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La Place de l’émergence a un an


France Active lançait l’année dernière son programme 100% innovation sociale, la Place de l’émergence, avec comme partenaires Banque des Territoires, FAPE EDF, Fondation Carrefour, Klesia, Malakoff Humanis, MAIF, Fondation MACIF, BNP Paribas et Banque de France.

Elle réunit chaque mois entrepreneurs engagés, partenaires du programme, financeurs et mentors pour des séances de pitchs et sélection de projets en démarrage qui ont un fort impact sur la société.

Chaque rendez-vous est l’occasion de présenter 6 projets, et 5 entrepreneurs sont primés en moyenne.

Depuis le démarrage du programme, 54 projets ont été accompagnés, pour un montant total de primes de plus d’un million d’euros.

Celles-ci se dirigent vers des projets aux engagements multiples et variés : cohésion territoriale et économie de proximité, lutte contre l’exclusion, action sanitaire et sociale, accès au logement, emploi et formation, soutien aux personnes en situation de fragilité, économie circulaire, alimentation durable et filière bio…

Le 29 octobre prochain sera l’occasion de fêter le 1er anniversaire du programme, avec la présence de la secrétaire d’État à l’Économie sociale, solidaire et responsable, Olivia Grégoire et le témoignage de 4 entrepreneurs accompagnés en émergence durant l’année.

L’événement sera retransmis en direct pour permettre à tout le monde de le suivre dans le contexte sanitaire actuel.

Découvrez les pitchs des entrepreneurs


https://vimeo.com/471011410

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Découvrir l’action de France Active dans les territoires

 

Les rapports annuels de nos associations territoriales sont disponibles en ligne.

Apprenez-en plus sur les entrepreneurs soutenus par France Active localement, à travers les rapports d’activités 2019 de nos associations territoriales.
Vous y retrouverez des portraits toujours plus solidaires, les chiffres majeurs de 2019, etc.

Auvergne – Rhône-Alpes



France Active Auvergne


France Active Loire


France Active Savoie Mont Blanc


France Active à Lyon (RDI)

Bretagne

Centre Val-de-Loire

Grand Est



France Active Bretagne


France Active Centre Val-de-Loire


France Active Alsace


France Active Lorraine

Hauts-de-France

Ile-de-France



France Active Nord


France Active Picardie


France Active Seine-et-Marne Essonne

Nouvelle Aquitaine

Occitanie

PACA



France Active Aquitaine


France Active Limousin


France Active MPA – Occitanie


France Active Provence Alpes Côte d’Azur

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Les roseaux de l’insertion

Vincent PARET

Gérant d’Oasure

Écologie et insertion

Concilier écologie et insertion ? Oasure prouve que c’est possible en employant plusieurs personnes en insertion sur des chantiers innovants : épurer les eaux grâce aux rhizomes du roseau.

Saint-Just-Saint-Rambert 42170
Écologie et insertion

L’épuration naturelle en innovant
Le roseau plie, ne rompt pas, et épure. Vincent Paret s’en rend compte en 2004, au sein de sa structure de maraîchage bio Oasis, à Saint Just Saint Rambert dans la Loire.
« On a commencé à s’intéresser à la question de la phyto-épuration, on en parlait entre nous. On a décidé d’expérimenter une activité complémentaire au panier de légumes bio: la pépinière de roseau. Il se trouve qu’on était en même en contact avec le CEMAGREF /INRA, devenu IRSTEA, qui souhaitait développer la filière pour répondre aux nouvelles normes de rejet des eaux usées. On a constaté qu’il y avait un gros retard en France, notamment dans les milieux ruraux, donc on s’est positionnés. On a développé notre propre pépinière, au services des communes de la ruralité». Le concept prend. La démarche répond à un besoin non couvert, innove et souffre de peu de concurrence et la demande double chaque année pendant quatre ans. Vincent Paret sépare alors son activité de maraîchage et de culture de roseaux pour créer OASURE en 2008, dédié entièrement à la phyto-épuration. La structure est une entreprise d’insertion, sous statut SARL, qui emploie aujourd’hui 11 salariés.
Coupe Mégafascines
Le roseau pousse

Oasure allie social et écologie en devenant à la fois un Atelier Chantier d’Insertion et une Entreprise d’Insertion. Affiliée au réseau d’insertion Jardins de Cocagne, la structure diversifie ses activités sur la production et vente directe de plants, le lombri-compostage des roseaux, l’entretien des stations d’épuration, la renaturation de berges de rivières, d’espaces verts… France Active intervient dans cette phase de développement avec une garantie de 70 % sur un prêt bancaire de 35 000 euros, deux prêts solidaires de 25 000 euros et 15 000 euros. En 2019, pour financer ses investissements en matériel (camions, bassins), la structure sollicite à nouveau France Active Loire pour garantir un nouveau prêt. « On a modernisé la partie technique, ce qui a demandé des investissements réguliers. A chaque fois, on a pu collaborer avec France Active, ce qui nous a permis d’avancer auprès des banques, mais aussi sur l’accompagnement à notre stratégie de développement ».

Faire face à la crise : le prêt Relève Solidaire

Si le secteur de l’épuration écologique n’a pas été durement touché par la crise, les partenaires et clients de la structure l’ont été. Diverses commandes ont été décalées pendant la crise sanitaire, mettant en tension la trésorerie d’Oasure. Vincent Paret se tourne alors vers France Active Loire et bénéficie d’un Prêt Relève Solidaire pour faire face à ses difficultés. « On avait le plus grand chantier de notre histoire, sur un bassin de loisirs de 4km de pourtour, soit 100 000 roseaux. Le COVID a décalé nos travaux. Cela a déstructuré notre trésorerie, notre stock… on avait un risque financier, que nous a permis d’atténuer le Prêt Relève Solidaire. On peut repartir sereinement ». Le prêt de 30 000 euros est échelonné sur 36 mois et Oasure appelle une autre entreprise d’insertion en renfort sur le chantier : la relance par la coopération solidaire dans les territoires.


Site internet

A bénéficié


Avec

un prêt Relève solidaire de

30 000€

plusieurs garanties d’un total de

95 250€

plusieurs investissements d’un total de

80 000€

A été accompagné par

France Active Loire

Depuis 2008

C’est ici ?

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Labelliser la durabilité

Elsa LOMONT et Florent PREGUESUELO

Confondateurs d’Ethikis

Label Durabilité

Face au gaspillage et à la durée de vie trop faible des produits industriels, deux toulousains ont décidé de créer un label « longue durée », le label Longtime®.


Toulouse 31000
Label Durabilité

https://vimeo.com/529253368

Eclairer le consommateur

Le concept d’Ethikis a germé dans un rayon de supermarché. Tout part du constat que le consommateur manque d’informations au moment d’acheter des produits manufacturés sur leur durabilité et leur réparabilité. « On sait comment consommer plus responsable sur le bio par exemple, qui est un label très opérant. C’est n’est pas le cas sur les objets du quotidien et les objets industriels. On s’est dit qu’on allait créer le label rouge de l’électroménager ». L’idée est alors de faire valoir la durabilité des produits, face au gaspillage des achats de court-terme. « On ne part pas du principe que l’obsolescence soit programmée, mais plutôt organisée : le fabriquant ne considère pas toujours l’après-panne, l’allongement de la durée de vie du produit ». Les créateurs veulent miser sur la consommation citoyenne : « Aujourd’hui le bio est tellement plébiscité que les producteurs sont encouragés à passer à ce mode production, et ça a un effet vertueux sur toute la filière. On veut créer ce même engouement avec le label Longtime® pour les produits industriels ; telle est notre ambition ».

Etendre le modèle du bio au grand commerce

Ethikis est créée en tant qu’association en 2017, avant de développer son label Longtime® en tant qu’entreprise et de se transformer en SCOP en 2019. Le fonctionnement ? « On réutilise le modèle économique des labels privés : le fabricant va payer des redevances après avoir passé des contrôles indépendants et impartiaux. Le prix est fixé de manière à ce qu’il ne soit pas un frein à l’engagement dans la démarche ». Ethikis est propriétaire du label Longtime®, et fait également du conseil aux entreprises. Durant sa création, l’entreprise voit un de ses prêts bancaires garanti par France Active Occitanie, mais profite également d’un accompagnement quotidien des équipes sur le projet. « Les rendez-vous avec les chargés de missions de France Active sont toujours constructifs : ils cherchent à tester le projet, sa viabilité, nous aide à parfaire la communication, le business plan. C’est grâce à France Active Occitanie que l’on s’est posé la question du développement à moyen et long terme, cela nous a aidé à voir grand, à pousser notre ambition ».

S’engager sur le long terme

L’impact de l’entreprise est clair sur nos modes de consommation, et l’entreprise s’engage également sur sa gouvernance. « Dès le départ on a eu la volonté de faire une entreprise sociale. Le modèle SCOP collait aux valeurs de l’entreprise, sur l’utilisation des richesses, sur la gouvernance démocratique, ce qui a fini par nous donner l’agrément Esus ». Ethikis souhaite maintenant capitaliser sur la pertinence de son modèle pour se développer en France, en Europe, et plus. « On sent qu’on est dans le vrai, on en a le témoignage chaque jour. C’est un outil qui est attendu par les consommateurs mais également par les fabricants, on est très contents d’avoir mené à bout ce travail. Il faut maintenant essaimer en Europe, que notre solution soit présente directement sur les lieux de vente, qu’on mobilise des fabricants ». Une économie durable passera forcément par des objets du quotidien durables !


Site internet

A bénéficié des



Avec

une prime de

8 000€

plusieurs garanties d’un total de

31 250€

plusieurs investissements d’un total de

130 000€

A été accompagné par

France Active MPA Occitanie

En 2019
En 2020

C’est ici ?

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Faire du covoiturage le nouveau transport en commun

Thomas MATAGNE

Créateur d’Ecov

Covoiturage

Innover avec l’action publique et
dans le cadre de l’ESS, c’est se permettre d’imaginer des choses différentes. On ne se limite pas à la recherche de résultats de court terme.

Ile-de-France
Covoiturage

Après quelques années dans de grandes administrations publiques, une question taraude Thomas Matagne : à quelle condition est-il vraiment possible de faire de la transition écologique une réalité ? « Pour moi, c’était une évidence qu’il fallait proposer une autre voie que celle choisie par des acteurs privés en quête de rentabilité rapide. »
C’est ainsi qu’il fonde en 2014 la SAS Ecov, avec un objectif : faire du covoiturage un transport collectif comme les autres. Il prend alors le contre-pied des autres solutions déjà bien installées en faisant le choix de la proximité. « Notre cible n’est pas les grands trajets ponctuels, mais ceux du quotidien, c’est-à-dire inférieurs à 80 km. Il s’agit de la grande majorité des déplacements et des kilomètres parcourus. C’est pourquoi nous nous focalisons sur les zones peu denses et/ou périurbaines. » C’est sur ce périmètre qu’Ecov parvient à façonner un nouveau modèle de mobilité qui fait peu à peu ses preuves. Avec des résultats à la clé : créée avec deux collaborateurs en 2014, l’entreprise en compte désormais 37, tandis qu’elle a déjà ouvert 25 lignes de covoiturage et accompagne une cinquantaine de collectivités en France.

L’ambition d’Ecov peut se résumer ainsi : proposer un service de qualité inscrit au coeur des dynamiques locales. « C’est pourquoi chacune de nos lignes de covoiturage est pensée en fonction de la particularité du territoire qu’il s’agisse d’un parc naturel régional, d’une pénétrante de métropole, d’une départementale, etc. », explique Thomas Matagne, avant de compléter : « Nous ne sommes pas une plateforme, mais des fournisseurs de service de mobilité complets, comprenant des études pour les collectivités, du mobilier urbain, de la gestion de projet, de la communication, du management, de la relation utilisateur… »

Et pour ce faire, Ecov fait le pari de l’innovation. Que celle-ci passe par les nouvelles technologies et la data pour permettre de mieux comprendre les flux de véhicules ; qu’elle soit de l’ordre du psycho-social et du socio-économique pour faire en sorte que toujours plus de conducteurs et de passagers participent ; qu’elle soit organisationnelle ou comportementale pour rendre ce service accessible à tous, même aux petits budgets et aux personnes sans smartphone… « C’est notre manière de proposer un vrai service public. »
Le modèle d’Ecov a pu se démarquer : « Nous ne sommes pas partout. Mais là où nous sommes, nous avons de très bons taux en termes d’image et d’usage. D’ailleurs, sur certains services, près de 80% des passagers sont d’anciens conducteurs qui ont lâché leur voiture. » Pour Thomas Matagne, « preuve est faite qu’il est possible d’innover avec de l’action publique et que c’est ainsi qu’on peut transformer les comportements. »

Cette conviction a su convaincre des partenaires tels que France Active qui a accompagné le projet dès son lancement, puis en 2017 lors d’une levée de fonds. « Leur relais financier a bien sûr été très précieux. Mais leur suivi a été plus global : en partageant les mêmes valeurs et en nous apportant leur regard sur d’autres entreprises, ils nous permettent de prendre de meilleures décisions et de bénéficier d’un réseau. » ajoute-t-il.
Sur cette base, Thomas et son équipe se tournent désormais vers de nouveaux défis. « À court terme, nous voulons étendre nos services à plus de territoires. À plus long terme, notre ambition est de changer d’échelle. Cela ne pourra se faire sans de nouvelles alliances financières et industrielles, ni sans une maturité collective sur le sujet. Dans les deux cas, nous savons que nous pouvons compter sur France Active pour nous accompagner. »

Site internet

A bénéficié


Avec

plusieurs garanties d’un total de

45 000€

un prêt solidaire de

50 000€

un investissement solidaire de

200 000€

A été accompagné par

France Active à Paris (PIE)

Et soutenu par

Mirova

En 2016
En 2017

Interview de Thomas Matagne


https://vimeo.com/395427163

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Inclusion et entrepreneuriat : même combat

Mathieu POUPON

Créateur de GreenBuro

Tri et collecte sur mesure

« Donner les moyens à tous de s’en sortir grâce à de bonnes conditions de travail, cela un impact direct sur la compétitivité. Ce n’est pas une charge mais un investissement. »


31000 – Toulouse
Tri et collecte sur mesure

En 2007, quand Mathieu Poupon crée Green Buro à Toulouse, sa motivation est claire : « Après dix ans dans une régie de quartier, j’étais persuadé qu’on pouvait faire de l’insertion d’une autre manière. » Cette approche différente passe tout d’abord par la création d’une SCOP, porteuse d’une nouvelle forme de gouvernance, plus participative, jusque-là peu utilisée dans les entreprises d’insertion

Reste à trouver le support d’activité : « Nous avions deux contraintes. La première étant d’assurer la rentabilité. L’autre : sortir des cadres traditionnels de l’insertion, pour proposer de nouvelles voies d’emploi pour les publics en difficulté. » C’est ainsi que Mathieu Poupon se lance dans la collecte et le recyclage de déchets de bureau. Aujourd’hui, Green Buro, qui compte 26 salariés, est en capacité de répondre à des demandes sur l’ensemble de la région Occitanie. Une réussite qui ne saurait faire oublier sa vocation première : « Notre objectif est bien sûr de nous développer économiquement. C’est la base pour créer des emplois locaux. Mais pas à n’importe quel prix. Grâce à notre statut de SCOP, nous recherchons toujours avec tous les associés le juste équilibre entre résultats financiers et qualité des conditions de travail. ».

Privilégier le qualitatif au quantitatif, tel est le leitmotiv de Green Buro. Avec une particularité : sur les 26 collaborateurs, 13 sont en CDI et 13 sont en CDD d’insertion. « Ce ratio nous permet de construire un vrai accompagnement individualisé. C’est aussi grâce au temps passé auprès de chacun que nous permettons à d’anciens salariés de devenir ensuite encadrants, puis associés », explique Mathieu. Sur cette base, depuis 2008, 80 personnes se sont réinsérées professionnellement grâce à Green Buro, et plus de 55 sont parties avec un emploi durable. Autre ingrédient clé : donner concrètement les moyens de s’en sortir. « Cela passe notamment par un salaire minimal de 1600 euros nets sur 13 mois et une participation. Car sinon comment trouver un logement, sortir de logiques de désendettement, passer le permis, etc. ? » Pour Mathieu, c’est d’ailleurs là que réside la plus belle réussite de Green Buro : l’entreprise allie engagements sociaux forts et solide santé économique. « Nous avons des équipes motivées, qui travaillent sérieusement. Ce qui a un impact direct sur notre compétitivité. Offrir de bonnes conditions de travail, ce n’est pas une charge mais un investissement. ».

Green Buro a toujours pu compter sur le soutien de France Active. « Dès le départ, ils nous ont accompagnés avec un prêt et une garantie bancaire. Cela a ensuite créé un effet domino avec d’autres partenaires financiers. Et comme je n’avais aucune expérience entrepreneuriale, ils m’ont donné confiance et m’ont fait monter en compétences. Un peu sur le modèle de l’insertion !  », se rappelle Mathieu. C’est pourquoi, quand il a fallu acquérir deux camions en 2011 ou acheter un local l’année dernière, son premier réflexe a été de faire appel à France Active Occitanie. « Non pas pour demander un nouveau prêt mais pour leurs conseils. D’autant que leur capacité à créer un réseau local est une vraie richesse. »

Aujourd’hui, une page se tourne : à la prochaine assemblée générale, Mathieu passera la main. « Je ne suis pas inquiet car Green Buro, c’est avant tout une équipe. C’est ça aussi la beauté d’une SCOP. Il reste encore plein de défis à relever : nous féminiser davantage, consolider notre modèle, créer de petites antennes régionales pour créer de nouveaux emplois locaux… Notre collectif est prêt à les relever. Et aussi à en imaginer de nouveaux !  » 

Le 26 mai 2020, Mathieu a été remplacé par :

Claire Maurus – Pôle RH et insertion – Co-gérante

Louis Latapie – Pôle exploitation et commerce – Co-gérant


Site internet

A bénéficié des


Avec

une prime de

19 000€

plusieurs garanties d’un total de

17 000€

de plusieurs investissements de

140 000€

Ont été accompagné par

France Active Occitanie

Et soutenu par

France Active Investissement

En 2018

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Territoires, numériques, citoyens : demain ensemble dans la relance ?


Qu’apprenons-nous de la crise sanitaire ? 

Quelles sont les conditions d’une relance qui ne creuse pas davantage les inégalités ? 

Des questions qui réinterrogent en profondeur le rôle des territoires et des technologies numériques pour faire jaillir des solutions nouvelles au service de tous. Le président de France Active Pierre-René Lemas et l’économiste Daniel Cohen débattent.

https://vimeo.com/440931514

Walter – Interview croisé

Quels sont selon vous les principaux enseignements de cette crise ?
Daniel Cohen : Cette crise est d’abord unique par son ampleur. Il faut revenir aux années 30 pour trouver une intensité comparable et le choc est bien plus considérable que celle de 2008. Et tandis qu’elle nous force à repenser nos manières de travailler et de fonctionner, nous constatons qu’elle a engendré beaucoup d’inégalités. L’une des plus criantes étant celle du télétravail où 60 % des diplômés de l’enseignement supérieur peuvent travailler à distance, contre 3 % seulement des ouvriers.

Pierre-René Lemas : Trois aspects me marquent particulierement. Tout d’abord, l’inquiétude des entreprises sur leur avenir, et ce, malgré les
réponses apportées par les pouvoirs publics, les régions, etc., en termes de financements. Ensuite, nous assistons à des expressions de solidarité très fortes. Mais comment faire pour que toutes ces initiatives locales ne restent pas provisoires ? Enfin, beaucoup de premières réponses – indépendamment des plans nationaux – sont apparues au niveau local, au sein des petites ou moyennes villes, des agglomérations, des regroupements où se retrouvent à la fois des entreprises de l’ESS, des associations, etc. Il me semble que nous avons ici des éléments de réponse pour la sortie de crise – mais à la condition que ces initiatives soient accompagnées, au risque de n’être qu’éphémères.

 

Cette période fait exploser les usages du numériques pour travailler, communiquer, se divertir, vivre ensemble… 

En quoi est-ce signifiant pour l’après ?
D. C. : Au début de la crise, le manque de masques, de médicaments, de tests a mis en lumière les limites de la mondialisation qui s’est accélérée depuis les années 90. Je verrais désormais un passage de relais entre un capitalisme mondialisé et un capitalisme numérique qui s’exprime, par exemple, par le télétravail ou la télémédecine. Ce n’est pas nouveau, mais cette crise dévoile le projet de ce qu’on peut appeler
cette “économie du confinement”, où l’on essaie de dématérialiser tout ce qui peut l’être. C’est une porte ouverte aussi bien vers le meilleur que vers le pire. Le meilleur, si ça donne plus d’autonomie et de respiration entre les différentes strates de la vie (professionnelles, personnelles, etc.). Ou encore quand l’outil numérique vient en soutien de cet élan de solidarité sur les territoires. Le pire, quand il s’agit
de déshumaniser les relations.

Cette crise apporte un éclairage nouveau sur le rôle des territoires. Quelles opportunités y voyez-vous ?
P-R. L. : Tous les acteurs de la vie économique et sociale parlent désormais de “décentralisation”, de “solidaire”, de “coopératif”… mais attention à ne pas vider ces mots de leur substance. La question est de savoir comment leur redonner du sens. La réponse n’est pas simple, mais je donnerai un exemple. Avec le confinement, chacun redécouvre son chez soi, son logement. Mais qu’est-ce qu’un logement adapté à
2020 et même à 2030 ? Et a fortiori dans les quartiers populaires, où les habitations pensées dans les années 60 s’avèrent désormais trop petites, mal aérées… Et par extension : qu’est-ce que le quartier ? le village ? la cité ? Avec cette crise, ces éléments de la vie quotidienne sont de vraies opportunités de changement.
Ce sera forcément un mécanisme de longue haleine, ça ne se transformera pas en une loi de finance. Pour ne pas rater cette occasion, il appartient aux décideurs nationaux et territoriaux de les prendre en main en s’appuyant sur les forces vives des territoires
– les associations, les groupements de communes, les assemblées consulaires, les chambres d’agriculture, les syndicats…

Quelles perspectives entrevoyez-vous pour la relance ?
P-R. L. : Je pense que l’addition d’initiatives locales – même petites – dans le domaine de l’ESS peut contribuer à une réponse globale de sortie de crise. Soyons ainsi très attentifs aux besoins très concrets des entrepreneurs engagés. Quand nous les rencontrons, ils nous disent pour la plupart qu’ils parviennent à éteindre les flammes et à régler leurs problèmes de trésorerie grâce aux aides. Mais pour vraiment redémarrer, il leur faut du capital et des fonds propres pour consolider leur assise – et ainsi sortir de la réponse à l’urgence pour construire un rebond à plus long terme.

 

D. C. : La crise n’est pas finie. Il semble donc prématuré de parler de relance. Il faut d’abord tirer toutes les leçons de cette période et sur la manière dont il est possible de recréer de l’intelligence sociale pour repenser la vie sociale. Il y a donc tout un champ à inventer – avec pour fil rouge le lien humain. C’est un formidable appel à l’imagination, pour proposer des solutions nouvelles, qui pourront s’appuyer sur le
numérique mais pas comme une fin en soi, et repenser l’organisation de l’État, des collectivités locales, des rapports de voisinage. Une
relance par l’État ne sera pas une réponse à la question. Ce sera une relance par les acteurs au plus près des problèmes. Charge ensuite à l’action publique de les aider à avoir les moyens

 

Toujours plus de proximité

Elise BUFFET et Clément PONS

Créateurs du Fournil des Comètes

Boulangerie

Nous avons fait le choix à la fois des circuits courts et d’une organisation ouverte et coopérative. Cette double dynamique crée un véritable cercle vertueux.

26160 – Le Poët-Laval
Boulangerie

Tout a commencé par une rencontre : celle d’Élise Buffet et Clément Pons.
Après une première vie professionnelle « dans les bureaux » comme ils
disent, chacun décide de se reconvertir dans la boulangerie. C’est lors de leur CAP que leurs routes se croisent et qu’ils comprennent que leurs nouvelles envies peuvent s’accorder.
À la faveur d’une opportunité, tout s’enclenche vraiment. Un local se libère au Poët-Laval, petit village de 900 habitants dans la Drôme. Le coup de coeur immédiat se transforme en aventure humaine et entrepreneuriale.
« On a été culottés de se
lancer dans un endroit dont ni l’un ni l’autre n’était originaire. Mais nous avions des attentes précises en tête : imaginer une nouvelle manière de travailler et surtout Valoriser notre nouveau territoire, en mettant un point d’honneur à privilégier les circuits courts.
» Deux ans après, ces deux axes sont toujours au coeur du Fournil des Comètes. La boulangerie, qui a désormais deux collaborateurs supplémentaires, a réussi à trouver sa clientèle tout en Contribuant à un nouveau pôle d’attractivité pour le village.

Le Fournil des Comètes a deux marqueurs forts. Le premier est la qualité.
« Tous nos pains sont bio et au levain », explique Élise. Le second est le local : « Notre matériel a été acheté d’occasion et à proximité.
Notre fournisseur principal de blé est à 6 km, les autres à 30 km. Cela nous permet d’avoir une vraie traçabilité de nos produits.
» Car Élise et Clément ont à coeur d’impulser de nouvelles synergies avec les
acteurs de leur territoire.

Que ce soit en fournissant une AMAP et des festivals locaux, par exemple, ou en exposant dans la boutique des céramistes du coin auxquels ils commandent également les fèves de leurs galettes. L’été dernier, ils ont aussi
été à l’initiative d’un petit marché de producteurs qui a remporté un franc succès. « Les gens en profitent pour prendre l’apéro et grignoter. Nous créons ainsi avec la brasserie voisine La Vieille Mule, grand partenaire de notre aventure, de vrais moments de convivialité. »Résultat : la greffe a pris. « Nous avons été très bien accueillis par les
habitants, les élus locaux, les associations. Nous avons trouvé notre place.
» Et cette dynamique positive, ils veulent aussi en faire profiter les
autres. Tous leurs invendus sont ainsi congelés et donnés aux Restos du
Coeur ou à des collectifs d’accueil de migrants.La réussite du Fournil des Comètes provient également
de leur organisation en SCOP*. « Cela nous apporte du collectif, de l’horizontalité, un partage de décisions et de responsabilités. Nous ne voulions être ni patrons, ni salariés, et surtout mettre le travail à sa juste place. »

Pour y parvenir, Élise et Clément ont fait le choix d’être accompagnés de près par l’URSCOP** et le GRAP***.
Avec France Active Auvergne-Rhône-Alpes, ils ont
trouvé un partenaire local pour un prêt, un accompagnement pour obtenir une subvention du Fonds Agir pour l’emploi d’EDF ainsi qu’une garantie bancaire. De quoi donner confiance à d’autres financeurs et se lancer sereinement. « Tout cet accompagnement nous a
permis de ne pas ressentir trop de difficultés quand
nous avons démarré – même si c’était un métier que
l’on découvrait
. »

Aujourd’hui, le Fournil des Comètes reste fidèle à son
intention de départ résumée ainsi par ses deux fondateurs
: « Du pain, mais pas que… ». « Le pain, on le maîtrise bien maintenant. Pour le “pas que…”, nous avons encore plein de nouvelles envies pour faire plaisir. Mais toujours en respectant notre équilibre local et humain », conclut Élise.


Site internet

Ont bénéficié du

Avec

une prime de

2 000€

une garantie de

26 000€

d’un investissement de

10 000€

Ont été accompagné par

France Active Auvergne – Rhône-Alpes

Et soutenu par

FAPE EDF

En 2018

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COVID-19 – De l’urgence à la relance – Interview de Fanny Gerome, directrice générale adjointe de France Active



Faire face à l’urgence et préparer la reprise, c’est le mot d’ordre que France Active s’est donné pour accompagner les entrepreneurs en cette période de crise économique. Les explications par Fanny Gerome, directrice générale adjointe de
France Active, sur les solutions développées ces deux derniers mois.

Comment les entreprises accompagnées par France Active
font-elles face à la crise économique liée au Covid 19 ?

Après deux mois de confinement, il est encore difficile d’avoir un
regard très précis sur la santé économique des 60 000 entreprises que nous avons en portefeuille. Cela étant, la campagne de suivi que nous
avons initiée dès le mois d’avril dernier nous donne de grandes tendances. Les entreprises les plus fragiles souffrent le plus, celles qui
n’avaient pas de fonds propres, dont les difficultés préexistaient. Les
plus solides encaissent le choc. Elles sont en train
de gérer au mieux.
Nous travaillons avec nombre d’entrepreneurs sur
des scénarios de reprise d’activité, même si
toutes les conditions ne sont pas encore toutes
requises. Pour le tourisme social par exemple, un
retour à la normal est aujourd’hui difficile à
envisager. Comme pour d’autres secteurs, le
point de fragilité porte sur la forte immobilisation
qu’ils ont besoin de solliciter pour faire tourner
leur activité.
Nous agissons aussi de concert avec les banques
et tentons d’orienter notre soutien vers les
entreprises les plus fragiles, notamment les plus
petites, pour lesquelles la question de
l’endettement se pose fortement.

Comment France Active s’est-elle mobilisée pour soutenir les entrepreneurs en portefeuille ?
L’esprit dans lequel nous avons mis en place nos mesures se fondent sur notre capacité à agir au regard des moyens
dont nous disposons. Comme d’autres acteurs de la finance, nous avons répondu à l’urgence. Nous avons fait un choix de reports
d’échéances assez larges. Très rapidement, nous avons décidé de mettre en place des solutions permettant d’apporter un soutien pour
la reprise d’activité des entrepreneurs les plus engagés sur l’impact social, l’emploi et l’écologie. À présent, nous travaillons sur des perspectives plus larges d’accompagnement qui vont s’appuyer sur notre campagne de suivi et sur l’analyse de nos données. Nous gardons en ligne de mire notre projet associatif qui nous amène à
agir pour les entrepreneurs les plus fragiles. Nous souhaitons nous associer à d’autres acteurs de l’entrepreneuriat et de la finance pour que chaque entrepreneur puisse bénéficier d’une communauté engagée dans sa réussite. C’est le sens du Pacte Relance que nous
avons renforcé en avril dernier.

Que propose désormais le Pacte Relance aux entreprises les plus engagées ?
Notre volonté est d’intervenir en pleine
complémentarité avec les mesures portées par
l’État, Bpifrance, la Banque des Territoires et les
Régions. L’effort collectif est ici immense et c’est
de notre responsabilité
d’agir à leurs côtés dès
lors que la finalité
sociale de l’entreprise
entre en résonnance
avec nos priorités
d’intervention.
Autrement dit, notre action se concentre sur
les entrepreneurs les plus éloignés du financement
bancaire comme auprès des entrepreneurs qui
placent l’utilité sociale au coeur de leur modèle. Le
Pacte Relance s’adresse donc aux entrepreneurs solidaires qui rencontrent des difficultés pour relancer leur activité. Nous l’avons renforcé avec le Prêt Relève Solidaire, un prêt sans intérêt qui peut s’élever jusqu’à 100 K€ sur une durée de 12 à 18 mois. Doté aujourd’hui de 30 millions d’euros, le prêt pourra concerner dans les
prochains mois au moins 500 entreprises. Nous avons bénéficié ici de l’appui majeur de la Banque des Territoires et de partenaires privilégiés : le Haut-Commissariat à l’Économie sociale et solidaire et
à l’Innovation sociale, Régions de France, la Fondation de France,
Mirova (Groupe BPCE), MAIF, le groupe Macif et sa Fondation,
Malakoff Humanis, AG2R La Mondiale, ainsi que BNP Paribas.

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