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Maxime <br>TRAQUELET

Maxime
TRAQUELET

Chargé d’études, Centre de Ressources DLA Financement – France Active

Publiée le 26/08/2025

Hybridation des ressources : une stratégie viable ?

Face au changement de mode de contractualisation avec les pouvoirs publics, les associations se voient contraintes d’adapter leur stratégie financière, telle la diversification de leurs ressources pour renforcer leurs fonds. Cette approche soulève toutefois des interrogations.
Le manque de fonds propres constitue un défi majeur pour les associations, affectant directement leur santé financière et leur capacité à mener à bien leurs missions. Si la première source de renforcement des fonds pérennes et donc de la trésorerie reste l’accumulation de résultats, elle est aujourd’hui freinée par l’évolution du mode de contractualisation avec les pouvoirs publics.

Stratégie ou contrainte ?

Bon nombre d’associations s’appuient sur des modèles mixtes et font appel à des ressources marchandes, hybridant ainsi leur modèle économique. Cette stratégie n’est pas nouvelle, mais elle semble, depuis quelques années, s’imposer aux structures du fait d’un changement dans le mode de contractualisation avec les pouvoirs publics, favorisant les appels d’offres et appels à projets au détriment des subventions de fonctionnement, fragilisant les modèles économiques des petites associations 1. À cela s’ajoute un phénomène de concentration des subventions à l’oeuvre depuis une décennie : 1,3 % des associations concentrent 73 % du budget cumulé total 2. Face à ce changement, les associations adoptent simultanément quatre stratégies, à savoir :
  • le développement du mécénat, des dons et l’augmentation du montant des cotisations ;
  • le développement des recettes d’activité (ventes aux usagers) ;
  • la réponse à des marchés publics – c’est particulièrement le cas des associations de taille importante ;
  • la maîtrise des coûts/stratégie de rétractation.

Une nécessaire réflexion

Il est conseillé de prendre régulièrement de la hauteur sur son modèle : l’autonomisation vis-à-vis des financeurs publics peut contribuer à une meilleure capacité d’innovation ou une ouverture plus forte. Cependant, il convient de prendre quelques précautions.

 

En effet, se lancer dans des stratégies de diversification de manière précipitée, sans mener une réflexion approfondie préalable sur les besoins réels ou en évaluant insuffisamment les implications potentielles de chaque source de financement, peut être très préjudiciable.

Ainsi, dans le cadre des commandes publiques, certaines structures finissent par s’adapter uniquement aux attentes des financeurs, perdant leur identité et leur vision originelle. Ce phénomène conduit à une standardisation progressive de leurs pratiques3, qui risque de vider leur projet associatif de sa substance. Elles se retrouvent alors en situation de concurrence directe avec d’autres organismes, ce qui peut les pousser à adopter des stratégies risquées pour se différencier, comme la baisse des tarifs. L’augmentation du montant des cotisations peut également avoir de lourdes conséquences sur l’association, notamment l’exclusion de ses bénéficiaires historiques, créant une tension insurmontable entre la préservation de sa mission originelle et les moyens nécessaires à sa réalisation.

 

Pour éviter de tels écueils, il convient de poser sa stratégie d’hybridation4 et de passer par une étape de réflexion stratégique et de prise de recul. Le choix des revenus doit obéir à des impératifs de pérennité en dégageant des marges et donc de la trésorerie, mais aussi de cohérence avec le projet associatif.

1. CESE, « Évolution des modèles de financement des associations – Analyse des contributions issues du questionnaire : rapport final », 11 mars 2024, JA 2024, no 698, p. 8, obs. T. Giraud, v. égal. la synthèse sur le site www. franceactive.org ; CESE, « Renforcer le financement des associations : une urgence démocratique », avis adopté le 28 mai 2024, JA 2024, no 701, p. 3, édito T. Guillois ; ibid., p. 6, obs. T. Giraud ; JA 2024, no 702, p. 34, tribune M. Bobel et D. Joseph ; v. égal. dossier « Financement – Avis de tempête ! », JA numéro spécial du 1er nov. 2024 – Retour

2. L. Prouteau, V. Tchernonog, Le Paysage associatif français – Mesures et évolutions, 4e éd., Lefebvre-Dalloz, coll. « Hors-série », 2023 ; v. JA 2023, no 683, p. 15 et s., dossier « Paysage associatif – Les tendances d’une époque » – Retour

3. On parle également de phénomène d’isomorphisme institutionnel. V. L. Lethielleux, « Stratégies d’adaptation des associations face aux isomorphismes : proposition d’une typologie », Management international, vol. 25, no 4, 2021 – Retour

4. Afin de bien penser sa stratégie d’hybridation, France Active a publié, en novembre 2024, son nouveau guide « J’affûte mon modèle économique », qui pose les étapes essentielles à une telle réflexion et les bons réflexes à adopter – Retour

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