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DATE DE PUBLICATION 15/12/2021

Investir en solidaire – Interview croisé Alexis Masse – Philippe Zaouati

Après la crise, la relance s’engage. L’économie solidaire a mis en lumière toute son utilité pour maintenir un système économique stable, durable et inclusif. Pour intensifier son développement et créer des synergies, le rôle de la finance solidaire est primordial. Après une année record de collecte d’épargne solidaire , les perspectives sont larges. Partenaires historiques et pionniers du mouvement, France Active Investissement et Mirova croisent les regards d’Alexis Masse et Phillipe Zaouati sur les enjeux du secteur de la finance solidaire.

Walter - Interview croisé

Mirova et France Active sont partenaires de longue date pour soutenir les entrepreneurs engagés. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
Philippe Zaouati : Mirova et France Active travaillent ensemble pour soutenir le développement de l’Economie sociale et solidaire. Mirova est le premier actionnaire privé de France Active Investissement. Mirova investit la poche solidaire en partenariat avec France Active grâce à la stratégie d’investissement à 90% en actions cotées et à 10% dans l’ESS. Ce partenariat est un élément très différentiant de notre stratégie : il nous assure de rester connectés aux besoins réels de l’économie solidaire et d’identifier les entrepreneurs à impact.

 

Alexis Masse : L’épargne est d’abord un levier d’action citoyen : nous avons besoin de décupler son impact. La collecte d’épargne solidaire a été favorisée ces deux dernières années par la crise en raison de l’aspiration croissante des Français à donner du sens à leur épargne. Partenaire historique de France Active, acteur largement reconnu de la finance solidaire, Mirova constitue un partenaire incontournable et le renforcement de notre coopération permettra de franchir une étape dans le déploiement de la finance solidaire.

Nous voyons beaucoup de débats autour des fonds ISR ou des fonds solidaires. Comment se place Mirova dans ces mouvements ?
P. Z. : Mirova a été créée en 2014 avec l’ambition de démontrer la pertinence d’un nouveau modèle d’investissement, qui réussirait à combiner la recherche de performance et de sens. Nous sommes ce que l’on appelle aujourd’hui « purpose-native », nous sommes nés d’une mission. Ce nouveau modèle financier, celui que l’on appelait alors ISR, aujourd’hui finance durable, finance verte, ou finance à impact. Depuis, le contexte a évolué drastiquement au niveau climatique. En réponse, les entreprises comme les investisseurs placent désormais haut dans leur agenda les enjeux environnementaux et sociaux. Aujourd’hui tout le monde parle de finance durable, tout le monde fait de la finance durable, et nous nous en réjouissons ! Toutefois cela appelle au discernement. Nous poussons pour la création de normes ambitieuses et réalistes, et pour que la finance durable puisse continuer à progresser en s’appuyant sur ses deux jambes : sens et performance. Mirova fait partie des pionniers de la finance solidaire, mais aussi de l’investissement social. Nous sommes absolument convaincus que la transition environnementale doit être une transition juste et inclusive, attentive à l’emploi, l’insertion et aux impacts sociaux.
Quel est le rôle du financeur solidaire ?
A. M. : Notre rôle est simple, et notre démarche est, je le crois, essentielle. Le financeur solidaire flèche l’investissement et l’accompagnement financier vers les entreprises qui placent l’utilité sociale au cœur de leur modèle, qui font le choix de l’impact d’abord. Notre seul critère est l’engagement, dans toutes ses dimensions. Cela s’applique au développement des territoires, à l’écologie, la création d’emploi, la gouvernance démocratique et la création de lien social. Plus il y aura d’épargne solidaire et de reconnaissance de la contribution positive des entreprises que nous finançons au progrès, plus nous pourrons, avec d’autres, accompagner ceux qui s’engagent, leur permettre de grandir et de transformer le monde.

Après la COP26, nous pouvons voir une fois de plus que la crise climatique ne saurait être résolue sans la contribution des acteurs financiers. Quelle place la finance peut-elle prendre face aux enjeux puissants de transformations sociales et écologiques ?
P. Z. : Nous sommes chaque année davantage touchés par les conséquences du changement climatique. Si nous ne parvenons pas à faire tendre nos émissions de gaz à effet de serre vers zéro, les conséquences seront de nature à déstabiliser en profondeur nos civilisations. A horizon 2050, nous devons restructurer en profondeur nos modes de production et de consommation, c’est-à-dire la totalité de l’économie. Chez Mirova, nous avons quatre leviers d’action pour accélérer cette transformation : analyser et comprendre les changements en cours ; participer à l’évolution des modes d’investissement ; repenser les outils de mesure ; dialoguer avec l’ensemble de nos parties prenantes.

 

A. M. : La COP26 nous a rappelé l’urgence à intervenir collectivement sur le sujet climatique. La survie de l’humanité est en jeu et nous ne le savons que trop, les plus fragiles seront les premières victimes. Chacun doit agir à sa place. Si les Etats ont un rôle majeur à jouer, nous ne pouvons nous payer le luxe d’attendre tout d’eux. A ce titre, le secteur financier est face à une responsabilité historique : soutenir au maximum ceux qui s’engagent pour une transition écologique. France Active soutient chaque jour le développement de ces projets, mais nous avons besoin d’un vrai mouvement du monde financier : j’en appelle à tous les acteurs du secteur pour que l’intégration de la dimension écologique, mais aussi sociale, devienne vraiment la nouvelle norme !

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