure, fait le lien entre ces deux périodes
séparées de 80 ans et les stigmates qu’elles ont laissés dans la société. Il revient sur les enjeux qui ont présidé
à la naissance de l’économie sociale et solidaire et les défi s qui l’attendent pour relancer l’économie de notre
pays. Son regard acéré n’a pas pris une ride.

80 ans séparent les combats de la 2ème guerre mondiale de ceux d’aujourd’hui contre le coronavirus et les efforts d’hier pour unifier la
résistance de ceux l’aujourd’hui pour relancer l’économie. Quel lien faites−vous entre ces deux périodes qui n’ont à priori rien en commun ?

Claude Alphandéry : Tout les sépare en effet : la terreur, l’ampleur du sacrifice humain, les privations… Mais ce sont deux périodes où il a fallu faire front ensemble, s’unir pour gagner la guerre.
En 1941-42, la résistance était faible et dispersée. Un an après tout avait changé, les maquis  s’étaient rassemblés au sein d’un seul Comité de la Libération. Parce qu’au-delà de la volonté politique, il y a eu des projets communs. Lorsque les Allemands ont imposé le Service du Travail Obligatoire (STO), beaucoup de Français se sont cachés dans nos maquis. Il a fallu les ravitailler, les protéger, les intégrer. Ce projet commun a contribué à unifier et à renforcer la  résistance.
Aujourd’hui, pour sortir de la crise sanitaire et pour relancer le pays, les projets épatants se multiplient mais n’arrivent pas vraiment à s’unir dans un combat commun. L’autre parallèle entre ces deux périodes ce sont les stigmates qu’elles ont laissés dans la société, notamment parce qu’elles ont bousculé nos repères.

Au−delà des stigmates de la crise, à quels défis devons−nous faire face ?
C.A. : Les dangers de l’époque actuelle sont plus sournois que ceux d’hier.
Ils frappent certains dès aujourd’hui, ceux qui sont au chômage, et d’autres à plus long terme, lorsqu’il y aura des transformations dues à la situation écologique et au transfert des populations. Mais au-delà, ils menacent
véritablement l’avenir de notre société. Le système dans lequel nous vivons s’épuise. Il va de crise en crise, depuis que France Active existe.
Celle du choc pétrolier, celle de 2008, financière, celle que nous traversons aujourd’hui, sanitaire et aussi écologique. Notre société ne sait plus où elle va ni comment elle doit se reconstruire. Allons-nous vers un monde à l’identique ? Un monde qui crée du chômage, des inégalités et une empreinte écologique absolument insupportable ? Pour l’éviter, il faudra cibler nos investissements et les entreprises ou les associations que nous allons soutenir. Et c’est là que France Active a un rôle absolument formidable. Déjà, il y a 32 ans, on se rendait compte qu’il fallait un organisme tel que France Active pour investir et accompagner des projets solidaires émergents. Et c’est encore plus vrai aujourd’hui. Seuls des gens aussi rompus que nous à ce genre de financement et d’accompagnement sont capables de le faire aujourd’hui.

Est−ce pour cette raison que vous avez créé France Active, il y a 32 ans ?
C.A. : À l’époque, le problème majeur était le chômage structurel. Après les 30 glorieuses où l’industrie s’était considérablement développée, en France comme à l’échelle mondiale, la politique néolibérale menée par les  États-Unis et le Royaume-Uni a causé des inégalités entre les grandes et petites entreprises et a complètement déstabilisé l’emploi, y compris en France. On avait beau augmenter notre PNB, le chômage ne reculait pas, sous l’effet conjugué de l’innovation technologique qui augmentait la productivité, de la mondialisation et de la financiarisation de l’économie. De plus en plus de grandes entreprises ont commencé à implanter leurs filiales dans des pays où la main d’œuvre était moins chère. Dans les années 80, on a donc vite compris qu’il fallait faire quelque chose pour prendre en charge ces travailleurs rejetés par l’économie « classique ». Des entreprises d’insertion se sont créées. Et, pour les aider, nous avons créé France Active, avec des ONG, des coopératives et des mutuelles, ainsi que la Caisse des Dépôts. Le but était de donner du travail aux chômeurs, soit en leur permettant de créer leur petite entreprise  indépendante, soit en créant des entreprises dans des secteurs industriels délaissés par les entreprises ordinaires et les startups. Puis sont arrivés de nouveaux secteurs où il y avait des emplois à créer : l’énergie, le recyclage, les équipements moins polluants, le numérique, les services, etc.

Comment avez−vous financé et accompagné ces entreprises ?

C.A. : Nous ne pouvions pas les financer seuls, il nous fallait l’aide des banques. Mais ces dernières hésitaient parce qu’elles ne connaissaient pas ce type d’entreprises dont l’objet n’était pas évident.
De leur côté, les entrepreneurs n’allaient pas non plus volontiers voir les banques. Pour réduire les risques, nous avons donc proposé une garantie aux banques et nous avons accompagné les entreprises. Et de fait, pendant 30 ans, nous avons toujours été très en dessous du plafond de garantie que nous avions accordé. Au départ, nous pensions avoir jusqu’à 25% de pertes. Nous sommes généralement restés en dessous de 20%.
Ce système a très rapidement fait comprendre aux banques qu’il s’agissait de clients sérieux et qu’il ne fallait pas passer à côté de ce marché. Un mouvement était né, auquel se joint les grandes écoles et l’administration qui ont vite considéré l’Économie sociale et solidaire comme une vraie opportunité de développement. En quelques années nous sommes devenus un élément incontournable du paysage économique.
Et la plupart des structures que nous avons accompagnées sont toujours là. Je pense à Idées 21, devenu le Groupe Idées qui compte aujourd’hui plus de 4 000 salariés en insertion dans toute la France ou le groupe Vitamine T qui, avec ses 27 filiales, fait travailler plus de 4 500 personnes éloignées de l’emploi. Ces entreprises inclusives ont progressé avec nous et nous avons progressé avec elles, grâce à une capacité à travailler en commun tout à fait formidable.


Lire Walter #26