Un écosystème pour valoriser les produits agricoles locaux

Solène ESPITALIÉ
Fondatrice des Jardins de Solène
Valorisation des produits agricoles locaux
On est entouré de personnes qui nous poussent à aller plus loin.
Au moment où nous voulions viabiliser et pérenniser le modèle économique, resté fragile puisque dépendant des subventions, nous avons fait appel à France Active PACA. Je les remercie encore parce qu’ils nous connaissent depuis l’origine du projet et grâce à cet accompagnement, on a pu faire une étude vraiment globale.
![]()

Pernes-les-Fontaines (Vaucluse)
Valorisation des produits agricoles locaux
C’est au Kenya, l’année de ses 20 ans, que le projet de Solène Espitalié prend sa source, lors d’un stage dans le développement agricole. « J’ai eu la chance de travailler avec des agriculteurs et des agricultrices kenyans et j’ai vraiment été très impressionnée par leur capacité de débrouillardise et leur solidarité », nous confie-t-elle. De là, a commencé à germer le projet des Jardins de Solène.
Loin du sud de la France, la genèse des Jardins de Solène
Dès son enfance, la jeune femme a été entourée de personne en situation de handicap, sa mère était éducatrice spécialisée. Quelques années après, à son arrivée dans le Vaucluse, elle a travaillé pour un syndicat agricole. Elle y a croisé la route de Pierre Hoerter, fondateur du projet alsacien : « la main verte ». Les problématiques qu’il rencontre sont similaires aux siennes. D’un côté les agriculteurs ont besoin de trouver du personnel motivé et prêt à s’engager de façon durable, de l’autre des personnes en situation de handicap qui sont discriminées face à l’emploi et à la formation avec des difficultés d’y accéder. Elle décide donc de créer Les Jardins de Solène, une association qui recycle des fruits et légumes ne rentrant pas dans les standards des grandes enseignes parce qu’ils sont trop petits ou trop gros, les reconditionne et les revend pour la restauration collective des hôpitaux et des écoles. Une aventure qui a débuté à Pernes-Les-Fontaines il y a près de 15 ans. « On essaie d’être le plus sur-mesure possible pour nos partenaires et nos clients. Pour vous donner un ordre d’idée, en 2022, on a pu valoriser plus de 75 000 kilos, donc 75 tonnes. Ce n’est clairement pas beaucoup par rapport à ce qu’il y a sur notre territoire mais l’idée, est vraiment de le développer. En termes d’équivalent repas, on va dire que ça a permis de fournir plus 660 000 repas. A l’année ! »
La coopération : la clé du succès
« On n’est pas tout seul, il y a aucun porteur de projet qui peut créer quelque chose seul. On est entouré de personnes qui nous poussent à aller plus loin.
Au moment où nous voulions viabiliser et pérenniser le modèle économique, resté fragile puisque dépendant des subventions, nous avons fait appel à France Active Provence Alpes Côte d’Azur. Je les remercie encore parce qu’ils nous connaissent depuis l’origine du projet et grâce à cet accompagnement, on a pu faire une étude vraiment globale. »
En termes de volume, « on parle de tonnes de gaspillage par semaine sur quelques exploitations agricoles autour de nos locaux. » Sur le territoire du Vaucluse, Solène Espitalié se lance un défi, valoriser des produits frais, de saisons et locaux à destination de la restauration collective. Pour conclure, Solène nous confie : « j’adore cette citation, je crois que c’est ma préférée : ‘il ne savait pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait !’ C’est tellement, totalement vrai pour moi, pour tout porteur de projet comme pour mes collaborateurs. Un grand bravo à eux ! »
A bénéficié des
![]()
Avec
plusieurs investissements d’un total de
265 000€
plusieurs garanties d’un total de
76 500€
d’une prime de
8 000€
A été accompagné par
France Active Provence Alpes Côte d’Azur
Depuis 2009
Ecouter tous les épisodes du podcast
Impacts solidaires
C’est ici ?
Autres stories
![]()
[bloc_ajax params="{count:7,ess:0}"]
Toutes les stories
Permettre à l’ESS de changer d’échelle. La réponses de Timothée Duverger
Timothée Duverger – ingénieur de recherche à Sciences Po Bordeaux et chargé de mission ESS et développement durable – était le Grand témoin de la soirée France Active autour du lancement des Actifs Solidaires*, le 28 septembre dernier à Paris.
Retour sur son intervention autour du changement d’échelle du secteur de l’Économie sociale et solidaire.
« Le développement de l’ESS, c’est d’abord un développement territorial qui a besoin de leviers financiers. France Active grâce à son ancrage territorial, accompagne et finance ces innovations sociales au plus proche du terrain. » tel était le discours de Timothée Duverger – ingénieur de recherche à Sciences Po Bordeaux et chargé de mission ESS et développement durable – à l’occasion de notre soirée autour du lancement des Actifs Solidaires, le 28 septembre dernier à Paris.
Les Actifs Solidaires sont une nouvelle démarche, initiée par France Active, pour inciter les associations et les entreprises de l’ESS à franchir des seuils. Il s’agit d’une sensibilisation à l’investissement solidaire mais aussi d’une offre financière renouvelée à l’attention des entrepreneurs engagés et avec le soutien des partenaires de France Active. Le mouvement des entrepreneurs engagés a lancé cette démarche devant un parterre d’entrepreneurs et de partenaires prêts à relever le défi. https://vimeo.com/888987511?share=copy
Comment inventer une économie plus résiliente ? Et en quoi l’ESS peut inspirer les autres acteurs ?
« Face aux crises actuelles multiples, l’économie a besoin de se transformer. Il faut inventer une économie qui soit plus résiliente. Et l’Etat ne peut pas tout. Il a besoin de s’appuyer sur d’autres forces comme les entreprises, notamment à travers la RSE ou la finance, à travers la finance durable. Il y a des recompositions de l’action publique qui amène à des transformations de l’économie elle-même. Dès lors, cela vient légitimer l’action de l’Economie sociale et solidaire présente depuis très longtemps, puisqu’elle a, a minima, deux siècles d’histoire. Elle bénéficie aujourd’hui d’une sorte d’effet de mode. Elle est au cœur des grandes transformations qui sont à l’œuvre en ce moment : cet autre monde dont on a besoin mais qui existe déjà. L’ESS a fait l’objet d’un fort cycle de reconnaissance avec notamment la loi Hamon qui fête l’an prochain ses 10 ans en France. Désormais, il y a eu une vingtaine de lois à l’international. Il y a maintenant un plan d’actions au niveau de la Commission Européenne, l’ONU a adopté une résolution en faveur de l’ESS, l’OCDE une recommandation.
Il faut maintenant passer de la reconnaissance au développement et c’est là que France Active a un rôle à jouer en tant que financeur de l’utilité sociale.
D’ailleurs, la démarche de France Active touche très juste en matière d’impact, de changement d’échelle et de coopération avec une multitude de projets à soutenir.
La loi Hamon a bientôt 10 ans, vers quelles évolutions faut-il tendre ?
« Les travaux autour de l’évaluation de la loi Hamon font débat, notamment sur le fait de modifier l’article 1 qui définit l’ESS. Alors même qu’au niveau européen comme international, la définition française s’est imposée. L’enjeu n’est pas de modifier l’article 1 mais de renforcer l’article 2 sur l’utilité sociale pour y intégrer un volet beaucoup plus fort autour de la transition écologique et d’y adosser des financements nouveaux. Notamment des financements qui relèvent du capital patient car face à la transition écologique nous sommes sur une nouvelle équation. La gouvernance actionnariale, qui exige des rendements très élevés et de courts termes, n’est pas adaptée à cet enjeu. Nous avons donc besoin d’autres modèles de gouvernances qui se rapprochent des modèles de l’Economie sociale et solidaire et d’un capital qui s’y adapte, capable de financer l’innovation sociale et écologique. »
Quel rôle peuvent jouer les coopérations territoriales dans le développement de l’ESS ?
« Le développement de l’ESS est d’abord un développement territorial. Le développement financier est au niveau national voir européen mais l’action et le développement lui-même se situe au cœur des territoires. D’ailleurs, France Active est organisée de manière décentralisée pour cette raison : aller au plus proche du terrain pour repérer toutes ces innovations sociales et capter les signaux faibles de cette société citoyenne qui expérimente au quotidien. L’enjeu ici est autour de la responsabilité territoriale des entreprises. L’ESS doit, en se développant, avoir un effet levier pour embarquer l’ensemble de l’économie. France Active, dans ce contexte, peut être un maillon efficace pour jouer cet effet levier. A travers les logiques de coopérations territoriales, on peut manager la transition écologique. Et c’est particulièrement ce que propose le scénario 2 de l’ADEME autour des coopérations territoriales. C’est le scénario le plus efficace du point de vue de la transition écologique et le plus juste du point de vue des effets redistributifs. C’est le scénario de l’Economie sociale et solidaire.
*Cette démarche vise à favoriser l’acculturation à l’investissement pour les associations et les entrepreneurs de l’ESS afin de les inciter à renforcer leur utilité sociale et écologique tout en s’assurant d’un financement solide et pérenne.
En savoir plus sur les Actifs Solidaires
Autres actualités
![]()
[related_post_fa posts_per_page="15" post_type="post" post_category="actualites"]
Découvrez toutes les actus
Un réseau de friperie solidaire dans le pays de Montbéliard

Sabah MAHIDINNE
Directrice de Frip’Vie
Réseau de friperies – Atelier chantier d’insertion
Nous avons 4 boutiques dans le pays de Montbéliard. On propose la vente de vêtements, d’accessoires, des bijoux, mais aussi des tote-bags et des jouets.
![]()

Pays de Montbéliard (25)
Réseau de friperies – Atelier chantier d’insertion
Frip’vie est une association qui porte un chantier d’insertion depuis 1997. Pleinement engagée dans la transition écologique, elle n’a eu de cesse de se développer. Elle a mené plusieurs investissements qui la conduisent aujourd’hui à accompagner chaque année sur le Pays de Montbéliard (Bourgogne Franche-Comté) près de 150 personnes en retour vers l’emploi. Le point avec Sabah Mahiddine, directrice de l’association.
Quel est le rôle de l’association Frip’Vie ?
Frip’Vie est un atelier chantier d’insertion par l’activité économique, fortement implanté sur le Pays de Montbéliard. Nous sommes sur un territoire qui a connu de fortes restructurations industrielles et dont certains habitants rencontrent de fortes difficultés dans l’accès à l’emploi. L’association a été créée pour répondre à ces populations en leur proposant des parcours de professionnalisation avec des encadrants techniques autour de différents supports d’activité : la collecte de vêtements (674 tonnes par an), le tri, la valorisation et la commercialisation de textile de seconde main. Nous employons chaque année près de 150 personnes en contrat de 26 heures par semaine avec 15 salariés permanents pour les accompagner.
Comment l’association a-t-elle évolué depuis sa création ?
Le conseil d’administration de l’association est fortement mobilisé dans le développement de notre projet. Tous les cinq ans, nous travaillons sur la stratégie de la structure en nous interrogeant sur ce que nous voulons faire collectivement. Pour notre dernier plan stratégique, nous avons réfléchi à ce pourrait être l’avenir du textile dans les dix prochaines années en redessinant nos orientations pour aller beaucoup plus loin dans la revalorisation du textile. Nous nous sommes posé la question sur la capacité de nos locaux à porter notre développement, ce qui nous a amenés à déménager en 2017 en passant d’un local de 780 m2 à 2300 m2. Nous avons choisi de nous diversifier avec une activité de réparation et de création en couture. Nous avons investi sur une machine de coupe numérique et sur une brodeuse industrielle ce qui nous a permis d’apporter de nouvelles compétences à nos salariés. Nous avons aussi saisi des opportunités sur notre bassin d’emploi.
Comment avez-vous travaillé à votre plan de développement ?
Pour chaque phase de développement, nous avons associé nos différents partenaires à travers des conférences de financeurs. Autour de la table : l’Etat, la Région, l’Ademe parfois, France Active Franche-Comté, la Caisse d’Epargne et aussi des Fondations. L’apport de France Active a été essentiel pour nous aider à construire une vision globale à 5 ans et à 10 ans. Leur expertise plus technique nous a été utile pour faire les bons choix financiers. Cela nous aussi permis de déposer un dossier à la Fondation Agir pour l’Emploi d’EDF. Autrement dit, nous avons réussi à construire un écosystème autour de notre projet qui s’élargit année après année.
Et pour parler chiffre, notre dernier plan d’investissement s’élève à 400 000 euros pour développer nos savoir-faire sur les métiers du cuir en pleine coopération avec une école spécialisée de Montbéliard.
Votre conseil à ceux qui veulent investir ?
J’invite chacun à développer des coopérations en interne et en externe, quel que soit les interlocuteurs. C’est ce qui favorise les opportunités. Et pour un dirigeant, il faut savoir s’entourer pour ne pas être seul. C’est le moyen de répartir la charge, de partager ses réflexions et de grandir de ses échecs.
Rendez-vous sur le site
de Frip’Vie
A bénéficié du
![]()
Avec
des garanties d’un total de
91 000€
un investissement de
70 000€
une prime de
30 000€
A été accompagné par
France Active Franche Comté
Depuis 2008
C’est ici ?
Autres stories
![]()
[bloc_ajax params="{count:7,ess:0}"]
Toutes les stories
Décembre Engagé 2023
Et si les fêtes de fin d’année étaient plus sociales & solidaires ?
C’est possible grâce aux entrepreneurs engagés accompagnés par France Active partout en France. Avec l’opération “Décembre Engagé” nous mettons en valeurs ces initiatives à fort impact social & écologique. Et nous vous proposons d’utiliser votre pouvoir de consommateur en faisant le choix de ces alternatives plus inclusives et plus durables.
Ensemble, cultivons l’engagement et célébrons pendant le mois de décembre& les acteurs qui transforment notre société.
Découvrez les projets mis en a valeur par les associations du mouvement France Active grâce au #DécembreEngagé sur les réseaux sociaux.
![]()
Frip’Vie : trouvez des cadeaux engagés dans les réseaux de
boutiques solidaires dans le pays de Montbéliard
Partez à la rencontre de Frip’Vie , les friperies solidaires du pays de Montbéliard.
Leur engagement ? Faciliter l’insertion des personnes éloignées de l’emploi grâce à la collecte et la revente de vêtements et d’accessoires.
Chaque acquisition chez Frip’Vie est bien plus qu’un simple achat de vêtement ou accessoire de seconde main : c’est une contribution directe à l’émancipation des personnes vulnérables.
La Toupie offre une seconde vie aux jouets à Chambéry.
En France, les jouets sont utilisés en moyenne que 8 mois, alors que leur durée de vie est d’environ 15 ans.
La Toupie propose des jeux, jouets et livres d’occasion pour les petits et grands tout en soutenant l’insertion professionnelle des personnes éloignées de l’emploi dans leur atelier savoyard.
Des vêtements et accessoires upcyclés à partir de chutes de jeans
L’industrie textile est l’une des plus polluantes au monde. Il est possible de limiter cet impact. Et c’est notamment le cas des produits que propose la marque Aprè. Les accessoires et vêtements sont réalisés à partir de chute de tissus récupérées auprès de l’Atelier Tuffery, basé lui aussi en Lozère. Cela permet de réduire les déchets textiles de la marque et de proposer, pour Aprè, des matières de grande qualité produites localement.
Découvrez APRÉ en vidéo
Des livres, CD & DVD engagés dans le Berry
Découvrez le témoignage de Marie & Stéphanie du Livre à 2 mains, une association de collecte et revente de livres, CD & DVD. Un projet associatif aux multiples engagements : l’insertion & la création d’emploi, l’accès à la culture pour tous & la remise sur le marché de biens culturels.
Vous ne pouvez pas vous rendre dans la boutique Graçay ? Pas de panique, vous pouvez retrouver l’e-shop de l’association sur Rakuten ou leboncoin.
Découvrez le livre à 2 mains en vidéo
Autres actualités
![]()
[related_post_fa posts_per_page="15" post_type="post" post_category="actualites"]
Découvrez toutes les actus
Une solution pour éviter la surconsommation des équipements informatiques

Adrien MONTAGUT
Cofondateur de Commown
Location d’équipements informatiques
Au début de l’aventure, France Active et La Nef (une banque éthique) nous ont soutenus à hauteur de 60 000 €, alors qu’on était une association. Ce financement nous a permis de lancer la première commande. Ils y ont cru avec nous, c’était un pari !
![]()

Strasbourg (Alsace)
Location d’équipements informatiques
Et si vous n’achetiez plus de smartphone, de tablette ou encore d’ordinateur ? Et si la solution était de les louer ? C’est la conviction sur laquelle mise l’équipe de Commown pour éviter la surconsommation des équipements informatiques et électroniques. Cette entreprise, créée par 4 fondateurs, a adopté un mode gouvernance coopératif (plus précisément en Scic, c’est-à-dire en Société coopérative d’intérêt collectif) : leur engagement est global.
C’est à la suite d’une projection du documentaire « Demain » de Cyril Dion et Mélanie Laurent que la vie d’Adrien prend un virage à 180 degrés. Ce chimiste dans le domaine des cosmétiques termine alors son post doctorat à Orléans. Sa sœur l’encourage à aller voir le film et il en ressort transformé avec l’envie de faire changer les choses. Il lance alors un festival consacré à la semaine de la transition sur le campus d’Orléans et l’année suivante, il oublie sa future carrière de chimiste et, sous l’impulsion de son ami d’enfance Elie Assémat, rejoint une petite association avec trois amis. Son nom : Commown.
« Il s’agit d’un fournisseur militant d’appareils électroniques qui lutte contre l’obsolescence programmée par une proposition de service. On va proposer aux clients de souscrire un abonnement qui va leur permettre d’obtenir un smartphone, un ordinateur ou un casque audio avec du service : la prise en charge des pannes des cas et l’assistance à l’usage. L’objectif ? faire durer le plus longtemps possible l’appareil. » nous précise Adrien Montagut, l’un des co-fondateurs de l’association.
Pendant les deux premières années l’association se développe et c’est en 2018 qu’elle se transforme en Société coopérative d’intérêt collectif (Scic). Ce statut permet de rassembler autour d’une même structure, un ensemble de partenaires dans une perspective d’intérêt collectif. Cette ouverture-là permet plusieurs avantages. Le premier est la transparence et l’accès à l’information. N’importe qui peut avoir accès au bilan comptable rapport d’activité. Le statut prône une gouvernance démocratique : une personne égale une voix. Donc, indépendamment de l’apport investit dans la coopérative, chacun possède un vote. Les parts ne peuvent pas être vendues par les sociétaires à l’extérieur de la coopérative. C’est uniquement la coopérative qui peut racheter les parts.
« Au début de l’aventure, France Active et La Nef (une banque éthique) nous ont soutenus à hauteur de 60 000 €, alors qu’on était une association. Ce financement nous a permis de lancer la première commande. Ils y ont cru avec nous, c’était un pari ! ». Il faut imaginer les amis d’Adrien, Elie, Florent et Fred. Assemblant et réparant des téléphones dans leur petit salon de Strasbourg. Puis le carnet de commande se rempli et l’équipe s’installe dans une ancienne menuiserie. Arrive ensuite le premier alternant, puis la première stagiaire qui deviendra la première salariée. Aujourd’hui Commown est installé dans des locaux de 500 mètres carrés à Strasbourg, avec plus de 30 salariés. L’objectif est de s’adresser aussi bien aux entreprises qu’aux particuliers.
« Notre modèle ? Il nécessite de continuellement rechercher de l’argent. Donc une fois que nous avions livré le premier lot, notre première preuve de concept, nous avons pu retourner voir nos partenaires financiers pour solliciter d’autres montants un peu plus importants pour développer l’activité. Nous n’allons pas convaincre des investisseurs qui cherchent à avoir de la rentabilité sur leur investissement. Et en général, quand nous leur disons une personne ne voit pas de plus-value de cession et très peu distribution de dividendes, il n’y a plus personne autour de la table. Donc on va voir des partenaires de l’Economie sociale et solidaire qui ont l’habitude de financer ce type de projets un peu plus vertueux comme France Active, la Nef, le Crédit Coopératif, la Socoden (outil de financement du réseau Scop). Ce sont tous des partenaires financiers qui ont l’habitude de supporter ce genre d’initiative et nous allons voir aussi les citoyens et citoyennes. » poursuit Adrien Montagut.
Aujourd’hui Commown fait partie des Licoornes, ces start-ups à impact social et environnemental. Parmi elles : Telecoop, Mobicoop, Enercoop, la Nef, COP, Circuit Wreck Up, Label Emmaüs, Citiz et plus récemment Biocoop notamment.
« Si on regarde dans le rétroviseur, à l’époque où j’étais à Orléans, en post-doc dans mon laboratoire de chimie, d’une part, je n’aurais pas pensé que je sois encore chez Commown aujourd’hui. Au départ, j’avais dit à mes associés que j’allais rester que trois ans. Mais il s’avère que je m’amuse bien donc je continue. » conclut-il.
A bénéficié du
Avec
des garanties d’un total de
120 000€
des investissements d’un total de
380 000€
A été accompagné par
France Active Alsace
Depuis 2018
Ecouter tous les épisodes du podcast
Impacts solidaires
C’est ici ?
Autres stories
![]()
[bloc_ajax params="{count:7,ess:0}"]
Toutes les stories
Accompagner les jeunes mamans solos pour faire progresser l’égalité des chances

Céline SOUAKRIA
Fondatrice et directrice de La maison de Jeanne
Accueil pour les jeunes mamans solos et leurs enfants
C’est important d’avoir le regard de France Active, c’est un vrai plus pour le projet.
![]()

Valdoie, Territoire de Belfort
Accueil pour les jeunes mamans solos et leurs enfants
Venir en aide aux jeunes mamans solos telle est la mission de La maison de Jeanne, basée à Valdoie, près de Belfort en Franche-Comté. Ce projet regroupe : 6 appartements tous équipés pour les mamans solos de 18 à 26 ans avec leur.s enfant.s, un accompagnement individualisé et une crèche au sein d’un même espace. L’objectif ? Permettre à ces femmes de se (re)lancer dans la vie en facilitant leur quotidien de jeunes mamans.
https://www.youtube.com/watch?v=GT0Dz7nQ_yc
« Tu es folle de quitter un travail comme le tien ! » entendait Céline Souakria, fondatrice, lorsqu’elle a dit à ses proches qu’elle allait se lancer dans un nouveau projet. Et puis très vite, les craintes ont laissé place aux encouragements. Elle a quitté un métier d’enseignante à destination d’enfants aux troubles du comportements lourds pour lancer La maison de Jeanne : un lieu pour les mamans solos de 18 à 26 ans. C’est une bataille de 5 ans pour monter ce projet. Elle a dû convaincre de la nécessité d’un tel espace là où aucune statistique ne fait état de la détresse dans laquelle peuvent se trouver ces femmes. « On leur redonne confiance en elles, on leur permet d’avoir une meilleure estime d’elle-même et quand c’est nécessaire, on les booste pour qu’elles aillent de l’avant. » nous confie Céline Souakria, fondatrice de ce lieu familial prône des valeurs d’authenticité, d’intégrité, de transparence.
Pour aboutir à ce bel endroit, Céline a frappé à la porte de « Co-pilote », une pépinière d’entreprises et de projets d’Economie sociale et solidaire. Elle remercie la pépinière pour son engagement au quotidien (d’ailleurs la personne qui a suivi le projet en est devenue la marraine de la structure).
Accompagnée par France Active Franche-Comté, Céline Souakria a particulièrement apprécié l’expertise de l’association, ses conseils, son regard exigent comme son envie d’avancer à ses côtés. « C’est important d’avoir leur regard, on s’appelle de temps en temps et c’est un vrai plus pour le projet. » précise la fondatrice de la structure.
La fondatrice a aussi bénéficié d’un Dispositif Local d’Accompagnement lui permettant de renforcer sa stratégie financière et son modèle économique comme de travailler au développement de la crèche (notamment la demande d’agrément).
« On a commencé petitement. On voulait créer une maison avec des murs au moment où la loi promulguait le ‘hors les murs’. 5 ans à convaincre et à lever des fonds. 5 ans de travail de fourmi pour voir ce projet aboutir le 25 février 2023. On espère devenir un laboratoire de pensées pour faire progresser l’égalité des chances. », nous indique-t-elle. Sa volonté : développer un lieu sur ce territoire, pas une franchise, pas une startup mais un endroit ancré dans les problématiques locales et dans le domaine de l’Economie sociale et solidaire.Aujourd’hui, la crèche accueille 25 familles et la maison 5 jeunes mamans solos avec leur enfant dans les appartements, . Ces dernières payent un loyer, sont accompagnées par l’équipe au quotidien si elles en ont besoin. L’une d’entre elles précise : « l’équipe est disponible, à l’écoute et prête à nous mettre un coup de pied dans le derrière si c’est nécessaire. » Budget, entretien de la maison, emploi, éducation des enfants… sont quelques-uns des sujets sur lesquels les mamans sont accompagnées. « Dans notre crèche, on n’apprend pas le mandarin mais on est là pour les petits moments du quotidien qui font que les enfants vont bien. », précise la fondatrice. La crèche est ouverte à des horaires atypiques, elle emploie 5 salariées. La maison, quant à elle, emploi une directrice et une coordonnatrice de parcours. Aujourd’hui la plus grosse difficulté pour les mamans, c’est de quitter ce cocon et de voler de leurs propres ailes. Mais Céline nous confie quelques-unes de ses fiertés : « L. aujourd’hui est chargée de recrutement chez Randstad, elle s’est acheté une voiture. V. devrait créer une auto-entreprise pour être formatrice en santé/sécurité au travail. Elle a passé le permis et a acheté sa voiture. »
« Si je devais tirer un bilan de tout cela, je dirais qu’il s’agit d’une expérience très riche. Mais j’avoue avoir sous-estimé l’engagement nécessaire : cela demande une extrême disponibilité. Le modèle économique reste fragile, cela altère parfois l’enthousiasme mais si je devais le refaire, je le referais. Je n’ai aucun doute là-dessus. », conclut-elle.
Un conseil ?
« Foncer ! Sans angélisme, même si pour y arriver, il faut surement une part de naïveté. L’abbé Pierre disait que si une idée est juste et qu’on est tout seul, il faut y aller quand même. », conseille la fondatrice de la Maison de Jeanne. « Les qualités nécessaires sont : le réalisme, le pragmatisme et l’humain. » ajoute-t-elle.
A bénéficié des
![]()
Avec
des garanties d’un total de
86 000€
des investissements d’un total de
85 000€
un accompagnement
DLA
A été accompagné par
France Active Franche Comté
En 2021 et 2023
C’est ici ?
Autres stories
![]()
[bloc_ajax params="{count:7,ess:0}"]
Toutes les stories
Coopération : passer des initiatives aux transformations

Conversation entre Claude Alphandéry et Sébastien Nérault
Il y a tout juste un an Claude Alphandéry appelait à développer de nouvelles formes de coopération entre acteurs des territoires pour œuvrer à une économie plus engagée et plus solidaire. Aujourd’hui, cet échange entre le fondateur et président d’honneur de France Active, et Sébastien Nérault, directeur de France Active Centre Val de Loire, l’un des directeurs le plus déterminé dans le développement des coopérations, propose un bilan d’étape et dresse les perspectives d’évolutions pour démultiplier ces initiatives territoriales.
60 ! C’est le nombre de coopérations autour de France Active, de ses entrepreneurs et de ses partenaires recensés sur le territoire métropolitain et ultra-marin.
Si certaines coopérations existaient avant l’appel de Claude Alphandéry, fondateur et président d’honneur de France Active, son discours du 29 novembre 2022 a lancé une nouvelle dynamique, celle de l’essaimage des initiatives au sein des territoires.
Pas moins de 5 accélérateurs de l’engagement, 3 territoires développent la plateforme de financement participatif Okoté dans l’Est, inspirée par le projet de France Active Nouvelle-Aquitaine https://jadopteunprojet.com/
L’heure est à la coopération entre associations territoriales pour capitaliser sur les réussites et pour développer de nouvelles initiatives de coopération.
Comment ?
Dans l’échange ci-dessous, Sébastien Nérault, directeur de France Active Centre Val de Loire, évoque la naissance et le développement de l’une de ces initiatives phares : l’accélérateur de l’engagement et Claude Alphandéry nous trace les difficultés et les réussites de la coopération confrontées à deux logiques opposées, celle de la “domination” et celle du “partage”.
En savoir plus sur la coopération
https://vimeo.com/888979673?share=copy
Autres actualités
![]()
[related_post_fa posts_per_page="15" post_type="post" post_category="actualites"]
Découvrez toutes les actus
Découvrez l’action des associations France Active dans les territoires
Les rapports annuels de nos associations territoriales sont disponibles en ligne.
Apprenez-en plus sur l’activité de nos associations territoriales à travers les rapports d’engagement 2022.
Vous y retrouverez des portraits toujours plus solidaires, les chiffres majeurs de 2022, etc.
Auvergne – Rhône-Alpes
France Active Ain
France Active Auvergne
RDI
France Active Savoie Mont Blanc
Bretagne
France Active Bretagne
Grand Est
France Active Lorraine
Hauts-de-France
Nord Actif
Ile-de-France
France Active Métropole
France Active Ile-de-France
France Active Seine-et-Marne Essonne
Nouvelle Aquitaine
France Active Nouvelle Aquitaine
Occitanie
France Active Airide Occitanie
France Active MPA Occitanie
Provence Alpes Côte d’Azur
France Active Provence Alpes Côte d’Azur
Autres actualités
![]()
[related_post_fa posts_per_page="15" post_type="post" post_category="actualites"]
Toutes nos actualités
Appel à un changement d’échelle de l’ESS
Pour un plan national de développement
A l’occasion du mois de l’Economie sociale et solidaire (ESS), France Active appelle l’ensemble des acteurs publics et privés à se mobiliser en faveur de l’ESS, afin d’en faire la nouvelle économie de demain, une économie de transformation sociale et solidaire. L’ambition : partager un plan de développement pluriannuel qui donne de nouveaux moyens à l’ESS pour changer d’échelle et accélérer son action en réponse aux défis sociaux et écologiques.
Le point avec Pierre-René Lemas, président de France Active.
Dix ans après la loi de 2014, qui a donné un statut juridique et un socle à cette économie, France Active plaide pour un plan national de développement de l’Economie sociale et sociale. Au regard des enjeux sociaux et écologiques, de nouveaux moyens financiers pluriannuels solidaires doivent pouvoir être mobilisés, autant par les acteurs publics que par les acteurs de la finance et les entreprises. Ce changement d’échelle doit passer par un développement des ressources, en particulier celles issues de l’épargne solidaire, comme par un engagement collectif des acteurs économiques en faveur de cette économie profondément engagée dans les transformations.
Quel est votre constat sur l’ESS en France aujourd’hui ?
Pierre-René LEMAS : Le financement de l’ESS constitue un enjeu majeur pour notre pays surtout en période de crise. C’est une économie porteuse de sens, dont la finalité est sociale et /ou écologique, mais aussi, avant tout, un moteur de création de valeur pour les territoires.
J’appelle donc à une grande mobilisation de tous les acteurs publics et privés pour arriver à développer cette épargne et la porter à la hauteur des enjeux sociaux et écologiques actuels.
La marge de progression est énorme ! En 2022, les Français ont épargné en moyenne 6000 euros par an soit 158,7 mds d’euros au total. Si chaque Français dirigeait ne serait-ce que 2% de tout ce qu’ils investissent sur des produits d’épargne solidaire, nous doublerions l’encours actuel !
Comme le montre une étude d’OpinionWay que nous avons mené avec Fair, 25% des Français veulent donner du sens à leur épargne mais près de 7 français sur 10 ne sont pas informés sur les produits, leur rentabilité et leur finalité.
Qu’attend-t-on pour les rendre acteurs de leur choix en leur donnant les clés pour passer à l’acte. L’heure de la mobilisation a sonné.
Pensez-vous que l’on considère comme il se doit le rôle que joue les entreprises et associations pour notre pays et notre économie ?
P.R.L. : De plus en plus mais là aussi, il a encore du travail ! Il faut valoriser davantage le rôle que jouent véritablement ces acteurs de l’ESS pour l’économie de notre pays mais également ce qu’ils apportent sur des sujets majeurs aujourd’hui que sont les questions de sens et de valeur que l’on donne au travail.
Ils sont en effet un véritable modèle en termes d’organisation. Par exemple, beaucoup se sont développées autour des principes de coopération. Ces SCOP ont réussi à ouvrir leur gouvernance à leurs bénéficiaires et aujourd’hui aux citoyens. Elles ont été précurseurs dans bien des domaines en apportant des réponses que l’économie « classique » découvre depuis peu. C’est le cas du réemploi et de l’économie circulaire par exemple. Les sujets liés à l’économie de la coopération sont devant nous et sont portés par ces entreprises.
Comment agir pour parvenir au changement d’échelle de l’ESS que vous attendez ?
P.R.L. : Les acteurs publics doivent pouvoir donner une plus large place au financement de l’ESS. Un premier acte concret consiste à mieux orienter les acteurs de l’ESS vers les achats publics, sans doute en renforçant les obligations de l’Etat, des collectivités et des entreprises publiques à intégrer des clauses à dimension solidaire et écologique dans leur politique d’achat, et en développant l’ingénierie d’accompagnement de ces entreprises. La ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme, Olivia Grégoire, joue ici un rôle décisif en faveur de l’ESS.
C’est aussi à l’ensemble des acteurs financiers et aux entreprises de s’emparer de ce changement d’échelle. Ils doivent œuvrer plus encore au développement de l’épargne solidaire, pour donner de nouveaux pouvoirs d’action aux citoyens et salariés épargnants.
Ils doivent aussi accroitre la mobilisation de leurs fonds pour investir en faveur de toutes ces entreprises qui placent l’utilité sociale et écologique au cœur de leur projet.
Autres actualités
![]()
[related_post_fa posts_per_page="15" post_type="post" post_category="actualites"]
Découvrez toutes les actus
