Appel de Claude Alphandéry – Économie : démultiplier les coopérations solidaires dans les territoires



A l’occasion de son centième anniversaire, Claude Alphandéry, résistant, visionnaire de l’Économie sociale et solidaire et fondateur de France Active, lance un appel pour accélérer la transformation de notre économie afin qu’elle devienne fondamentalement plus sociale, plus inclusive et plus durable. Un appel qui invite les citoyens, les acteurs de l’ESS, les collectivités, les associations, les entrepreneurs solidaires à créer des espaces de coopérations solidaires dans les territoires.

Ces cent ans de vie me donnent aujourd’hui l’opportunité et l’envie de rapprocher les années de guerre et les années présentes. En 1940, à moins de 20 ans, j’ai vécu un effondrement sans précédent de mon pays, une défaite radicale, une répression implacable. Les années récentes s’avèrent plus insidieuses, apparemment moins foudroyantes. Elles ne sont pas moins cruellement destructrices sous l’effet des crises écologiques, économiques, sociales.

A ces désastres, répond deux fois la Résistance. En 1940, face aux périls, une Résistance, d’abord désorganisée, puis gagnant en puissance avec les maquis, contribue à la victoire et participe à la construction d’une démocratie sociale par le programme du CNR. Aujourd’hui, la résistance s’est déplacée vers le front de l’économie. Nous devons réparer les effets délétères d’une économie mondiale engagée dans une compétition sans freins pour des profits financiers sans limites, quoi qu’elle coûte à l’humanité et la nature.

Dans les deux cas, au sein de périls mortels, surgit le renouveau, hier ces étonnants maquis, à présent, les surprenantes jeunes pousses sociales, solidaires, durables.

France Active les soutient, accompagne leurs initiatives ; celles-ci se multiplient, réparent des maux flagrants, mais restent ponctuelles, trop fragmentées pour créer un mouvement puissant, un modèle économique, gagner l’opinion. Nombre d’entrepreneurs eux-mêmes, fiers de leur action sociale et environnementale, doutent parfois de leur impact politique face aux milliards multinationaux.

Expériences prometteuses

Il existe néanmoins des expériences de coopération plus poussées ; elles sont menées souvent par les entrepreneurs soutenus par France Active ; ils souhaitent à leur tour faire vivre de plus larges solidarités : le don suscite le contre don. Ils ouvrent des voies, des avancées vers des coopérations plus complexes et systématiques.

Toutes ces expériences de coopération invitent à passer de résistances belles mais ponctuelles et marginales à de profondes transformations permettant de les développer, de les accélérer, de les pérenniser. J’y vois une façon d’inscrire les pratiques de terrain, cette praxis essentielle, dans une vision plus large, l’imaginaire éthique d’un avenir respectant l’humanité et la nature.

Cette éthique, toutefois, ne s’assume pas facilement : elle est contrariée par le jeu de situations, d’intérêts, de comportements contradictoires qui brouillent, noircissent la vision de l’avenir. Beaucoup reculent, hésitent à s’identifier à un idéal qui parait distant et que l’idéologie dominante qualifie d’utopie, d’impuissance face à une réalité commandée par la finance.

Mais, où est l’impuissance ? Elle est chez celles et ceux qui par avidité de profits s’obstinent à faire fi du désastre annoncé, à regarder ailleurs. A l’inverse, les entrepreneurs qui renforcent leurs liens de solidarité et de confiance réciproque par leur intelligence collective et leur inventivité sont des leviers puissants de prospérité. Cet effort de rapprochement n’est pas une démarche isolée ; il est encouragé, facilité par de nombreuses collectivités locales ou régionales qui soutiennent de multiples initiatives solidaires et les inscrivent dans une vision de développement solidaire de leur territoire ; elle l’est aussi par des groupements publics, privés, mixtes tels que le Pacte du Pouvoir de Vivre.

Pour accroître les chances et la portée de leur coopération, il paraît souhaitable de les inciter et les aider à former sur leur territoire des clubs, des ambassades de la coopération ; c’est-à-dire des lieux où l’on apprend à se connaître, à échanger des réflexions, des pratiques, à affirmer des valeurs, une conception de la société et de l’économie.

Il y a quatre-vingt ans bientôt, j’en avais créé dans les maquis, en me référant à l’histoire des clubs républicains. Ils y ont fait l’apprentissage de la démocratie.
Aujourd’hui, alors que les avancées issues de la Résistance sont mises en question, nous avons besoin de ces clubs pour renforcer nos liens de solidarité et de coopération.

Ils doivent être des liens facilitateurs, accompagnateurs pour repérer, contacter et mobiliser toutes les forces physiques ou morales, privées ou publiques qui se donnent pour mission de faire connaître, de soutenir, de financer, d’accompagner la montée des coopérations, de préciser leur objet, leurs projets, leurs moyens, d’être au clair sur leurs difficultés.

Je lance donc, au nom de mes cent ans d’attachement passionné à la solidarité, un appel à multiplier et approfondir ces clubs, ces lieux de coopération. J’appelle à la création de cent clubs au moins d’ici 2 ans sur l’ensemble des territoires. Je sais pouvoir compter sur France Active comme sur l’ensemble des acteurs de l’ESS à travailler de concert pour amplifier toutes ces coopérations positives et fondatrices de liens sociaux et de lendemains désirables.

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Associations, développez votre utilité sociale en franchissant le cap de l’investissement

 

A l’heure où les besoins sociaux, sociétaux et écologiques s’amplifient, les associations connaissent de profondes mutations (évolution des modalités de partenariat avec les acteurs publics, concurrence des entreprises lucratives, multiples complexités de gestion…). Ces changements impliquent pour elles d’aller vers des modèles économiques plus solides et de basculer dans des logiques d’investissements quelle que soit la phase de vie de la structure. Avec un enjeu majeur : faire vivre le projet associatif et développer son utilité sociale. Le point avec deux entrepreneurs solidaires, France Active et la Caisse d’Epargne Ile-de-France.

En France, entre 10 et 15% des associations sont employeuses. Elles développent des activités économiques tout en poursuivant une finalité sociale et en conservant une gouvernance démocratique. Elles agissent au plus près des besoins des territoires pour le bien commun. Sur certains secteurs, elles sont en concurrence directe avec des entreprises, parfois des grands groupes. Dans un contexte de manque de lien social, de quête de sens croissante sur tous les aspects de nos vies, les associations ont un rôle indiscutable à jouer.

Dans la situation actuelle de crises multiples, elles sont confrontées aux mêmes difficultés que les autres acteurs économiques sans pour autant avoir les mêmes outils, notamment en termes de financement.

Pour qu’elles continuent à proposer leurs actions et qu’elles aillent plus loin dans l’utilité sociale, certaines d’entre elles doivent opérer des transformations organisationnelles, numériques, qui nécessitent qu’elles entrent dans des logiques d’investissement, voire de changement d’échelle. Et pour cela elles ont besoin d’outils financiers spécifiques et d’un accompagnement adapté à leur modèle économique.

Un préalable posé par Simon Thirot, secrétaire général du Mouvement Associatif : « il est tout d’abord nécessaire de convaincre sa gouvernance d’aller vers des projets transformatifs ou innovants, avant même de pouvoir convaincre des partenaires financiers. »

Deux exemples de transformation organisationnelle

La création d’un Centre de répit pour compléter les activités du Centre Hélène Borel

Créé dans les années soixante dans le Nord de la France, le Centre Hélène Borel s’est profondément développé sur le champ de l’aide médico-sociale. Aujourd’hui, il compte 400 équivalents temps plein et propose une palette de prestations et de services adaptés à la prise en charge d’adultes en situation de handicap alliant soins, accompagnement socio-éducatif et maintien à domicile.

Pour compléter son offre, le Centre Hélène Borel a eu pour projet la création d’un centre de répit à destination des personnes handicapées accompagnées ou non de leurs aidants. Il s’agit d’un lieu d’accueil temporaire offrant à tous une respiration. « En tant qu’association, investir nous a fait sortir de notre zone de confort. Nous avons misé sur l’autofinancement et fait appel à l’emprunt. France Active et la Caisse d’Epargne nous ont accompagnés sur le plan de trésorerie. Nous avons dû convaincre nos partenaires bancaires de la pérennité de notre projet », nous précise Vincent Desauw, directeur administratif et financier du Centre Hélène Borel. « Pour nous permettre d’avoir un modèle économique équilibré, nous avons fait évoluer notre projet en ouvrant le public auquel ce centre était destiné. Nous avons proposé à tous les publics d’y séjourner et plus seulement aux personnes handicapées et à leurs aidants. Cela a aussi permis de créer de la mixité et de l’inclusion pour faire que tous les types de public se rencontrent. » poursuit-il.

Vers le développement d’un éco-pôle alimentaire pour Val Bio

Val Bio est une structure d’insertion dans le Val-de-Marne qui, à travers le maraichage biologique, permet aux personnes de remettre le pied à l’étrier professionnellement. Elle fait partie du réseau des Jardins de cocagne. Elle accompagne plus de 50 personnes chaque année. « Nous avons obtenu un investissement public important sur l’outil agricole et sur le bâtiment. Notre objectif était de moderniser l’outil de production pour diminuer la pénibilité du travail, d’augmenter nos capacités de production. Nous allons vers le développement d’un éco-pôle alimentaire, qui va, à l’aube de deux ou trois ans, créer ou renforcer les liens autour d’actions sur la relocalisation de l’alimentation, sur le jardinage et le bien vivre alimentaire. Ce dispositif est co-financé par l’État, la Caisse d’Épargne Ile-de-France et France Active. Cette dernière nous a accompagné tout au long du projet avec le dispositif Place de l’émergence, un apport en quasi-fonds propres et un investissement. », nous indique Véronique Frelon directrice de Val Bio.

France Active et ses partenaires aux côtés des associations
Lorsqu’elle intervient auprès des associations, France Active s’entoure de partenaires bancaires, d’investisseurs et/ou d’un réseau spécialiste du secteur d’activité. Cela permet d’avoir des regards croisés sur le projet, d’avancer collectivement pour une meilleure prise en compte des besoins financiers et un accompagnement solide. Le DLA peut venir compléter cet accompagnement, « si, en tant que financeur, nous pouvons repérer des éléments de vigilance, le DLA permettra de creuser le sujet et d’apporter des réponses concrètes aux problématiques associatives. » précise Denis Dementhon, directeur général de France Active.

France Active est au plus près des préoccupations de développement des associations tout en adaptant ses outils financiers à leurs besoins. « Parfois, les projets sont trop innovants pour les partenaires publics, trop innovants pour les circuits de financement classiques. Chez France Active, nous nous challengeons pour trouver les outils adaptés à ces projets et soutenir les entrepreneurs engagés. », ajoute Denis Dementhon. « Quelle que soit la taille du projet et le montant nécessaire, nous adaptons là aussi, nos outils financiers aux besoins de l’association. », poursuit-il.

France Active agit aux côtés de ses partenaires bancaires, comme les Caisses d’Épargne. « On ne peut que souligner la capacité qu’a le secteur associatif à revoir son projet jusqu’à ce qu’il soit suffisamment solide pour pouvoir obtenir les financements nécessaires tout en conservant son utilité sociale. », indique Aurore Caillouet, directrice du Centre d’Affaires ESS de Paris, Caisse d’Épargne Ile-de-France.

Enfin, France Active agit par le biais de financements patients, à travers le dispositif de l’épargne solidaire. Un système particulièrement adapté aux financements de l’investissement des associations avec une certaine souplesse dans la durée en fonction des aléas rencontrés par les structures.

Savoir s’entourer : la clé selon Vincent Desauw, DAF du Centre Hélène Borel

« Pour monter ce projet nous avons eu besoin d’accompagnement sur le plan marketing dans un premier temps pour nous assurer que le centre rencontre son public. Puis, bien entendu, nous avons eu besoin d’un accompagnement financier. Notre service développement a obtenu un fonds européen (FEDER) et nous avions besoin de compléter ce plan de financement par le soutien de France Active Nord et de la Caisse d’Epargne sur les aspects notamment de trésorerie. Il ne faut pas hésiter à aller chercher des ressources complémentaires quand on ne maitrise pas totalement les sujets, cela a été notre cas sur l’aspect des financements européens. » Il ajoute : « l’investissement est une sorte de course d’obstacles. La gouvernance et la direction doivent être complétement alignées sur le projet. »

Aurore Caillouet, directrice du Centre d’Affaires ESS de Paris, Caisse d’Épargne Ile-de-France complète : « il faut toujours garder un contact avec ses financeurs, savoir communiquer sur ce qui va bien et ne pas hésiter à interroger ses partenaires quand on a un doute. Ils sont là pour ça. »

Ces propos ont été recueillis dans le cadre d’une conférence organisée par France Active à l’occasion du Forum national des associations et fondations en octobre 2022 à Paris.


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20 ans pour France Active Paca !

 

A l’occasion de leur vingtième anniversaire, France Active Paca a organisé une série d’événements sur toute la région : 4 événements départementaux à Toulon, Cavaillon, Cannes et Gap et un événement régional à Marseille le 30 septembre dernier pour réunir tous les partenaires avec qui l’association agit au quotidien.

En chiffres, France Active Paca a mobilisé 24,6 millions d’euros et accompagné plus de 1 000 entrepreneurs en 2021, cela correspond à 5 800 emplois créés ou sauvegardés. Comme toutes les associations territoriales de France Active, elle accompagne les entrepreneurs à développer les 5 dimensions suivantes : l’emploi, le territoire, le projet social, l’écologie et la gouvernance.

A cette occasion, une vidéo « regards croisés » entre Denis Dementhon, directeur général de France Active et Dominique Giabiconi, directeur de France Active Paca a été réalisée.

Au sommaire de cette vidéo :

Que représente France Active au niveau national et en Provence – Alpes – Côte d’Azur ?

Comment France Active fait-elle vivre ses valeurs dans le contexte de crises multiples ?

Comment accompagne-t-elle cette transition en région Paca ?

Comment s’incarne l’économie de demain selon France Active ?

https://www.youtube.com/watch?v=HKXHNO7hCEs

Site web

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Grands Prix de la finance solidaire : France Active aux côtés des lauréats 2022


Remis le 8 novembre à Lille, dans le cadre de la Semaine de la finance solidaire, les Grands Prix de la finance solidaire Fair – Le Monde récompensent des entreprises ou des associations qui transforment la société et qui mobilisent l’épargne solidaire pour leur développement.

Le palmarès de cette nouvelle édition illustre la capacité de notre mouvement associatif à se mobiliser dans le financement et l’accompagnement de structures pleinement solidaires.

Voici le palmarès 2022 :
Prix Coup de cœur Hauts-de-France : Cravate Solidaire Lille
Prix France : Les Hôtels solidaires
Prix Epargne solidaire : Coopérative Oasis
Prix Solidarité Internationale : Coopérative agricole Muungan (CAM)

Zoom sur les 4 lauréats accompagnés

LA CRAVATE SOLIDAIRE LILLE
Accompagnée par France Active Nord

Prix coup de cœur Hauts-de-France

La Cravate solidaire est un réseau d’associations, reconnu d’intérêt général, qui œuvre pour l’égalité des chances. Son objectif : lutter contre les discriminations à l’embauche notamment celles liées à l’apparence physique.

Créé à Paris en 2012, les associations locales se développent dans plusieurs grandes villes de France dès 2015, avec le soutien du dispositif La France s’engage.
Ces associations redonnent confiance à ceux qui en ont besoin en leur permettant de s’approprier les codes de l’entreprise grâce à une méthode concrète et innovante.

France Active soutient la Cravate solidaire Lille en 2022à travers un investissement et deux garanties d’emprunt bancaire. Elle a pu faire l’acquisition d’un bus et l’aménager pour aller à la rencontre de ses publics.France Active se retrouve dans les valeurs que portent la Cravate solidaire : l’accompagnement vers l’emploi de personnes qui en sont éloignées, au RSA ou située en QPV.


Site web

https://youtu.be/dzvwY0r7cFM

COOPÉRATIVE OASIS
Accompagné par France Active Paris

Prix de l’épargne solidaire

La coopérative Oasis accompagne la création d’éco-lieux partout en France. Il s’agit d’éco-hameaux, d’habitats participatifs, de fermes collectives ou encore de tiers-lieux.

Cette Scic, société coopérative d’intérêt collectif, dénombre aujourd’hui plus d’une centaine de lieux.
La coopérative peut financer les éco-lieux (dans la limite de 200 000€) et les accompagne dans leur démarche de création. Elle peut aussi permettre aux porteurs de projets d’organiser des séjours dans quatre ou cinq lieux afin de les découvrir et d’ajuster leur projet.

France Active se retrouve dans les valeurs de redynamisation des territoires et d’écologie que portent la Coopérative Oasis.


Site web

https://www.youtube.com/watch?v=xiV5x69VSs8

LES HÔTELS SOLIDAIRES
Accompagné par France Active Paris

Prix France

Les Hôtels Solidaires viennent en aide aux plus démunis grâce à une collecte de produits alimentaires, d’hygiène mais aussi de literie et de meubles auprès d’hôtels partenaires.

En 2021, l’association a créé l’Atelier Solidaire, atelier d’upcycling qui transforme le linge hôtelier en nouvelles créations durables (tote bags, pochettes, trousses de toilette etc). L’atelier permet à la structure de créer des postes en insertion pour des personnes éloignées de l’emploi ou en situation d’handicap.

Elle organise également des sessions d’initiation à la couture ou au réemploi.
France Active se retrouve dans les valeurs de solidarité que portent Les Hôtels Solidaires.


Site web

https://www.youtube.com/watch?v=vzbJt3ZGhy4

LA COOPÉRATIVE AGRICOLE MUUNGANO

Prix International

La coopérative est née en 2009 et intervient sur les territoires de Kalehe (Sud Kivu) et Masisi (Nord Kivu), zone réputée pour ses plantations de cafés. Lancée par quelques personnes, la Coopérative Agricole travaille désormais avec plus de 4 200 membres (40% de femmes). Elle exporte du café de haute qualité vers l’Europe (Angleterre, Belgique) et les Etats Unis, a construit 3 stations de lavage, développe un savoir-faire dans le processus de transformation du café mais aussi dans l’entretien des pieds, la dégustation pour bien appréhender l’ensemble de la filière.

La coopérative est soutenue par notre partenaire la SIDI.


Site web

https://www.youtube.com/watch?v=COnnRbxxCt0

Les Grands Prix de la finance solidaire

Porté par Fair (ex Finansol) et Le Monde, les Grands Prix récompensent les initiatives les plus remarquables ayant bénéficié de l’épargne solidaire en France et à l’international. Marquant le démarrage de la Semaine de la finance solidaire, cet événement réunit les principaux acteurs de la Finance Solidaire. Cette opération bénéficie du soutien de Mirova, de la Banque des Territoires, l’AFD, la MAIF, la Caisse d’Epargne et de France Active.

Partenaires de l’événement









Les actus sur la finance solidaire


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Epargne solidaire : 44 % des Français se disent prêt à y recourir



A travers un sondage mené avec OpinionWay, France Active a souhaité prendre le pouls des Français concernant l’épargne, en particulier l’épargne solidaire et son potentiel à transformer la société.
Ecologie, lien social, création d’emplois : les Français considèrent l’épargne solidaire comme une solution durable pour répondre aux grands défis sociaux. Voici les points saillants de cette étude réalisée sur un échantillon représentatif de 1000 Français.

Les objectifs de cette étude

Comment les Français comptent-ils épargner en 2023 ? Ont-ils conscience des potentiels de l’épargne solidaire ? Quelles sont les priorités que cette épargne doit financer ? Ce sont les principales questions que posent le sondage OpinionWay pour France Active. Il souligne aussi que 7 Français sur 10 ont un niveau d’information insuffisant sur l’épargne solidaire et sur les possibilités d’y avoir accès.

Des Français prêts à investir à travers l’épargne solidaire

Malgré le contexte économique actuel, près d’un Français sur deux souhaite épargner autant si ce n’est plus qu’en 2022. Et parmi eux, un tiers sont des jeunes (de 18 à 34 ans).

Vers quels projets l’épargne doit-elle être fléchée ? Ils sont un sur quatre à répondre que leur épargne doit être orientée vers des projets solidaires. Et notamment vers deux enjeux majeurs pour eux : les projets favorisant l’emploi et le lien social (40%) et ceux répondant aux défis environnementaux (32%).

Une finance patiente

44% des Français sont prêts à investir dans des projets d’épargne solidaire pour lesquels la rentabilité est à moyen ou long terme. Ce chiffre grimpe à 56% chez les jeunes (18 – 34 ans).

Un manque cruel d’information sur l’épargne solidaire

Enfin, que ce soient les acteurs qui utilisent l’épargne, la rentabilité de celle-ci, les produits d’épargne solidaire, la façon dont l’épargne est investie ou encore les projets sur lesquels cette épargne est engagée… 7 français sur 10 ont le sentiment de ne pas être suffisamment informés sur le sujet.

TÉLÉCHARGER

La synthèse de l’étude

« Les Français et l’épargne solidaire »

Focus sur l’épargne solidaire : comment y avoir accès ?


Pourquoi épargner solidaire ?

Découvrez la réponse d’Alexis Masse, président de France Active Investissement

https://vimeo.com/766554619

France Active, pionnière de l’épargne solidaire

France Active finance et accompagne des associations et des entreprises au cœur des enjeux sociaux, territoriaux et écologiques actuels. Elle intervient à travers sa société d’investissement grâce à l’épargne solidaire. En 2022, elle dénombre près de 2 500 structures en portefeuille. Et en 5 ans, France Active a investi 200 millions d’euros et a permis un effet de levier correspondant à près d’un milliard d’euros mobilisés avec l’appui de ses partenaires.

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La MAIF, France Active et l’épargne solidaire


Dans le cadre du Mois de l’Économie sociale et solidaire en novembre, notre partenaire la MAIF organise deux événements à Lille et La Roche-sur-Yon pour démocratiser la finance solidaire auprès de ses sociétaires. Deux entreprises soutenues par France Active participeront à ces « Agoras de la finance solidaire » pour montrer concrètement l’utilisation faite des fonds collectés par l’épargne solidaire.

Deux événements autour de l’épargne solidaire

France Active mobilise ses entrepreneurs aux côtés de la MAIF pour deux « Agoras de la finance solidaire » présentant l’épargne solidaire aux sociétaires de l’assureur mutualiste.

L’objectif ?

Faire découvrir la finance solidaire et échanger sur le sujet avec ceux qui en sont les parties prenantes : Fair, France Active et une entreprise ayant bénéficié de l’épargne solidaire pour financer son développement.

Deux événements se dérouleront respectivement à La Roche-sur-Yon en présence du président du groupe Estille et à Lille en présence du fondateur de la plateforme Donnez.org dans le cadre du Mois de l’ESS en novembre.

A la Roche-sur-Yon, le 21 novembre 2022, à 18h30

Inscription gratuite et obligatoire

L’Estille en bref : 

Présent dans le Grand Ouest depuis 25 ans, le Groupe Estille compte 15 structures (associations et entreprises) dont les activités économiques sont basées sur l’insertion sociale et l’intégration du handicap en entreprise. Il développe ses activités avec le souci de préserver l’environnement et de contribuer à la transition écologique et énergétique.
Cette structure a bénéficié de l’épargne solidaire pour renforcer son développement.
groupe-estille.fr


S’inscrire

A Lille, le 29 novembre 2022, à 18h30

Donnez.org en bref : 

Depuis début 2022, les entreprises ont l’obligation de donner ou recycler leurs produits invendus non alimentaires neufs. Donnez.org agit en facilitateur. Cette plateforme permet de faire le lien entre entreprises ayant des invendus, ou des retours clients et associations bénéficiaires. Elle prend en charge le conventionnement entre les deux structures et la logistique. L’entreprise reçoit, en contrepartie du don, une réduction d’impôt.
Cette structure a bénéficié de l’épargne solidaire pour consolider son financement en phase de lancement du projet.
donnez.org


S’inscrire

Qu’est-ce que l’épargne solidaire ?

L’épargne solidaire a permis à ces deux projets de renforcer l’assise financière de leurs projets de développement.

 

Comment fonctionne le mécanisme de l’épargne solidaire ?

 

Quel est le parcours de cette épargne de l’épargnant à l’entreprise soutenue ?

 

La réponse dans le schéma ci-contre.

Epargne : comment associer rentabilité et utilité sociale ?


https://vimeo.com/766554619

Pour aller plus loin


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Semaine de la Finance Solidaire du 7 au 14 novembre 2022


7 Français sur 10 ont le sentiment de ne pas être suffisamment informés sur l’épargne solidaire !

France Active propose un décryptage pour aider chacun à y voir plus clair

Montreuil, le 3 novembre 2022

A quelques jours de la semaine de la finance solidaire et du mois de l’ESS, France Active et OpinionWay ont sondé les Français sur l’épargne solidaire. Le contexte économique actuel renforce-t-il leur envie d’épargner ? Vers quel type d’épargne ? Quels projets solidaires voudraient-ils soutenir prioritairement ? Les jeunes ont-ils des attentes différentes de leurs ainés ?


Les Français ont en tout cas tous un point commun, celui de se sentir mal informés sur cette épargne, son parcours, sa rentabilité et sa finalité. A quelques jours de la Semaine de la Finance Solidaire, France Active propose de faire le point sur cette épargne qui demeure encore très floue.

Une envie d’épargner plus solidaire mais un fort besoin d’information

Environ 70% des Français se déclarent mal informés sur l’épargne solidaire, qu’il s’agisse des acteurs qui utilisent cette épargne, sa rentabilité, les produits qui existent, les projets sur lesquels leur épargne pourrait être investie.

Pourtant, près d’1 Français sur 2 souhaite épargner en 2023 dont 17% plus qu’en 2022 (32% des 18-34 ans). Et 25% aimeraient que cette épargne ait une finalité solidaire, c’est-à-dire qu’elle puisse soutenir le développement économique et contribuer à la réussite de projets solidaires sur le territoire.

S’ils devaient investir dans l’épargne solidaire, 40% des Français auraient envie de privilégier des projets favorisant le lien social (20%) et l’emploi des personnes les plus éloignées de l’emploi (20%), 32% des projets environnementaux.

44% des Français se disent prêts à se montrer patients et à investir sur des projets rentables à moyen ou long terme, un chiffre qui grimpe à 56 % chez les 18-34 ans.

Parcours de l’épargne : de l’épargnant au projet financé

France Active a accompagné et financé plus de 2 000 structures de l’ESS via l’épargne solidaire

En 5 ans, France Active a mobilisé 200 millions d’euros au profit de plus de 2 000 structures de l’Économie sociale et solidaire dans leur projet d’entreprise. Un record !

Au total c’est plus d’1 milliard d’euros mobilisés avec les partenaires de France Active, ce qui a permis de créer ou consolider 55 000 emplois.

5 ans après leur financement, ces structures ont un taux de pérennité de 87% contre 61% pour l’ensemble des entreprises (Insee).

France Active multiplie les actions afin de favoriser l’émergence de nouveaux entrepreneurs sociaux en leur donnant les moyens de concrétiser leurs projets en les challengeant sur leur modèle économique, jusqu’à la construction de leur stratégie de financement, et à la prise en charge financière des phases d’étude ou de test, grâce à ses partenaires privés (entreprises et institutions).

Plus largement, France Active intervient sur toutes les phases de vie des structures de l’ESS : de la création au développement en passant par le changement d’échelle jusqu’au rebond pour celles qui peuvent rencontrer des difficultés dans le développement de leur activité.

Denis Dementhon

Directeur général de France Active

Les résultats de ce sondage et les aspirations des épargnants solidaires sont en phase avec nos actions en faveur des entrepreneurs que nous soutenons.

Depuis 30 ans nous mobilisons une partie de cette épargne grâce à notre société d’investissement France Active Investissement, dotée de 320 millions d’euros de capital.

Nous injectons cette épargne dans des entreprises solidaires, des projets utiles à la société et porteurs de sens : réponses aux défis environnementaux, insertion, lutte contre les exclusions et les inégalités sociales, etc.

1 français sur 2 a le sentiment d’être mal informé sur la rentabilité et l’utilisation de cette épargne : ce n’est pas anodin et cela nous engage à faire de la pédagogie, à expliquer davantage vers quels projets, sur quels territoires, cet argent récolté, va être utilisé.


Télécharger le communiqué de presse


Lire l’étude OpinionWay

Associations et entreprises ayant bénéficié de l’épargne solidaire


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France Active aux côtés des Scic



Les Scic ont fêté leurs 20 ans !
A l’occasion de l’Agora des Scic, qui s’est tenue le 13 octobre dernier au Conseil économique, social et environnemental (CESE) à Paris, France Active revient sur son soutien à ces structures à la gouvernance participative.

Les Scic, deux décennies d’engagement au cœur des territoires

L’ambition des Scic de rassembler des parties prenantes, pour mener des projets d’innovation sociale, fait écho au projet associatif de France Active. En effet, France Active, mouvement associatif présent dans toute la France, a toujours cherché, lui aussi, à rassembler les parties prenantes autour du projet d’une finance plus sociale, et plus solidaire. Les Scic comme France Active, sont des pionnières de ces modèles hybrides qui rassemblent et concilient autour d’un projet social.

 

C’est donc tout naturellement que France Active est l’un des premiers financeurs des Scic depuis leur origine. A l’occasion de leurs 20 ans et de l’Agora des Scic qui s’est tenue le 13 octobre derniers au CESE à Paris, France Active fait le bilan de son soutien à cet entrepreneuriat coopératif.

©Stéphanie Bardes pour la CG Scop

Ainsi, depuis la création de ce modèle d’entreprise innovant, France Active a financé, et refinancé, plus de 500 Scic pour un montant global de 40 M€, dont 27 M€ sous forme d’investissement. Une tendance qui s’accélère puisque depuis 2019 France Active a financé près de 300 Scic, pour un montant de financement et de garanties octroyés de 17 M€.

 

Quelque soit la phase de vie de l’entreprise, France Active est là pour la soutenir et pendant la période de crise sanitaire, le mouvement a financé 150 Scic, dont les deux tiers ont bénéficié des primes secours ESS et du dispositif UrgencESS mis en place à cette occasion.

 

Les projets d’utilité sociale, la gouvernance démocratique, la mobilisation des parties prenantes, sont autant d’éléments qui favorisent le développement des Scic en répondant aux préoccupations des citoyens engagés.

©Stéphanie Bardes pour la CG Scop

Une Scic ?

La Scic (Société coopérative d’intérêt collectif) est une société commerciale (SA, SAS ou SARL) qui fonctionne sur le principe démocratique un associé a une voix et dont les réserves sont impartageables.

Elle est d’intérêt collectif car elle réunit au sein d’un même projet économique diverses parties prenantes ayant toutes un lien avec la Scic cela peut être des salariés, des bénéficiaires, des partenaires, des collectivités, des clients…

Et concrètement, [re]découvrez de belles histoires de Scic :


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Accès +, sécuriser le parcours des néo-entrepreneurs


Soutenu par le ministère du Travail, du Plein emploi et de l’Insertion au travers de l’appel à projets Inclusion par le travail indépendant, le programme Accès + permet de toucher un plus grand nombre de créateurs d’entreprises dans des zones fragiles

Au début, les habitants du quartier Etouvie à Amiens ont regardé avec curiosité ce nouveau lieu de restauration aux couleurs de la Martinique. Et puis les premiers gourmands sont arrivés. Aujourd’hui, les résidents de ce quartier en plein renouvellement urbain plébiscitent le food truck Doucès Pays (Douceurs du pays en créole) d’Octavie Bellune. L’engouement est le même quartier Saint-Joseph à Nantes pour Super Food Africa, l’épicerie de produits tropicaux d’Andi Malanda. Elle a aussi ouvert cet été. Mais ce n’est pas leur seul point commun ! Ces deux jeunes entreprises ont bénéficié du programme Accès + de France Active.

Il faut dire qu’Octavie Bellune et Andi Malanda font partie des porteuses et porteurs de projet dans des zones sensibles qu’Accès + vise tout particulièrement à soutenir.
« Accès + est une offre complémentaire du pacte Création de France Active, adaptée à des publics plus fragiles et à ceux vivant dans les quartiers de la politique de la ville ou les zones de revitalisation rurale, confie Jean-Dominique Bernardini, directeur des partenariats de France Active. Nous avons pu développer cette offre depuis un an au travers de l’appel à projets Inclusion par le travail indépendant du ministère du Travail, du Plein Emploi et de l’Insertion. » Une montée en gamme à la fois côté accompagnement, avec une offre de services renforcée, et côté financement, avec une prime de 3 000 euros qui peut être débloquée pour les moins de 30 ans.

Quand on est sans emploi, créer sa propre entreprise peut constituer un moyen de retrouver une activité professionnelle. La création d’entreprise doit être accessible à tous y compris aux personnes fragilisées sur le marché du travail et quel que soit son âge. Le programme gouvernemental ITI « Inclusion par le Travail Indépendant » vise à favoriser la création d’entreprise par des personnes jeunes ou éloignées de l’emploi. Il leur permet de bénéficier d’un accompagnement renforcé tout au long de l’élaboration de leur projet de création d’entreprise. France Active fait partie des structures retenues par l’Etat au titre de ce programme, je salue son engagement à faire de l’entrepreneuriat une voie d’inclusion professionnelle durable.

Olivier Dussopt, ministre du Travail, du Plein emploi et de l’Insertion

« La philosophie du programme est bien d’accompagner et de financer des projets viables, mais aussi de sécuriser les créateurs d’entreprise dans la durée, complète Jean-Dominique Bernardini. Les garanties de France Active jouent un premier niveau de protection. Nous avons aussi développé des partenariats avec des réseaux qui connaissent bien les besoins de ces entrepreneurs un peu plus fragiles, comme  Entrepreneurs de la Cité ou la Fédération bancaire française. » Grâce à ce groupe de bonnes fées, l’accompagnement est quasiment à 360 °, aussi bien sur les aspects économiques et financiers que sur les questions de protection sociale.

Pour y parvenir, le rôle des accompagnateurs dans les associations territoriales de France Active a été accru. Afin de passer plus de temps avec les porteurs de projet et pour être au plus près de leurs préoccupations. Après un premier entretien, qui va déterminer la viabilité du projet, l’accompagnement se met en place à base d’ateliers collectifs, de webinaires et de rencontres individuelles. « Accès + nous permet de toucher de nouveaux entrepreneurs et de les aider de manière plus fine », confirme Lucie Hugon, conseillère en Lozère au sein de France Active Airdie-Occitanie. Ainsi, durant toute l’année 2022, de nombreux ateliers en présentiel, comme ceux sur la trésorerie ou le premier entretien avec son banquier ont pu être déployés à destination d’entrepreneurs issus de tout le département. « Lors de ces ateliers, on invite aux discussions insiste Lucie Hugon. Cela permet aux créateurs d’échanger sur des problématiques communes et de commencer à créer du réseau territorial entre eux. » Toute cette panoplie d’outils à leur disposition donne les conditions de la réussite.

En dehors de ces ateliers, l’intégration au programme Accès + aiguille les néo-entrepreneurs vers des webinaires construits avec les partenaires. Depuis une quinzaine d’années, la fondation Entrepreneurs de la Cité s’est donné pour objectif d’assurer les très petites entreprises. « Nous avons élaboré pour elles un contrat d’assurance inclusive, plus adapté à leurs spécificités que le marché classique, indique Nathalie Rauch, directrice du développement d’Entrepreneurs de la Cité. Il était donc tout à fait naturel pour nous de participer à Accès +. Nous avions déjà des formations sur l’importance d’être bien assuré et nous en avons développé de nouvelles. » Toutes les semaines, une trentaine d’entrepreneurs du programme assistent à un de ces webinaires.

« Depuis que nous sommes parties prenantes du programme, ajoute Nathalie Rauch, on constate que les petites entreprises ne sont pas plus sinistrées que les autres ! » Dans le système Entrepreneurs de la Cité, ils peuvent bénéficier d’une assurance inclusive pendant 4 ans, avant de retourner vers les offres habituelles, une fois consolidés.

Octavie Bellune à Amiens et Andi Malanda à Nantes ont eu l’occasion de suivre ces étapes d’accompagnement et ces webinaires, tout en continuant de monter les briques de leurs projets. A 53 ans, Octavie Bellune est arrivée à Amiens il y a 5 ans seulement, après une autre vie en Martinique. C’est dans son nouvel environnement qu’elle a construit pas à pas son projet de food truck. Dans son parcours, elle a rencontré plusieurs réseaux d’aide à la création, avant de pouvoir démarrer son activité en août dernier. « En tant que chômeuse, c’était compliqué pour obtenir un crédit bancaire, explique-t-elle. Mais la garantie de France Active a permis de débloquer cela auprès de mon banquier, afin de financer l’achat du camion et de le transformer en food truck ».

Pour Andi Malanda, 35 ans, Accès + a été également décisif. « J’avais tout préparé par moi-même, de l’étude de marché au budget, précise-t-elle. C’est pendant la recherche d’une boutique que j’ai croisé la route de France Active. Ma conseillère a été très attentive à mon dossier. C’est grâce à elle que j’ai pu obtenir un prêt bancaire pour financer le local et les travaux ; j’ai pu ouvrir très peu de temps après. » Le renforcement du pacte Création de France Active a ainsi permis de toucher de nouveaux publics, comme à Nantes et Amiens ou en Lozère, et d’accélérer des dossiers qui n’attendaient qu’un coup de pouce supplémentaire pour démarrer.

Ambition pour la fin 2022

4 000

entrepreneurs accompagnés

dont

1 900

jeunes (18 – 30 ans) bénéficiaires d’une prime d’État de 3 000€

3 questions à Pascal Glémain, Maître de conférences en Gestion-Management et ESS à l’Université Rennes 2

« Sans surprise, l’accompagnement est primordial »

 

Pourquoi les pouvoirs publics encouragent-ils l’entrepreneuriat dans les quartiers ?

La France est toujours dans un chômage de masse que les politiques publiques n’arrivent pas à enrayer. Avec le soutien à la création d’entreprises, on sort des politiques d’assistance pour accompagner les personnes vers des activités génératrices de revenus. Les personnes cibles de ces dispositifs sont nombreuses dans les quartiers de la politique de la ville et dans les zones de revitalisation rurale, mais on a parfois du mal à les atteindre. Elles ont besoin d’étapes plus ou moins longues pour créer. Car, nous le vérifions dans les études universitaires, l’entrepreneuriat est un processus, pas un statut.

 

Quelles sont les conditions de la réussite dans ces créations d’entreprises ?

Sans surprise, l’accompagnement est primordial. Et cela marche plutôt mieux quand il part de la personne pour aller vers les problématiques économiques au lieu de l’inverse. A la fin du parcours, certains ne vont pas créer, mais ils auront été accompagnés. Au sein de l’université Rennes 2, nous participons aux Cordées de la réussite pour aider les jeunes créateurs d’entreprise, de l’idée au projet. Nous les soutenons avec plusieurs partenaires (c’est aussi une des conditions du succès pour un accompagnement efficace) : missions locales, Cités Lab, France active Bretagne, Cigales Bretagne, etc. Depuis 10 ans, nous aidons une dizaine de projets jeunes par an. Un autre critère est de rester au plus près du territoire, d’où l’importance par exemple des tiers lieux en milieu rural comme en QPV ; aujourd’hui, un QPV sur trois a créé un tiers-lieu. Beaucoup se placent désormais sur le créneau de la création d’activités.

 

Quelle est la situation de la création d’entreprises dans les zones difficiles ailleurs dans le monde ?

Dans les pays du Sud, l’entrepreneuriat populaire est naturel. En Amérique latine, les habitants créent leurs propres activités pour sortir de l’informel, comme en Argentine lors de la crise des années 2000 ou au Pérou, où la finance solidaire aide les petits paysans à développer leur production vivrière. En Afrique subsaharienne, comme au Togo ou au Bénin, il existe des dispositifs d’aide à la création d’entreprises d’utilité sociale, dont Entrepreneurs du monde est partie prenante. Et enfin, c’est d’Asie, et du Bangladesh, qu’est partie la micro-finance qui a essaimé jusqu’aux quartiers pauvres des pays riches…

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