Objectif : sauver un milliard d’abeilles

Farid MANIANI

Co-fondateur et président de Tech4Gaia

Dispositif de ruches biovigilantes

Collecter des données de l’activité des colonies d’abeilles est un indicateur puissant de la vitalité de la biodiversité d’un territoire et outil d’aide à la décision pour mieux la préserver.

67400 Illkirch-Graffenstaden
Dispositif de ruches biovigilantes

C’est en rencontrant un apiculteur, Lorenzo Altèse, que Farid Maniani commence à se passionner pour le monde des abeilles. Alors professeur d’économie et gestion en lycée professionnel et président d’un Fablab, il monte avec son ami des actions de sensibilisation en milieu scolaire. Celles-ci ont la particularité de proposer d’intégrer des capteurs dans des ruches pédagogiques en milieu scolaire des écoles pour en évaluer la vitalité.

La création d’un écosystème collaboratif
Avec Lorenzo et Armel, membre du fablab, ils ont alors l’intuition que les données collectées pourraient s’avérer extrêmement intéressantes si elles n’étaient plus regardées au cas par cas, mais au sein d’un maillage territorial beaucoup plus vaste. Pour opérer ce changement d’échelle, ils créent en novembre 2020 Tech4Gaia. « Des ruches connectées, ça existait déjà, explique Farid. Mais elles étaient peu accessibles pour les apiculteurs car trop chères. Et leur intérêt était limité car les informations transmises n’étaient pas partagées et croisées entre elles. »
L’idée de Tech4Gaia est ainsi de fédérer des acteurs du territoire très divers. Les collectivités, tout d’abord, qui ont la charge d’assurer une veille sur la biodiversité. « Il s’agit en effet d’un enjeu public. N’oublions pas que sans pollinisateurs, on aurait des fruits et légumes au prix de la vanille de Madagascar pollinisée à la main – soit 500 euros le kilo ! »
Les entreprises, ensuite, qui peuvent trouver dans la solution Tech4Gaia un soutien à leurs engagements RSE. « D’autant que nous pouvons également les aider à répondre à leurs obligations légales d’étude d’impact avec nos données objectives et en temps réel. »
La recherche enfin, car « étudier les abeilles domestiques nous fournit des informations sur l’état de santé de celles sauvages – qui représentent 95 % de la population –, mais aussi sur celle de tous les autres pollinisateurs (papillons, bourdons, etc.). Cela en fait un indicateur de biodiversité particulièrement précieux. »
C’est donc grâce à l’alliance de ce triptyque d’acteurs – publics, privés, académiques –, que Farid a pu construire un modèle économique viable, qui ne fasse pas peser le coût d’investissement sur les apiculteurs. « Nous leur donnons accès à notre outil gratuitement. Et en retour, ce sont eux qui collectent la donnée pour les autres parties prenantes engagées dans cet écosystème. »

Un modèle qui essaime

Actuellement, après une phase d’expérimentation avec 15 dispositifs, Tech4Gaia est prête à passer à la vitesse supérieure via la production de 500 ruches connectées qui lui permettra de s’étendre dans le Grand Est, sa région d’implantation, mais aussi ailleurs en France (à Bordeaux, dans la région parisienne, en Franche-Comté…) ainsi qu’au Luxembourg. Cette montée en puissance a d’ailleurs été à l’ordre du jour de l’accompagnement Place de l’Émergence dont a bénéficié Farid en 2021. « Notre vocation n’est pas de devenir une licorne qui cherche à lever un milliard de dollars. Nous, notre objectif est de sauver un milliard d’abeilles ! France Active nous a vraiment permis de challenger notre projet tout en gardant cette dimension d’ESS en son cœur. Ils nous ont également aidé à identifier des partenaires – comme la structure adaptée APF Entreprises Alsace qui produit nos dispositifs IoT –, ainsi que des financeurs qui croient dans notre modèle. » Dans ce cadre, Tech4Gaia a été soutenue par MAIF, BNP Paribas et la Banque des Territoires qui ont apporté 10 000 euros chacun. « Notre ambition désormais est de fédérer toujours plus largement autour de notre projet pour agrandir notre communauté de “gardiens de pollinisateurs“ prêts à essaimer avec nous », conclut Farid.

A bénéficié

d’une prime de

30 000€

A été accompagné par

France Active Alsace

Et soutenu par

MAIF
BNP Paribas
Banque des Territoires

En 2021

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Inventer de nouveaux modèles agricoles

Salomé ARNAUD

Créatrice des Jardins de Fontanges

Exploitation maraîchère et avicole

La permaculture est une philosophie de conception globale à contre-courant du modèle agricole traditionnel extensif. Il ne s’agit pas de travailler de 6 h à 22 h, mais de trouver le bon équilibre dans sa production et dans sa vie.

Saint-Cernin (Lot)
Exploitation maraîchère et avicole

Ils n’ont pas encore trente ans, mais Salomé Arnaud et Simon Jonckeau sont déjà bien décidés à faire de l’agriculture autrement. Après diverses expériences, notamment dans les sciences de l’éducation pour elle et dans l’horticulture pour lui, ils se forment à la permaculture en 2017 et s’immergent dans le quotidien de diverses exploitations agricoles.
C’est en s’installant en 2019 dans le village de Saint-Cernin, dans le Lot, que le déclic s’opère définitivement : Salomé décide d’obtenir son BPREA (brevet professionnel responsable d’entreprise agricole) et projette de s’installer sur la commune. Elle crée sa propre structure maraîchère et avicole au printemps 2022, avec l’objectif que Simon en devienne prochainement conjoint collaborateur.

Retrouver les équilibres

« À notre arrivée, le territoire comptait encore peu d’animations. Mais rapidement se sont montées des initiatives auxquelles nous avons participé, comme la création d’un café associatif ou d’animations portées par les habitants », relate Salomé. En 2020, alors que les agriculteurs de la région peinent à vendre leur récole, Salomé organise le premier marché de producteurs locaux sur la place de la commune. Le succès est au rendez-vous et Salomé tisse des liens précieux avec les acteurs publics et les cultivateurs voisins. Cette expérience l’encourage à lancer sa propre activité de poules pondeuses, installées dans un poulailler mobile auto-construit, et de cultures maraîchères, aromatiques et médicinales. Le tout avec en fil directeur, les principes de la permaculture : « C’est en fait une philosophie de conception globale, explique-t-elle, à contre-courant du modèle agricole traditionnel extensif. Nous requestionnons chaque élément du processus (déplacements, logistique, utilisation des ressources…) pour identifier lequel sera le plus adapté pour répondre aux besoins sans surcharger les apports. Il ne s’agit pas de travailler de 6 h à 22 h, mais de trouver le bon équilibre dans sa production et dans sa vie. »

Une dynamique fertile

Dans cette aventure, Salomé et Simon rencontrent deux autres couples partageant les mêmes aspirations. Ils décident de créer ensemble la Société civile immobilière (SCI) Caracol’. Tous ont leur propre spécialité et leur manière d’appréhender les productions, mais chacun garde son autonomie et son indépendance économique. « En revanche, nous mutualisons nos énergies, nos savoir-faire et nos outils, précise Salomé. Par exemple, Charlotte et Clémentine récupèrent mes excédents ou mes légumes “moches” pour leur conserverie zéro déchets. Alors qu’Harold qui s’occupe du jardin-forêt a installé des haies fruitières coupe-vent sur mes terrains et que Juan s’est chargé de la partie forestière. »
Pour lancer son activité et structurer cette association atypique, Salomé et ses comparses ont pu compter sur France Active. « Sans eux, le projet n’aurait certainement pas pu voir le jour, car nous avions très peu d’écoute de la part des banques. J’étais la seule des six à avoir un brevet professionnel agricole, ce qui les freinait. Heureusement, France Active était derrière nous pour créer de la confiance. »
Après ces premières étapes, les trois couples envisagent de concevoir prochainement au niveau de la grange existante un lieu commun à forte dimension sociale et culturelle. Ils ont également récemment participé à un appel à candidatures pour l’aménagement de solutions d’habitat léger et réversible. Autant d’activités qui continueront à impulser de la vie dans leur territoire.

A bénéficié

de plusieurs garanties de

30 000€

d’une prime de

2 000€

A été accompagné par

France Active MPA Occitanie

Et soutenu par

FAPE EDF

En 2022

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De nouveaux bâtisseurs de cathédrale solidaires et engagés

Valéry OSSENT

Président de la Fabrique de Guyenne

Chantier médiéval d’insertion

Nous avons un pied dans le passé avec ce chantier historique, mais nous regardons aussi vers l’avenir en formant des professionnels qui s’inséreront demain sur le marché du travail.

La Lande-de-Fronsac (Gironde)
Chantier médiéval d’insertion

Valéry Ossent connaît bien le monde du BTP. Il a en effet été pendant plusieurs années conducteur de travaux en France et en Afrique. Il y a quatre ans, sa carrière prend un tournant nouveau quand il découvre par hasard les chantiers historiques de l’Hermione, ce navire français de guerre du XVIIIe siècle, et de Guédelon, château fort du XIIIe siècle. « J’ai été très impressionné par ces constructions grandeur nature avec de vrais ouvriers du bâtiment, utilisant un outillage et des matériaux traditionnels. Ouverts au public, ce sont de magnifiques vecteurs pour transmettre ces savoir-faire aux plus jeunes. » Valéry se lance alors le défi de proposer un chantier historique en Gironde, où il habite.

Un pied dans le passé, mais aussi vers les métiers d’aujourd’hui et de demain

Son étude de marché s’avère concluante. « Certaines contraintes sont apparues en fait comme des opportunités », confirme-t-il. Ainsi, sa volonté d’utiliser uniquement des matériaux naturels – tels que le bois ou la pierre –, ou de s’inscrire dans une dynamique d’économie circulaire (avec le réemploi de ressources de la région) font pleinement écho à certains usages en développement dans le secteur actuel du bâtiment.
« De même, alors que le BTP peine à recruter – notamment par manque de transmission des savoir-faire –, notre projet représente une belle occasion de mettre en avant ses métiers et de donner aux jeunes l’envie de se lancer. » C’est pourquoi Valéry décide d’allier démarche historique et chantier d’insertion qui emploiera une dizaine de personnes, dont la moitié des chômeurs de longue durée du territoire.
« La mairie de La Lande de Fronsac a donc accepté de nous suivre et nous a proposé de nous installer. » En parallèle, les acteurs locaux du bâtiment, telle la Fondation BTP PLUS, ont également manifesté leur soutien en donnant accès à leur réseau (professionnels, centres de formation, compagnons…). « C’est l’une de nos particularités : certes, nous avons un pied dans le passé avec ce chantier historique, mais nous regardons aussi vers l’avenir avec cette volonté de former des professionnels qui s’inséreront demain dans le marché du travail. »

Créer un lieu attractif et vivant

Concrètement, ce chantier sera vertigineux : il s’agira de construire une cathédrale gothique de 20 à 30 mètres de haut. « Ce ne sera pas un édifice à vocation religieuse, précise Valéry. Nous avons surtout fait ce choix, car c’est la construction en pierre la plus complexe possible. Cela demandera donc une très grande technicité et la mise en commun de multiples savoir-faire (sculpteurs, tailles de pierre, maçons, vitraillistes…) » Un architecte du patrimoine ainsi que la quinzaine de personnes (professionnels du bâtiment et historiens) ayant rejoint l’association créée par Valéry, la Fabrique de Guyenne, ont planché sur les plans en s’inspirant des constructions de la région.
Pour monter son projet, Valéry a également pu bénéficier de l’accompagnement de France Active – que ce soit via le parcours Cap’AM en Nouvelle-Aquitaine en 2020, puis avec le dispositif Place de l’Émergence en 2021 (programme national), qui lui ont permis de travailler sur la structure juridique, le modèle économique et l’identification des partenaires financiers (notamment la Caisse des Dépôts, FAPE EDF, la Banque de France). De quoi appréhender l’ouverture du chantier à la rentrée 2022 après la finalisation de l’achat du terrain de 3 hectares. « Très vite nous ouvrirons au public, car telle est notre vocation. Nous prévoyons même d’ici deux-trois ans l’installation d’une boutique et d’une offre de restauration pour créer un lieu attractif et vivant, valorisant pleinement ces métiers de la construction. »

La Fabrique de Guyenne a bénéficié de l’accompagnement Place de l’Émergence avec un financement de 10 000 euros.


Site Internet

A bénéficié

d’une prime de

10 000€

A été accompagné par

France Active Nouvelle Aquitaine

Et soutenu par

Banque de France
Caisse des Dépôts
FAPE EDF

En 2021

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Une aventure entrepreneuriale au féminin

Véronique GONZALEZ

Fondatrice des MINETTES EN GOGUETTE

Ligne de vêtements adaptée aux femmes ayant eu un cancer du sein

Entreprendre au féminin, c’est une vraie liberté. C’est un saut dans le vide. Le salariat offre de la protection mais c’est tellement plus grisant et excitant de créer son projet. De pouvoir toucher à tout.


13001 MARSEILLE
Ligne de vêtement

Lancée en août 2020 par Véronique GONZALEZ, la marque LES MINETTES EN GOGUETTE propose une ligne de vêtements adaptée aux femmes ayant eu un cancer du sein.

Ayant été elle-même touchée par le cancer du sein et la France comptant plus de 58 000 cas de cancers du sein en 2018, l’habillement de ces femmes est alors un sujet majeur.

 

 « Après une ablation, on intègre une prothèse, on utilise des soutiens-gorges très compressifs et vraiment pas jolis. Ces vêtements me renvoyaient une mauvaise estime de mon corps… »

MON PARCOURS

Après avoir eu un cancer du sein en 2016 ayant conduit à une ablation, Véronique GONZALEZ reprend rapidement le travail.

 

« Un soir, j’ai eu besoin d’enlever la prothèse et de mettre un tee-shirt ample. Mon enfant a alors vu ma prothèse et c’est à ce moment qu’il a appréhendé que mon corps avait changé et moi aussi. »

 

Vient alors le moment de la recherche pour trouver le moyen de s’habiller en accord avec ce changement. Cette dernière ne fût pas fructueuse, le marché étant très peu couvert.

 

Entrainée dans son élan par des professionnels qui cherchent à orienter leurs patientes vers des lignes de vêtements adaptés, l’envie grandit d’enfin pouvoir répondre à ce besoin que beaucoup de femmes partagent.

 

Provenant du monde de la publicité, du marketing et de l’infographie, Véronique décide d’utiliser son goût du travail manuel pour apprendre à coudre. C’est alors qu’elle crée son premier débardeur.

Après avoir quitté le salon de son domicile pour être hébergée par le Carburateur, notre porteuse de projet lie un partenariat avec l’ATELIER 13 EN MODE pour développer le premier ensemble de lingerie et maillots de bain. Ils sont aujourd’hui produits avec des matières sourcés et certifiées à minima OECOTEK 100.

 

Forte de son expérience professionnelle et personnelle, Véronique n’est pas avare dans le partage de ses connaissances et accueille une alternante en marketing digital. Elle fait également participer la jeune Fask Academy (regroupement des acteurs de la mode en Provence-Alpes-Côte d’Azur) dans la conception de sa prochaine ligne de débardeurs.

FRANCE ACTIVE ET MOI

 

Après avoir travaillé avec la CCI de Marseille et Initiative Marseille Métropole notre entrepreneure a pu bénéficier d’une garantie de prêt bancaire France Active à 80%.

« Cette garantie me permet de financer le lancement de la marque, en sécurisant l’achat des matières premières et des fournitures, avec le contexte actuel qui est assez tendu.

France Active Provence-Alpes-Côte d’Azur m’a permis de sortir de la vision purement comptable de mon plan de financement. J’ai ainsi pu réfléchir autrement »

ÊTRE ENTREPRENEUR C’EST…

« Entreprendre au féminin, c’est une vraie liberté. J’ai 25 ans de salariat, je peux comparer. C’est un saut dans le vide. Le salariat offre de la protection mais c’est tellement plus grisant et excitant de créer son projet. De pouvoir toucher à tout.

Le plus important étant de trouver les bonnes personnes pour nous entourer. Par exemple, je ne serais jamais comptable ! Mais j’ai trouvé celle avec qui je travaille.

 

J’ai été très surprise lorsque l’on me demandait s’il n’y a pas un homme avec moi dans le projet. J’ai trouvé cela étonnant et frustrant qu’on considère qu’en tant que femme, créer une entreprise, (et non pas seulement mon métier) est plus qu’un défi ! Nous sommes en 2022 quand même ! Je suis alors encore plus fière d’y arriver en tant que maman solo. »

UN CONSEIL POUR CELLES ET CEUX QUI VEULENT SE LANCER ?

 

« Parlez-en, sortez de chez vous. Au début, je n’osais pas parler de mon projet. Dès que j’ai commencé à rechercher des informations, à parler, le réseau d’accompagnement se lance dans le mouvement.

Nous pouvons faire des pas de géant en France avec les structures d’accompagnement. N’hésitez pas à « Pitcher » le projet à chaque fois que l’occasion se présente, ça fait avancer la réflexion. Que ce soit dans le cercle personnel ou pas, échanger engendre la mise en relation. Dans le détour d’une conversation il y a parfois des bonnes surprises. »

ET DEMAIN ?

« Petit teasing, je lance ma ligne en avril ! Je continuerai à faire évoluer mon entreprise en cocréant avec d’autres femmes ayant eu le cancer du sein et proposerai les vêtements en prévente afin de répondre au mieux au besoin précis de chacune de mes clientes et ne pas participer à la surconsommation »


Site internet

A bénéficié

d’une garantie d’emprunt bancaire de

24 000€

d’un prêt de

4 000€

A été accompagné par

France Active Provence-Alpes-Côte d’Azur

En 2021

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Un immobilier solidaire pour revitaliser les territoires ruraux

Sylvain DUMAS

Co-gérant et directeur financier de Villages Vivants

Foncière solidaire et rurale

Avec les porteurs de projets qui nous sollicitent, nous créons une aventure commune. Notre modèle est très éloigné d’une relation propriétaire-locataire classique

Crest (Drôme)
Foncière solidaire et rurale

Tout a commencé par la rencontre de trois passionnés d’économie sociale et solidaire et de développement territorial : Valérie Dumesny, qui travaillait à la NEF, Raphaël Boutin-Kuhlman, alors à Terre de Liens, et Sylvain Dumas, expert dans la solidarité internationale et l’entrepreneuriat.

Déjouer les paradigmes

Tous les trois partagent une ambition : apporter une solution à la dévitalisation des territoires ruraux. « Nous voulions répondre à un dysfonctionnement qui est le résultat d’ingrédients multiples : concentration des emplois et services publics dans les grandes villes, montée du e-commerce, croissance exponentielle des mètres carrés des supermarchés… Or, nous avions la conviction qu’avec de la volonté, cette situation n’était pas une fatalité », explique Sylvain Dumas.
Le trio se lance alors dans l’investissement immobilier. Le principe ? Acheter, rénover puis louer des locaux dans des villages pour y installer des activités et ainsi ramener de la vie et des services de proximité. « Ce qui va à contre-courant des acteurs traditionnels du secteur qui privilégient les territoires plus attractifs, les projets plus gros pour optimiser les économies d’échelle et les bâtiments aux contraintes architecturales et urbanistiques plus simples », poursuit Sylvain. « Avec Villages Vivants, nous avons voulu déjouer ce paradigme. »

Des projets coopératifs dans le fond et la forme

Villages Vivants a déjà conduit neuf projets sur 3 000 m2 et pour des activités très diversifiées (librairie, auberge, agence de mobilité, brasserie, espace de bureaux…), créant ainsi 34 nouveaux emplois.
« Dans chaque cas, nous recherchons l’adéquation entre la viabilité économique, la réponse à un besoin du territoire et les forces des porteurs de projet avec lesquels nous nouons un véritable partenariat, dans l’esprit coopératif qui nous anime. Nous les incitons d’ailleurs à devenir sociétaires de Villages Vivants. »
Cet esprit de partenariat se ressent également avec France Active Drôme Ardèche qui a été à leurs côtés dès la création de la SCIC (Société coopérative d’intérêt collectif) Villages Vivants en 2018, puis lors du lancement de la SCA (Société en commandite par actions) Foncière Solidaire Villages Vivants en 2020. « France Active nous a soutenus depuis le début et avec toute la gamme de leurs accompagnements – outils de financement (garanties, prêts, participations au capital), conseil, mise en réseau, etc. Ils font partie intégrante de l’histoire. D’ailleurs, deux collaborateurs France Active ont rejoint nos instances dirigeantes. »
Aujourd’hui, Villages Vivants compte 11 salariés et après s’être étendue dans quatre autres départements, la coopérative est prête à franchir une prochaine étape en ouvrant une antenne à Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme « Avec l’objectif de se concentrer sur le quart Sud-Est pour garder la connexion avec les territoires dans lesquels nous nous implantons. Pour les autres régions, nous proposons une activité de conseil pour les foncières qui souhaiteraient se lancer dans cette même logique de développement rural. » Ce déploiement s’accompagne aussi de la volonté de consolider encore plus la dimension démocratique et participative de la structure. « Le collectif est dans notre ADN et reste notre fil directeur », conclut Sylvain.

Crédit photo : ©JuanRobert


Site internet

A bénéficié

de plusieurs investissements solidaires de

600 000€

A été accompagné par

France Active

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Le traiteur solidaire de produits bio et locaux réalisés par des personnes handicapées !

Olivier TRAN

Fondateur Biscornu

Entreprise adaptée

Le traiteur solidaire de produits bio et locaux réalisés par des personnes handicapées ! 50% de la production des fruits et légumes part à la poubelle ! Un épouvantable gaspillage que Biscornu a décidé d’éliminer…


Colombes, 92025
Entreprise adaptée

Témoignage – Olivier Tran

Présentez nous Biscornu

“Biscornu est une entreprise adaptée qui emploie des personnes en situation de handicap (autisme, trisomie, mal entendant…).

Ils réalisent des recettes de haut niveau, des recettes de chefs étoilés tout en participant à un modèle plus vertueux et qui ne dégrade pas l’environnement.

50% de la production des fruits et légumes part à la poubelle ! Un épouvantable gaspillage que Biscornu a décidé d’éliminer en ne sélectionnant que des fruits et légumes déclassés, aujourd’hui jetés. Tous les produits que l’on utilise sont de saisons, bio et sans conservateurs/nitrites/sulfites. Absolument rien n’est ajouté pour être le plus respectueux de notre santé.

Notre but en créant ce concept novateur est de faire du handicap une excellence en leur donnant de la visibilité.

Comment vous est venue l’idée de créer Biscornu ?

Biscornu c’est avant tout une histoire personnelle. Mon fils est porteur d’autisme sévère, on s’est vite confronté à des difficultés lorsqu’on cherchait des solutions de prise en charge. J’ai donc décidé de quitter ma carrière confortable pour trouver un chemin d’espoir pour ces enfants presques délaissés.

Ce que j’ai retrouvé dans la gastronomie c’est qu’elle permet un message universel. Nos enfants ont du talent et peuvent avoir un rôle à jouer dans ce domaine.”

Comment le Fonds Amorçage vous a aidé dans le développement de votre structure ? A-t-il été bénéfique pour vous ?

“J’ai connu le Fonds Amorçage par bouche à oreille, plusieurs connaissances m’ont parlé de France Active. L’accompagnement de France Active est idéal car cela nous a donné les moyens de lancer le projet en partant de zéro.

Le fonds Amorçage nous a permis de mettre un pied à l’étrier. Cet accompagnement est sérieux, les personnes qui y travaillent font une analyse juste et judicieuse avec l’envie de changer les choses. Aujourd’hui, un membre de France Active participe à nos comités de pilotage.

On a pu développer les premières recettes et d’engager les premières dépenses. Par la suite, on a recruté un chef qui a développé les premières recettes et commencer les premières réalisations de recettes en février.

Grâce à tout cela, nous avons pu rapidement nous positionner sur des appels d’offres de grandes entreprises, développer notre activité de traiteur dans des cocktails événementiels…

Aujourd’hui, vous pouvez retrouver les produits Biscornu aussi dans nos 7 points de vente en Île-de-France ou grâce à notre activité de traiteur pour vos événements.


Site internet

A bénéficié

d’un FRIS de

125 000 €

d’une garantie impact de

82 250 €

d’une prime UrgencESS de

8 000 €

A été accompagné par

France Active Ile de France et France Active Métropole

En 2020, 2021

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Les Hauts de Belleville – Laïcité, justice sociale, solidarité, ouverture au monde, droit à la culture.

Les Hauts de Belleville

Marnia Bouhafs, directrice Les Hauts de Belleville

Équilibre social

On parle souvent du travail, mais je pense que c’est le logement qui est la base pour faire de l’insertion.


Belleville – Paris
Équilibre social

Parcours de Marnia Bouhafs :


Marnia Bouhafs a une grande expérience dans l’encadrement de jeunes de tous horizons et dans l’animation de quartiers. Des domaines où elle peut exprimer son sens inné du relationnel et son empathie naturelle. Elle a dirigé plusieurs MJC, après avoir été éducatrice dans un collège, directrice de centre de loisirs et de colonies.

 

Marnia Bouhafs prend son poste de co-directrice de la MJC Les Hauts de Belleville en 2018 avec des idées précises en tête pour faire évoluer la structure. Elle s’appuie alors en 2019 sur l’expertise de Paris Initiative Entreprise (PIE) qui porte le DLA à Paris pour légitimer son projet, et sur les recommandations de Valérie Pilla, consultante RH missionnée par le DLA, pour réorganiser le temps de travail des salariés de l’association.

En quoi la MJC et la FJT facilitent l’insertion des jeunes qu’elles hébergent ? 

 

Depuis que je fais de l’insertion par le logement ici, je vois qu’une fois que le jeune
est bien chez lui, il peut commencer à travailler sur une structuration professionnelle.

Comme on est aussi une MJC, les jeunes qui vivent ici sont associés au quartier. J’ai envie
qu’on les considère comme les autres habitants, pas comme des jeunes en insertion qu’on aide. Bien sûr, on fait de l’accompagnement social, c’est notre métier, mais de façon à ce que le jeune ne s’en rende pas compte. On fait du sur-mesure.

 

On leur apprend à avoir confiance en eux. Il faut qu’ils
puissent se dire « j’ai 18 ans, j’ai un logement, je suis libre de mes choix ». Pour faire ça, il me faut plus que trois mois, ça prend du temps de les responsabiliser. »

En quoi le Dispositif Local d’Accompagnement vous a été utile ? 

J’aime travailler en coopération. Coline Lefebvre, la chargée de mission DLA qui a suivi le dossier chez PIE, puis Valérie Pilla, la consultante RH missionnée par le DLA m’ont mis d’avoir un regard extérieur sur le projet de restructuration.

Quelqu’un qui te dit : « attend là tu te plantes, regardes ce qui existe, est-ce que ça colle avec ce que tu veux ? », c’est une aide. Coline Lefebvre est venue faire une présentation devant le Conseil d’Administration.

Ils n’avaient pas forcément confiance à 100% en moi lorsque je suis arrivée et j’avais besoin de soutien, de quelqu’un de légitime pour porter mon projet.

 

Le DLA permet d’être accompagné par des personnes en contact avec l’ESS et ses problématiques. Le fait que ce soit PIE qui gère le DLA, ça a aussi été important pour moi !

A bénéficié

d’un accompagnement

DLA

d’une

consultante experte

A été accompagné par

Paris Initiative Entreprise (PIE)

En 2020

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Une librairie féministe qui donne la parole aux femmes

Rosa TARIVERDOSA

Fondatrice de la Librairie à Soi.e

Librairie féministe

Proposer 99 % de livres écrits par des autrices. C’est un parti pris fort qui nous permet d’apporter une offre différente des autres librairies et de donner un regard nouveau sur les féminismes.

Lyon (Rhône)
Librairie féministe

J’aime à dire que je suis une féministe post-Me Too. Ma conscience féministe s’est en effet réveillée en 2016-2017. Depuis, je n’ai cessé de lire, me documenter, écouter des podcasts sur ce sujet. J’ai également commencé à militer pour le collectif Nous Toutes. C’est donc assez naturellement que j’ai voulu lier cet engagement à ma vie professionnelle“, confie Rosa Tariverdova.

Priorité aux autrices

Ce souhait est devenu réalité en 2021 quand Rosa quitte sa carrière dans le secteur du tourisme d’affaires international, très durement touché par la crise sanitaire. Elle se lance alors dans la reprise de la libraire Musicalame, située dans le Ier arrondissement de Lyon, pour créer la Librairie à Soi.e. Le concept ? Retrouver les rayons classiques d’une librairie indépendante – littérature, sciences humaines, bande-dessinée, jeunesse… – mais avec une mise en avant très forte des autrices. ” 99 % de nos ouvrages sont s’écrits par des femmes ou des personnes queers. C’est un vrai parti pris qui offre une alternative à ce qu’offrent les autres librairies. En effet, face au volume très impressionnant de livres publiés par an, les libraires sont forcément obligés de faire de choix – tout simplement par manque de place. Et souvent cela s’opère au détriment des autrices. Ici, nous voulons leur donner une pleine visibilité “, commente Rosa.
Le rayon le plus important et le plus mis en évidence est celui consacré aux essais sur les féminismes : ” Le pluriel est important, car il montre toute la diversité de cette pensée. Nous avons ainsi des livres sur l’histoire des féminismes, l’écoféminisme, le féminisme des personnes racisées, les questions de genre, les masculinités, etc. C’est très large.”
Ce pari s’avère gagnant, car, depuis son ouverture en octobre 2021, la librairie commence à conquérir son public : des femmes bien sûr, mais également des hommes qui viennent de plus en plus nombreux. Les étudiants en master de genre de Lyon 2 font également partie des fidèles : ” Ils nous appellent leur temple ! “, ironise Rosa.

Un accompagnement aligné sur les engagements

Pour se lancer comme libraire, Rosa a suivi en 2021 une formation à l’école INFL de Lyon. Sa collègue Mélanie a, quant à elle, quinze ans d’expérience en librairie. ” C’est un soutien très solide “, confirme Rosa.
Quant aux subventions pour renforcer son projet entrepreneurial, Rosa se confronte tout d’abord à des refus de la part des organismes nationaux de référence (CNL, Drac…). ” Ils considéraient que ma proposition représentait une concurrence pour les autres librairies de Lyon. ” Mais les voyants se mettent au vert quand elle rencontre France Active Rhône (Rhône Développement Initiative). ” Là, je me suis tout de suite sentie soutenue. En plus des prêts et des garanties accordés, ma conseillère Estelle Rabiller m’a donné beaucoup d’informations et d’astuces pour devenir cheffe d’entreprise. ”
Pour le reste de son accompagnement, Rosa a fait le choix de n’être entourée que de femmes : comptable, avocate, banquière. ” En effet, je ne voulais pas me heurter à une quelconque forme de sexisme. Bien sûr, j’étais prête à ce qu’on questionne le fond du projet entrepreneurial, mais pas à polémiquer sur ses partis pris féministes ou sur ses engagements.
Après quelques mois d’ouverture, Rosa bouillonne encore d’idées pour sa librairie : aménager sa mezzanine de 20 m2 en espace de coworking, embaucher une salariée supplémentaire d’ici septembre, mais aussi étoffer le rayon jeunesse. ” C’est un point qui nous tient à cœur – pour continuer à transmettre et à proposer, même pour les plus jeunes, des livres qu’ils ne trouveraient pas forcément ailleurs. ”


Site internet

A bénéficié

d’une garantie de

49 800€

de prêts solidaires de

12 000€

A été accompagné par

France Active à Lyon (RDI)

En 2021

C’est ici ?

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Aider les femmes à redevenir cheffes de leur vie

Marie-Louise FAYE

Fondatrice et directrice de l’association Kër

Restaurant/traiteur et comptoir éthique

Nous valorisons leur savoir-faire en cuisine de ces femmes souvent sous-exploité et réservé à la sphère familiale pour les amener dans un parcours professionnel et leur permettre de réaliser leurs rêves.

Dijon (Bourgogne)
Restaurant/traiteur et comptoir éthique

Non, ce n’est pas breton, mais bien wolof : Kër se dit « cœur » et signifie « la maison » : « Car pour moi les femmes sont le cœur de la maison. Chez elles, ce sont de vraies cheffes d’entreprise. Elles y gèrent tout ! », explique Marie-Louise Faye, fondatrice de Kër qui a vu le jour en décembre 2020. L’association a été conventionnée structure d’insertion par l’activité économique, porteuse d’un atelier et chantier d’insertion qui emploie des femmes issues des migrations pour leur créer un tremplin.

Un parcours entre persévérance et ténacité

Ingénieure agroalimentaire, Marie-Louise commence son parcours en tant que salariée de chantiers d’insertion. Elle y a notamment la charge de mettre en place des bonnes pratiques (formations, HACCP, process de production, etc.). Elle suit en parallèle des cours du soir pour obtenir son diplôme d’accompagnement socioprofessionnel de publics en situation de difficulté et de précarité. Elle devient même chargée de mission sur le volet emploi et formation de la Fédération des acteurs de la solidarité en région Bourgogne-Franche Comté. « J’ai finalement travaillé sur toutes les phases en lien avec l’insertion par l’activité économique », résume-t-elle. Durant ce parcours, l’envie d’entreprendre et d’assumer pleinement son autonomie ne la quitte jamais. Elle se lance d’ailleurs dans deux projets de création d’entreprise qui n’aboutissent pas, faute de financements : « J’ai voulu me lancer dès la sortie de l’école, et je n’étais pas prête. Pour que ça se concrétise, j’ai eu besoin de me construire, de gagner en expérience et en réseau. Surtout, ça m’a appris la persévérance et à ne pas baisser les bras ! »

Redonner de l’autonomie aux femmes migrantes

En 2020, Marie-Louise sent donc que c’est le bon moment pour se lancer. Et même si elle attend son premier enfant au même moment, jamais sa motivation ne faiblit. Car la création de Kër est avant tout une histoire d’autonomie : celle de Marie-Louise bien sûr, mais aussi celle de ces femmes migrantes qu’elle emploie en contrats d’insertion. « Le déclic s’est fait quand j’ai rencontré à Paris l’association Food de rue. Je me suis alors dit que je devais transposer le concept à Dijon. J’avais mon projet d’entreprise et il m’est apparu évident qu’il ne fallait pas que je sois la seule à en bénéficier et qu’il fallait que je l’ouvre à d’autres femmes. Je viens du Sénégal et je connais la difficulté de pouvoir vivre sa vie en tant que femme, d’être discriminée en fonction de ses origines… »
Pour monter son projet, Marie-Louise est accompagnée par l’incubateur T, co-piloté par France Active Bourgogne. Elle mène ainsi une phase d’expérimentation de neuf mois. Dans ce cadre, elle bénéficie également d’un Fonds de confiance (devenu Place de l’Émergence). « Ces étapes ont été très structurantes. Elles ont permis de démontrer la pertinence du projet et, dès juillet 2021, j’ai obtenu l’agrément chantier d’insertion. En septembre, je recrutais les premières employées. » Elles sont désormais dix, toutes habitantes de l’agglomération Dijonnaise. Venant d’Algérie, du Maroc, de Mongolie, du Sri Lanka, d’Inde, d’Éthiopie ou du Congo, chacune propose à la carte des plats issus de leur pays d’origine. « Pour certaines, il s’agit de leur première expérience de travail. C’est très stimulant de les voir chaque jour gagner en confiance, prendre plaisir à sortir de chez elles, de leur isolement, de commencer à construire un parcours professionnel pour le futur. Il y a également une magnifique dynamique d’entraide et de solidarité qui se crée. »
Et alors que l’association est actuellement accueillie par le Centre d’hébergement et de réinsertion sociale ADEFO, Marie-Louise se lance un nouveau défi : trouver un local, voire l’acheter. « Nous pourrions ainsi rassembler nos bureaux, nos espaces de formation, nos lieux de production, mais aussi proposer des postes de travail et de formation plus confortables et accueillir des clients en vente directe. » De quoi continuer à donner la pleine mesure de ce projet.


Page Facebook

A bénéficié

d’une prime de

20 000€

A été accompagné par

France Active Bourgogne

En 2018

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